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Actu Maroc

Global GenderGab 2021: Un long chemin vers l’égalité des genres au Maroc


Rédigé par Hajar LEBABI le Jeudi 8 Avril 2021

Le classement 2021 du Global GenderGab, relatif à l’égalité entre les sexes, place le Maroc au 144ème rang au niveau mondial et au 12ème rang dans la région MENA. Un recul d’une place en comparaison avec l’année dernière.



Mettant l’accent cette année sur 156 pays, l’indice mondial du Global GenderGab étudie l’écart entre les sexes en fonction de quatre critères importants. Il s’agit dans un premier temps de la participation et opportunités économiques, puis du niveau d’instruction, ensuite du critère de santé et de survie et enfin de l’autonomisation politique. 

De nombreuses années pour combler l’écart 

Selon le rapport 2021 du Forum économique mondial (Davos), une autre génération de femmes devra attendre la parité entre les sexes. De manière plus claire, la réduction de l’écart mondial entre les sexes a augmenté d’une génération. De ce fait, 36 années supplémentaires s’ajoutent au temps restant afin de combler l’écart entre les sexes. Ainsi, passant de 99,5 ans à 135,6 ans.

Ces chiffres illustrent une remarquable détérioration pendant l’année 2021, celle-ci étant attribuée à un écart politique en forte croissance, et ce, dans de nombreux pays à forte population.

En effet, au moment où plus de la moitié de l’ensemble des pays étudiés enregistre une amélioration, les femmes ne représentent toujours que 26,1% des sièges parlementaires et 22,6% des postes ministériels dans le monde. Sur la base de ce critère de représentation, le Royaume occupe la 113ème place sur les 156 pays.

En ce qui concerne l’écart économique, ce dernier a connu une faible amélioration depuis l’année dernière et nécessite encore 267,6 ans pour pouvoir le combler. Sur cette base, le Maroc est classé au 148ème rang.

En matière d’éducation et de santé, l’écart entre les sexes est quasiment comblé. Bien que 37 pays aient réussi à atteindre la parité entre les sexes en matière d’éducation, il faudra quand même attendre 14,2 ans pour combler définitivement l’écart, et ce, en raison du ralentissement des progrès. A ce sujet, le Royaume occupe la 116ème position.

Pour ce qui en est du domaine de la santé, une légère baisse de l’écart entre les sexes a été enregistrée, en comparaison avec l’année dernière. En effet, plus de 95% de l’écart a été comblé. Dans ce sens, le Maroc se positionne au 139ème rang en matière de santé.

De manière globale, le Royaume occupe la 144ème place dans l’ensemble du classement 2021. Chose qui représente une baisse d’un rang en comparaison avec l’année dernière.

L'Islande reste le pays le plus égalitaire entre les sexes au monde, suivie de la Finlande et de la Norvège. Par ailleurs, l’Iraq (154ème), le Yémen (155ème) et l’Afghanistan (156ème) sont en queue du classement.


Le mariage des mineures : quand la loi se heurte à la pratique 

Le contexte social et éducatif, ainsi que l'application imparfaite de certaines dispositions du Code de la famille, constituent un frein à la concrétisation de l'égalité entre les sexes au Maroc.

Ainsi, l'application du Code de la famille se heurte encore aujourd'hui à des difficultés sur le terrain, notamment en zones rurales, en ce qui concerne le mariage des mineures. En dépit de la fixation de l'âge de la majorité matrimoniale à 18 ans pour les deux sexes lors de la réforme du Code de la famille de 2004, 9 % des mariages contractés au Maroc pour l'année 2018 étaient des mariages de mineurs. 90 % concernaient des filles, alors même que le Code de la famille ne prévoit de dérogation par voie judiciaire avant 18 ans qu'à titre exceptionnel et en tenant compte en priorité de l'intérêt de la mineure, à la lumière d'une enquête sociale, encore rarement appliquée.

Les statistiques montrent aussi que l'avis favorable des juges sur les demandes de dérogation est autour de 90 %, et il est à supposer que le consentement de la mineure pour se marier ne va pas de soi. Une campagne nationale sur le mariage des mineures avait été lancée en mars 2019 par le CNDH, dans le but de mobiliser toutes les parties prenantes autour de ce phénomène inquiétant. Les associations demandent aujourd'hui une révision du Code de la famille pour supprimer toute possibilité de mariage des mineurs, et des partis politiques se sont également emparés de la question en soumettant récemment un projet de loi visant à l'interdire.


  


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