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Fête de l’indépendance : 66 ans de consolidation d’un Royaume fort et ambitieux


Rédigé par Achraf EL OUAD le Jeudi 18 Novembre 2021

Le 6 novembre 1955, le ministre français des Affaires étrangères, Antoine Pinay, et Sidi Mohammed Ben Youssef signent les accords de la Celle-Saint-Cloud, prévoyant le retour sur le Trône du Sultan Mohammed V, et l’indépendance du Maroc. Dix jours plus tard, Mohammed V rentre triomphalement à Rabat. Le 18 novembre 1955, début de l’ère de l’indépendance.



Fête de l’indépendance : 66 ans de consolidation d’un Royaume fort et ambitieux
Feu SM Mohammed V a proclamé, le 18 novembre 1955, la libération du Maroc du joug du colonialisme. L’indépendance n’est certes officiellement déclarée que le 2 mars 1956, mais le Royaume respirait déjà un air de liberté, la tête tournée vers l’avenir, celui de l’édification de l’Etat Nation. «Nous nous réjouissons de pouvoir annoncer la fin du régime de tutelle et du protectorat et l’avènement d’une ère de liberté et d’indépendance».

C’est en ces termes que feu SM Mohammed V avait annoncé la fin de la période coloniale et le recouvrement par le Maroc de son indépendance et de sa souveraineté, ainsi que le lancement de la marche du développement dans tous les secteurs. Le Sultan avait ajouté : «Au terme des négociations, le régime de protectorat prendra fin et le Maroc connaîtra une ère nouvelle, où il examinera sa souveraineté dans le cadre des nouveaux accords et dans un esprit de compréhension et de coopération féconde avec le peuple français ».

Dès cette date, feu SM Mohammed V avait révélé dans le discours du Trône les éléments d’une réforme constitutionnelle basée sur l’établissement d’un État de droit, en soulignant : «Notre objectif est la constitution d’un gouvernement marocain responsable et représentatif, expression authentique de la volonté du peuple». Feu SM Mohammed V avait alors tracé des orientations directes, appelant à la démocratisation et au multipartisme.

Aussitôt, le Maroc s’est engagé dans un laborieux processus de modernisation administrative, dans lequel les paramètres de la décentralisation, de la déconcentration et de la régionalisation ont occupé une place majeure.

Conscientes de la gravité de l’héritage légué par le protectorat, les autorités marocaines ont dû rompre avec le passé pour jeter les bases d’une nouvelle organisation administrative de proximité. Ce choix volontariste et déterminé de feu SM Mohammed V a permis au Maroc d’inaugurer dès 1959 une pratique moderne de la gestion locale, avec la mise en place de 800 collectivités territoriales de base, la mise en oeuvre d’un système électif et pluraliste pour la désignation des Conseils communaux et l’adoption du suffrage universel direct.

Territoire et construction nationale

Le territoire a très tôt occupé une place prépondérante dans la conscience collective des Marocains, en témoigne la théorie du Grand Maroc présentée et défendue quelques années avant l’indépendance par le leader istiqlalien Allal El Fassi.

En juillet 1956, ce dernier a rendu publique dans le journal de l’Istiqlal, Al Alam, une carte qui devint progressivement une référence dans l’imaginaire territorial marocain. D’après ce document, le Grand Maroc devait recouvrir l’ensemble du territoire administré par les Français et les Espagnols, mais aussi toute la partie Ouest du désert algérien, le Nord du Mali ainsi que l’intégralité de la Mauritanie. Cet espace était défini par les nationalistes marocains comme les limites historiques du Maroc.

Témoigne également de ces revendications territoriales une lettre que feu SM Mohamed V adressa au président espagnol Franco en 1960. Il y annonçait sa volonté de faire table rase du découpage territorial colonial : «Nos deux peuples doivent résoudre leurs différends dans l’intérêt de leurs générations futures […] en fondant leurs échanges sur les bases de l’égalité et du respect mutuel, en écartant toutes les idées qui ne concordent désormais plus avec notre temps, et en renonçant à tous les privilèges et droits concédés en vertu d’accords archaïques dont la concertation avait eu lieu dans des circonstances exceptionnelles».

Il apparaît clairement que le Maroc indépendant n’entendait pas renoncer à une bonne partie du Grand Maroc : la région de Tarfaya fut récupérée en 1958 ; la frontière avec l’Algérie fut contestée en 1963, ce qui donna lieu à un conflit armé connu sous le nom de « Guerre des Sables » ; l’enclave de Sidi Ifni fut récupérée en 1969 suite à des négociations avec l’Espagne ; la Mauritanie ne fut reconnue par le Maroc qu’en 1970 (c’est-à-dire dix ans après son indépendance) ; et enfin, le Sahara fut rattaché au Maroc en 1975 suite à la Marche Verte et aux accords de Madrid qui en découlèrent.

