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Actu Maroc

Etudiants, devenir employé ou employeur… à vous le choix !


Rédigé par Hiba CHAKER le Mardi 28 Décembre 2021

Dans un contexte économique marqué par l’accentuation des crises et du chômage, la présence des Juniors-Entreprises sur la scène marocaine se confirme de plus en plus avec l’orientation des jeunes à l’entrepreneuriat. Eclairage.



Selon Google Trends, en 2021 le monde a eu de nouvelles envies d’entreprendre et a davantage cherché comment créer une entreprise que comment trouver un travail cette année. A l’échelle marocaine, l’entrepreneuriat fait rêver de plus en plus de jeunes dès la phase d’études universitaires quoique la question de se lancer dans l’entrepreneuriat pour les jeunes étudiants et lauréats se pose avec acuité dans ce contexte économique difficile marqué par un renforcement de la compétition conjugué à une augmentation du chômage jugée relativement importante au Maroc.

300.000 jeunes, de plus en plus diplômés, se présentent chaque année sur le marché du travail. Ces jeunes actifs sont à la fois une chance et une source de pression pour l’économie marocaine, qui peine à créer suffisamment d’emplois. Secteurs public et privé réunis n’offrent pas plus de la moitié des emplois demandés aujourd’hui, alors que le reste est réparti entre indépendants et aides familiaux.

Devant ce constat, de plus en plus d’étudiants voient en l’entrepreneuriat une solution efficace pour leur permettre d’occuper une place d’acteur économique dans un marché de travail en pleine mutation. Ainsi, plus de 3000 étudiants dans différentes écoles et universités marocaines (de commerce, d’ingénierie, en sciences…), ont pris la décision de créer leurs propres entreprises, dans le cadre de la CJEM (voir ci-dessous) dans différents secteurs et d’être à la fois étudiant mais aussi entrepreneurs.

L’essor de la junior entreprise

Pour Omar Benmoussa, président d’honneur et fondateur de la CJEM, « à l’heure où le Maroc développe son Nouveau Modèle de développement (NMD), entreprendre n’est plus une question de luxe, mais une nécessité pour créer de la valeur, d’autant plus que l’existence des nouvelles technologies facilite les choses ».

S’exprimant à l’occasion du 4ème congrès national des junior-entreprises marocaines placé sous le thème «Le Devenir de l’entrepreneuriat des jeunes: Dynamique du développement durable», M. Benmoussa a souligné la nécessité de mettre la junior entreprise comme un élément dynamique au sein de l’établissement de l’enseignement supérieur pour créer une véritable passerelle entre le monde estudiantin et le marché professionnel.

La junior-entreprise, a-t-il soutenu, vient ainsi pour concrétiser le partenariat public-privé entre différentes parties prenantes et tisser des contrats de réalisations et accomplissements, faisant observer que la CJEM veille dans ce sens à assurer une symbiose de collaboration pour le développement du mouvement des junior-entreprises à l’échelle nationale et la promotion du profil junior-entrepreneur sur la scène marocaine et continentale.

On apprend en pratiquant

Le passage à l’entrepreneuriat tout en étant étudiant est plein de défis et de challenges mais surtout d’apprentissage. «Pendant nos études, on n’est préparé à la vie en entreprise qu’à travers des cours théoriques, qui sont souvent loin de la réalité. On n’est pas formé à gérer des devis, son temps, des gens… On apprend en pratiquant. C’est l’expérience la plus enrichissante en dehors des cours », s’enthousiasme Salma Ouadii, étudiante en génie industrielle à l’Académie Internationale Mohammed VI de l’Aviation Civile (l’AIAC) et présidente de l’AIAC Junior entreprise.

Cette jeune entrepreneuse gère un cabinet IT qui agit comme un cabinet de conseil qui accompagne plusieurs entreprises à l’échelle nationale. « Créer sa propre entreprise permet de rêver grand et de viser loin » annonce-t-elle d’un ton confiant et optimiste. Des étudiants de l’ENCG Kénitra de leur part ont créé « Junior Consulting » où ils proposent aux entreprises des services de conseil stratégique. De quoi se mettre déjà dans le bain de l’entrepreneuriat. « La CJEM nous a permis d’avoir un riche réseau de partenaires, on parle de plus de 30 entreprises partenaires auxquelles on fait des études de marché et du conseil », nous annonce Ahmed Kibé, étudiant à l’ENCG et président de l’entreprise.

Depuis qu’il est à la tête de cette entreprise, Ahmed nous confie que « Les challenges se succèdent, qu’ils soient économiques, fiscaux, légaux, commerciaux, de recrutement ou de management, les journées se succèdent sans se ressembler. Cela nous aide à apprendre énormément de choses. Certes, ce n’est pas facile mais ça nous rend polyvalent et prêt pour tout ». Pour ces jeunes, l’entrepreneuriat est le corolaire de la responsabilité mais également de la satisfaction.

Pour Omar Benmoussa, la réussite dans ce pari de lier études et entrepreneuriat est une question de mindset. « Les étudiants sont déjà avantagés, on a moins de charges, on est généralement célibataire, on peut vivre chez ses parents, donc : pas de loyer et pas de dépenses d’argent pour les enfants, et puis être son propre patron, quoi de mieux ? », annonce Benmoussa. Etudiants, devenir employé ou employeur…. A vous le choix !


Hiba CHAKER

Repères

Global Entrepreneurship Monitor 2020 : Le Maroc, pays d’opportunités
Selon le rapport Global Entrepreneurship Monitor 2020, le Maroc présente des indicateurs relatifs à la culture entrepreneuriale et au potentiel entrepreneurial assez élevés. L’étude révèle une forte accélération de la dynamique entrepreneuriale passant de 6,7% à 11,4%. Le pays améliore ainsi de manière significative son classement à l‘échelle internationale (24ème/50 pays) et continue à présenter des indicateurs assez élevés en matière de culture entrepreneuriale bien que 27% seulement de la population adulte active (18-64 ans) estime qu’il est facile de créer une entreprise au Maroc.
 
Entrepreneuriat : Bank Al-Maghrib épingle la vulnérabilité du tissu productif marocain
Cinq entreprises sur dix sont financièrement vulnérables. Près de 31% des entreprises en moyenne sur la période 2006-2019 ont contracté une dette financière. La vulnérabilité des entreprises marocaines du secteur non financier privé est restée relativement stable durant la période 2006-2019, quoiqu’elle ait enregistré une légère hausse à partir de 2014, en lien avec l’atonie de la croissance économique. C’est le constat de Bank Al-Maghrib dressé dans une nouvelle étude intitulée « Analyse de la vulnérabilité du tissu productif marocain », menée auprès de 306.346 entreprises non financières.

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CJEM


Pour la promotion de l’entrepreneuriat
 
Né en 1967 en France au sein d’une des grandes écoles de commerce française, les JuniorEntreprises constituent des cabinets de conseil juniors au sein de grandes écoles d’ingénieurs et de commerce, ou plus généralement dans des établissements de l’enseignement supérieur. Quant à la Confédération des JuniorEntreprises Marocaines (CJEM), elle a été créée en 1994 pour promouvoir le concept des JuniorEntreprises au niveau national, mais aussi faire en sorte que le statut de JuniorEntreprise soit juridiquement reconnu et valorisé auprès des entreprises.

Aussi, la CJEM travaille à ce que chaque membre de la confédération maintienne un niveau de qualité et de professionnalisme requis. Dans le cas contraire, nous sommes là pour les accompagner et pour les guider dans la réalisation des différents projets et missions.

Ainsi, la CJEM oeuvre pour structurer un mouvement en pleine croissance à l’échelle nationale d’une part, et pour représenter au mieux le Junior-Entrepreneuriat marocain à l’échelle internationale d’autre part.
 

Futur proche


Les métiers de demain
 
On estime que 85% des emplois de 2030 n’existent pas encore. La technologie numérique, les données massives et l’intelligence artificielle ont profondément bouleversé les métiers actuels et continueront de monter en puissance. Ils créeront ainsi de nouvelles opportunités d’emploi, plus innovantes.

Selon l’ancien DG de Microsoft Maroc et fondateur de la London AcademySchool, Samir Benmakhlouf, les jeunes peuvent investir ou entreprendre dans quatre grands secteurs. Le premier est le secteur de la technologie.

On sait qu’aujourd’hui que 44% des métiers vont disparaître entre 2030 et 2040 au profit des métiers de technologie. Il faut qu’on soit producteur de technologie et non pas consommateur de technologie. Le deuxième secteur est le secteur de la santé. On est en train de vivre une pandémie, qui a chamboulé tout le monde. Quand on parle de secteur de santé, on ne parle pas uniquement de médecine qui est réactive.

On évoquera dorénavant la médecine préventive et les technologies en lien avec la santé. Le troisième secteur est celui du changement climatique et des énergies renouvelables. Il faut absolument que les jeunes s’y intéressent plus aujourd’hui. Il y aura plus de commerce, à condition que des entreprises soient en conformité avec tout ce qui est production de CO2.

Le quatrième secteur est celui de la géopolitique, compte tenu des changements politiques survenus tels que les mouvements de révolution ou les mouvements d’immigration auxquels nous assistons aujourd’hui”, nous détaille-t-il.

 

3 questions à Mounir Ferram, directeur exécutif de l’Association marocaine des exportateurs, (ASMEX)

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« S’il y a complexité, il y a aussi la possibilité de prendre des initiatives très fortes »
 
Invité du 4ème congrès national des junior-entreprises marocaines, Mounir Ferram, directeur exécutif à l’ASMEX nous fait le point sur la réalité du contexte entrepreneurial pour les jeunes marocains aujourd’hui.

- Quelle est la place de l’entrepreneuriat aujourd’hui au Maroc pour les jeunes ?

- L’entrepreneuriat est indissociable du climat d’affaire marocain. Ça veut dire qu’il y a un environnement sur lequel il faut agir pour qu’il puisse faire bénéficier l’ensemble du tissu entrepreneurial marocain et le jeune entrepreneur fait partie de cet environnement. Il est donc impératif de donner aux jeunes entrepreneurs tous les moyens dont ils ont besoin afin qu’ils réussissent.


- La crise pandémique a fait fondre l’économie mondiale. Le choix d’entreprendre est-il Safe aujourd’hui au Maroc ?

- On parle de la crise pandémique qui a freiné l’essor de l’économie au niveau international. Mais ceci dit il faut nuancer, s’il y a complexité il y a aussi la possibilité pour ces jeunes de prendre des initiatives très fortes surtout dans un contexte caractérisé par l’exigence d’agilité. Il faut être agile pour pouvoir accompagner le monde. Il faut faire preuve d’innovation parce que c’est la capacité de se régénérer, d’aller vers de nouveaux marchés et opportunités. Il y a des complexités mais il y a aussi des gisements.



- Comment les jeunes entrepreneurs peuvent dépasser les problèmes rencontrés ?

- D’abord, il faut leur donner des savoirs et des connaissances qui peuvent venir de la formation initiale mais aussi à travers une formation continue adaptée aux enjeux et défis mondiaux qui sont très forts aujourd’hui. En plus, c’est un exercice collectif, c’est-à-dire que c’est aux jeunes d’entreprendre mais c’est à l’écosystème global, à savoir l’université, l’Etat, les entreprises… de jouer le jeu et de les soutenir.

Je fais également allusion à ce qu’on appelle le secteur porteur financièrement parlant qui doit apporter des financements, des garanties et ça c’est un vrai problème sur lequel on doit tous se pencher pour qu’on puisse générer ce qu’on appelle l’élan entrepreneurial au niveau national.


Recueillis par Hiba CHAKER

 








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