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Monde

Extrême droite : Recrudescence du nombre d’attentats en Occident


le Mardi 16 Juin 2020

L’ONU tire la sonnette d’alarme: les liens entre terroristes raciaux du monde entier se renforcent et les attaques se multiplient.



Rassemblement d’un parti néo-nazi en Allemagne (PH. Archives)
Rassemblement d’un parti néo-nazi en Allemagne (PH. Archives)
La Direction exécutive du Comité contre le terrorisme (CTED) du Conseil de sécurité des Nations Unies a lancé récemment une nouvelle alerte sur les appréhensions des « États concernés par la menace croissante et de plus en plus transnationale du terrorisme d’extrême droite». Les États ont alerté la CTED de leur préoccupation croissante face à la menace croissante et de plus en plus transnationale que représente le terrorisme d’extrême droite. Avec des recherches indiquant une augmentation de 320% des attaques terroristes par des groupes ou des individus affiliés à de tels mouvements et idéologies au cours des cinq dernières années, la dernière alerte de CTED explore les principaux défis, les approches actuelles pour faire face à cette menace et les orientations existantes.

Les experts ont identifié le terrorisme d’extrême droite - également appelé terrorisme à motivation raciale et ethnique - comme une forme unique de violence politique avec des frontières souvent fluides entre les crimes de haine et le terrorisme organisé. 

Des idéologies liées à la haine et le racisme

Les recherches indiquent qu’il ne s’agit pas d’un mouvement cohérent ou facile à définir, mais plutôt un milieu changeant, complexe et se chevauchant d’individus, de groupes et de mouvements (en ligne et hors ligne) épousant des idéologies différentes mais liées, souvent liées par la haine et le racisme envers les minorités, la xénophobie, l’islamophobie ou antisémitisme. Bien que le terrorisme d’extrême droite ne soit pas un phénomène nouveau, sa fréquence et sa létalité ont récemment augmenté, certains individus, groupes et mouvements poursuivant des objectifs transnationaux dans un contexte national, s’appuyant sur des réseaux, des idées et des personnalités internationales et cherchant à mobiliser les autres, souvent en utilisant Internet. 

Cela a conduit à de multiples attaques terroristes à grande échelle visant des minorités, notamment à Christchurch, en Nouvelle-Zélande (mars 2019), à El Paso, aux ÉtatsUnis (août 2019), à Halle (octobre 2019) et à Hanau (février 2020) en Allemagne. Les États membres ont également déjoué plusieurs complots d’attaque et sont confrontés à de nombreux défis pour faire face à l’augmentation de cette forme de violence terroriste.

Un phénomène de plus en plus transnational

Alors que la menace augmente, les groupes et individus terroristes d’extrême droite deviennent de plus en plus transnationaux. La recherche reconnaît depuis longtemps le potentiel des groupes d’extrême droite pour forger des liens transnationaux solides et construire des réseaux. 

Des preuves récentes suggèrent qu’il y a eu un plus grand échange de vues entre des individus partageant les mêmes idées, à la fois en ligne et hors ligne. Ces connexions permettent aux groupes d’extrême droite d’améliorer leurs tactiques, de développer de meilleures techniques de contre-espionnage, de solidifier leurs opinions extrémistes violentes et d’élargir leurs réseaux mondiaux.

Les mouvements terroristes d’extrême droite continuent également d’employer un certain nombre de tactiques pour amplifier et amplifier leurs messages, leur portée et leur recrutement.

«Grand remplacement»

Idéologiquement disparate –bien que le néo-nazisme y soit très bien représenté–, la mouvance terroriste d’extrême droite est néanmoins unifiée par son racialisme. Une vieille lune que l’on pourrait croire passée de mode, mais qui connaît une seconde jeunesse grâce à la théorie complotiste du «grand remplacement», qui cristallise les peurs et ravive les fantasmes.

Cette idée est héritée des antisémites nationalistes d’avant-guerre et récupérée par les néo-nazis aprèsguerre. À l’époque, c’est le juif «apatride» qui est accusé de menacer les nations et, déjà, de vouloir détruire les peuples.

Récupérée plus tard par les nazis, cette théorie, qui ne s’appelle pas encore «grand remplacement», est modernisée dans les années 2000 par l’écrivain d’extrême droite Renaud Camus.

C’est lui qui en a extirpé l’essence antisémite pour y substituer l’islamophobie, tout en conservant la dimension complotiste: les peuples dits «de souche» occidentaux seraient menacés de disparition car sur le point d’être «remplacés» par des immigré•es et surtout leur descendance, dans le cadre d’un plan délibérément orchestré par les «élites» mondiales. Un dernier point qui permet d’ailleurs aux plus antisémites de s’y retrouver aussi… Le «grand remplacement» est certes un fantasme se basant sur des extrapolations démographiques farfelues et des conjectures pseudo-scientifiques, mais le discours est efficace et marque les imaginaires.