Quelques mois après ces accords et plus de vingt-cinq ans après la lettre que Mohammed V avait adressée à Franco, feu SM Hassan II affirmait encore : «Je suis heureux que le bon droit ait finalement et pacifiquement prévalu en ce qui concerne notre Sahara. J’ai bonne espérance qu’un jour on reconnaîtra de même que Sebta, Mellilia, les îles du Rif sont territoires marocains».

Le Maroc d’aujourd’hui, toujours indépendant mais plus développé

Dresser un bilan exhaustif et objectif de ces 66 années d’indépendance nécessite des études et des analyses approfondies, car l’accession à l’indépendance signifiait l’engagement d’une bataille rude, et sur tous les plans. C’est le Grand Jihad. Un combat qui a été souvent couronné de succès, mais a enregistré aussi des échecs.

En tous cas, le Maroc d’aujourd’hui n’a rien à voir avec celui de 1955. De l’étape de la libération engagée par feu Mohammed V en parfaite symbiose avec le peuple, le Maroc a connu celle de l’édification sous le règne de feu SM Hassan II. Aujourd’hui, c’est un Maroc nouveau qui est en train d’être bâti par SM le Roi Mohammed VI : le Maroc de la liberté, de la démocratie, des Droits de l’Homme, de la justice sociale et de la citoyenneté.

La commémoration du 66ème anniversaire de l’Indépendance intervient au moment où notre pays vit une ère nouvelle sous le règne de SM le Roi Mohammed VI. Elle intervient aussi au moment où la question de la réalisation du changement et du redressement constitue l’une des aspirations fondamentales du peuple qui désire voir le gouvernement apporter les solutions qui s’imposent aux problèmes dont souffre notre pays.


 


1955-2021, 66 ans sur la voie du développement

L’indépendance a été acquise au terme d’une longue et âpre lutte, au cours de laquelle des martyrs sont tombés sur le champ d’honneur et de lourds sacrifices ont été consentis par toutes les couches populaires. 66 années après notre accession à l’indépendance, il est de notre devoir de nous demander si les buts visés par la lutte pour l’indépendance ont été réalisés.

En effet, l’indépendance n’était pas une fin en soi, mais avant tout un moyen pour assurer le progrès économique et social du pays et pour donner au peuple l’occasion de s’épanouir et de fixer ses choix politiques, économiques et sociaux, à travers des institutions représentatives élues de façon démocratique et jouissant de la crédibilité et de la confiance populaire.
 

Repères

Les grands défis du Royaume
Notre pays éprouve aujourd’hui le besoin pressant d’introduire des réformes politiques, économiques et sociales dans les domaines de l’enseignement, de la justice, de l’agriculture, de la santé, de l’habitat, de l’industrie, de la formation des cadres, des finances, de l’administration, etc. Il doit lutter contre le chômage, notamment parmi les lauréats des universités, et combattre les différents fléaux qui rongent la société.

La richesse principale de notre peuple réside dans ses hommes et ses femmes qui sont capables de réaliser des miracles et dans l’unanimité du peuple autour de son Roi qui a entrepris de grandes réformes et oeuvre pour la consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit. La démocratie est le rempart naturel devant le déviationnisme et le roc sur lequel se brisent tous les complots tramés contre le pays.

Aussi, en approfondissant la pratique de la démocratie, on donne à l’indépendance son sens profond et sa signification réelle. C’est la meilleure garantie pour construire l’avenir et relever les défis de la mondialisation et ceux du 21ème siècle. C’est aussi le cadre dans lequel doit être édifié le Maroc nouveau et moderne, le Maroc des grands chantiers de développement.
 
La guerre des Sables
La guerre des Sables d’octobre 1963 est un conflit militaire ayant opposé le Maroc et l’Algérie, peu après l’indépendance de celle-ci. Après plusieurs mois d’incidents frontaliers, la guerre ouverte éclate dans la région de Tindouf et Hassi Beïda, puis s’étend à Figuig. Le Maroc annonce un bilan officiel de 39 morts, tandis que les pertes algériennes, jamais publiées, s’élèvent vraisemblablement à 300 morts. Le piètre bilan de l’armée algérienne est un des facteurs qui ont contribué à la chute de Ben Bella en 1965.








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