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Grippe et rhume : Les virus hivernaux s’annoncent plus virulents cette année


Rédigé par Meryem EL BARHRASSI le Dimanche 4 Décembre 2022

Cet hiver, les virus pourraient s’avérer plus sévères que d’habitude. Alors que les températures ont drastiquement chuté ces derniers jours, les spécialistes craignent des épidémies d’infections respiratoires en tout genre. Grippe, rhume, angine... ces virus pourraient par ailleurs se montrer plus agressifs cette année.



Nez qui coule, gorge prise, frilosité... autant de symptômes classiques de maladies hivernales que beaucoup de Marocains rencontrent déjà avec la baisse des températures. S’ils n’ont pas fait parler d’eux ces deux dernières années, les virus de l’hiver font leur retour en force cette saison. Les médecins sont aux aguets concernant une éventuelle flambée de l’épidémie. « On a vu une accélération des pathologies de la sphère ORL. Elle a commencé doucement depuis une vingtaine de jours. S’il est impossible pour l’heure de parler d’épidémie, certains patients commencent déjà à s’informer pour se protéger de la grippe », informe Dr Bergach Faiza, médecin généraliste.

Cette situation tranche avec les précédents hivers, quasiment dénués de cas de grippe. « En 2020, le Covid-19 a complètement pris la place des virus hivernales, ce qui fait qu’il n’y a presque pas eu de cas. Le confinement et les gestes barrières ont empêché l’arrivée d’une grippe tonitruante », explique la généraliste. « Puis, en 2021, les mêmes gestes barrières, le port du masque ainsi que la double vaccination, qui combine le Covid-19 et la grippe, ont à nouveau empêché le retour de la grippe », ajoute-t-elle.

Immunité en baisse après 2 années de gestes barrières

D’autant que les épidémies de grippe, rhinopharyngite et autres virus pourraient être plus virulentes cette année. La faute à une immunité plus fragile. « L’ensemble de la population a été moins fréquemment en contact avec ces virus l’hiver précédent, en raison des mesures sanitaires imposées par le Covid. Donc la population est moins immunisée contre ces virus. C’est un facteur de risque, effectivement, pour une épidémie plus importante », indique Dr Bergach.

Plusieurs raisons au retour de la grippe

Or cet hiver, la situation est très différente. Dr Bergach s’interroge : « les gens vont-ils se faire vacciner contre la grippe cette année alors même qu’on n’en parle plus depuis deux ans ? Est-ce qu’ils ne vont pas faire un choix entre vaccin contre le Covid-19 et vaccin contre la grippe ? ». Surtout, « nous avons tourné la page du Covid-19 peut-être un peu tôt et nous avons embarqué, dans cette page, la grippe et toutes les autres maladies respiratoires. C’est un vrai danger », estime la médecin.

Une possible situation « inédite »

Conséquence : on risque de se retrouver dans une situation inédite avec la circulation de plusieurs agents infectieux, le Covid-19, la grippe et d’autres maladies. « Il est donc possible de souffrir d’une co-infection », souligne Dr Bergach. « Tous les critères sont réunis pour que la grippe circule. Pour autant, ça ne veut pas dire que la situation sera cataclysmique », résume la généraliste. Pour elle, l’enjeu est de pousser les personnes les plus fragiles à aller se faire vacciner, à la fois contre le Covid-19 et contre la grippe, à l’heure où de nombreuses personnes restent réticentes face à la troisième dose.

Aux premiers signaux, on porte le masque chirurgical

Tout comme le Covid-19, la transmission du virus grippal se fait principalement par voie respiratoire. « Le virus entre principalement par les voies respiratoires supérieures, et ressort emballé dans des petites gouttes de salive ou des aérosols, autrement dit des micro-gouttelettes de salive. Il peut aussi se transmettre via un portage par les mains », précise Dr Bergach. L’infection se caractérise le plus souvent par une fièvre importante (38°C), qui est assez brutale et en ‘V’, c’est-à-dire qui descend puis remonte. On a des maux de tête, des céphalées, des douleurs musculaires, des difficultés respiratoires... Mais tout le monde n’a pas de symptômes, laissant ainsi la voie libre au virus pour se propager.

Généralement, il y a des signes cliniques assez caractéristiques, mais on ne fait pas le diagnostic dans la plupart des cas, car d’autres virus peuvent provoquer des symptômes du même ordre. D’où la nécessité d’appliquer les mesures barrières dès les premiers signaux, prévient le praticien : « L’idée, en règle générale, lorsqu’on commence à avoir le nez qui coule, à tousser et à avoir un peu de température, le premier réflexe, c’est de porter un masque dès qu’on se déplace, en particulier dans les lieux clos et très fréquentés. Il permet de protéger les gens autour de vous et va aussi vous protéger dans une certaine mesure », conseille la médecin.



Meryem EL BARHRASSI


Et on applique immédiatement les gestes barrières
 
Idéalement, estime Dr Bergach, il faudrait remettre en place ce qu’on a appris avec le Covid-19 pour se protéger contre les infections respiratoires en général, et le virus de la grippe en particulier. « Il y a des gestes simples et qui ne coûtent pas beaucoup d’argent, alors utilisons-les. Lorsqu’on a n’a pas le masque, on tousse au creux du bras et pas dans la main, car c’est un vecteur pour les virus. On évite aussi la bise et les poignées de main. Le lavage des mains, l’utilisation du gel hydroalcoolique et l’hygiène corporelle au sens large sont tout aussi essentiels. Sans oublier la ventilation des espaces et a fortiori des espaces clos ». L’application de gestes barrières peut toutefois limiter la propagation de ces épidémies, rappelle l’infectiologue. Chaque année, la grippe tue en moyenne entre 8.000 et 10.000 personnes.