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Culture

Essai : Des écrivains dans la peau des terroristes


Rédigé par Abdallah BENSMAÏN le Mercredi 13 Octobre 2021

Se loger dans la tête des terroristes est une expérience littéraire qui a donné quelques oeuvres importantes dans la littérature maghrébine. De Tahar Ben Jelloun, en passant par Yasmina Khadra, Youssouf Amine Elalamy à Salim Bachi…, cette première vague a accompagné en quelque sorte le Printemps arabe.



Abdesselam El Ouazzani : « Dans la peau des terroristes - La représentation du terrorisme dans le roman marocain à l’aube du XXI siècle » - Ed. L’Harmattan
Abdesselam El Ouazzani : « Dans la peau des terroristes - La représentation du terrorisme dans le roman marocain à l’aube du XXI siècle » - Ed. L’Harmattan
Abdesselam El Ouazzani qui vient de publier « Dans la peau des terroristes - La représentation du terrorisme dans le roman marocain à l’aube du XXI siècle » creuse un peu plus le sillon d’une veine inspiratrice qui ne se dément pas.

Auteur des essais « Le Récit carcéral marocain » et de « Le Prédicateur, le résistant et le prisonnier politique », introduit son ouvrage par cette citation tirée du Coran : « Il n’appartient pas à un croyant de tuer un autre croyant, si ce n’est par erreur ». Dès l’introduction, Abdesselam El Ouazzani pose le cadre de la réflexion sur « les événements de violence sanguinaire, désignés tous par le vocable « terrorisme », avec point d’appui pour expliciter le sens de ce concept, Jacques Derrida, mettant dos à dos la « violence légale » des Etats et celle terroriste qui affirme son combat légitime.

Jurgen Habermas tranche dans le vif du sujet : « Du point de vue moral, un acte terroriste, quels que soient ses mobiles et quelle que soit la situation dans laquelle il est perpétré, ne peut être excusé en aucune façon. Rien n’autorise qu’on « tienne compte » des finalités que quelqu’un s’est données pour lui-même pour ensuite justifier la mort et la souffrance d’autrui. Toute mort provoquée est une mort de trop ».


Comme son titre l’indique, « Dans la peau des terroristes - La représentation du terrorisme dans le roman marocain à l’aube du XXI siècle » de Abdesselam El Ouazzani n’est pas dans une approche ou explicitation philosophique du terrorisme, il la traque dans la littérature marocaine, à travers la lecture de quatre romans, « Les Étoiles de Sidi Moumen » de Mahi Binebine, