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Actu Maroc

HCP : Les chiffres révoltants du coût des violences physique et sexuelle


Rédigé par Wolondouka SIDIBE le Jeudi 10 Décembre 2020

Les violences physique et sexuelle coûteraient aux ménages 2,85 milliards de dirhams, souligne le HCP dans son dernier rapport. Un fléau qu’il faut combattre. Malheureusement, la majorité des victimes ne parlent pas de ce qu’elles subissent.



HCP : Les chiffres révoltants du coût des violences physique et sexuelle
Les faits et gestes ne sont pas nouveaux, mais leur ampleur et les conséquences qui en découlent prennent de l’ampleur malgré les campagnes de sensibilisation menées à tous les niveaux. Il s’agit des violences physique et sexuelle dans notre société dont les femmes sont les principales victimes ainsi que les mineurs.

Déjà, et dans le dessein de combattre le fléau de la violence faite aux femmes, et de faire de leur protection une culture, le ministère de la Famille, de la Solidarité, de l’Egalité et du Développement social, dans son enquête réalisée après 10 ans, entre le 2 janvier et le 10 mars 2019, auprès de 13.543 femmes, entre 18 et 64 ans, soulignait qu’environ 54,4% affirment avoir subi des violences

De son côté, le Haut-Commissaire au Plan (HCP), dans son dernier rapport, révèle que 12,6 % des femmes ont été violentées dans les lieux publics durant les 12 derniers mois. C’est dire que ce fléau continue de sévir. Mais au-delà des conséquences psychiques, physiques et traumatismes qui en découlent, c’est la facture salée que ces violences physique et sexuelle coûtent aux ménages marocains. 

Diverses couches concernées
L’enquête que le HCP vient de publier à ce sujet est révélatrice à plus d’un titre. Dans ce rapport, il ressort que les violences physique et sexuelle coûteraient aux ménages 2,85 milliards de dirhams (MMDH). Il s’agit des violences à l’encontre des femmes et des hommes de 2019. Pour comprendre la portée de ce document, il faut noter qu’il a été réalisé avec l’appui de l’ONU-Femmes, entre février et juillet 2019, auprès d’un échantillon de 12.000 filles et femmes et de 3000 garçons et hommes, âgés de 15 à 74 ans, représentant les diverses couches sociales et les régions du pays. 

Mieux, l’enquête 2019, tout en permettant d’appréhender les différentes formes de violence et contextes de leur survenue, aborde les déterminants de la violence, les perceptions sociales ainsi que les impacts sociaux et économiques engendrés par cette violence sur l’individu, le ménage et la société.

Dans le détail, le HCP souligne qu’en rapportant ce coût au nombre total des victimes, le coût moyen est de l’ordre de 957 dirhams par victime. Et le milieu urbain se taille la part du lion dans le coût économique global de la violence. Sa part est de 72% (2,05 MMDH), celle du milieu rural est de 28% : 792 millions de dirhams (MDH)). Selon la même enquête, le coût moyen supporté par les victimes citadines (1000 dirhams par victime) est plus élevé que celui des victimes rurales (862 dirhams par victime), ajoutant que les coûts directs constituent la majeure partie du coût économique global avec une part de 82% (2,33 MMDH) contre seulement 18% pour les coûts indirects (517 MDH).

Le HCP estime que l’espace conjugal s’accapare, à lui seul, plus des deux tiers du coût global de la violence avec une part de 70% (un coût global de 1,98 MMDH), suivi des lieux publics avec 16% (448 MDH) et du contexte familial avec 13% (366 MDH).

Pour le HCP, ce rapport s’inscrit dans l’élan de production, de diffusion et d’utilisation de statistiques sensibles au genre en appui aux politiques publiques, la réalisation de l’enquête nationale sur la violence à l’encontre des femmes et des hommes 2019. Il contribue aux efforts du Maroc dans le suivi de la mise en œuvre de l’Agenda 2030, et plus particulièrement de l’ODD 5, dédié à l’égalité entre les sexes.

Coûts directs
Cette enquête a été réalisée avec l’appui de l’ONU-Femmes, entre février et juillet 2019, auprès d’un échantillon de 12000 filles et femmes et de 3000 garçons et hommes, âgés de 15 à 74 ans, représentant les diverses couches sociales et les régions du pays.

A rappeler que les différentes formes de violence se diffèrent par leurs coûts. Ainsi, près de 85% du coût global concerne la violence physique (2,4 MMDH) et 15,3% la violence sexuelle (436 MDH). Enfin, parmi l’ensemble des femmes victimes de la violence physique et/ou sexuelle au cours des 12 mois précédant l’enquête, tous contextes confondus, 22,8% ont dû supporter, elles ou leurs familles, des coûts directs ou indirects de la violence.

Il est temps que cette situation change et doit être combattue sous toutes ses formes. Malheureusement, la majorité des victimes ne parlent pas de ce qu’elles subissent. Uniquement 28.2% ont raconté leurs histoires, et 6.6% seulement ont effectué des déclarations.

Wolondouka SIDIBE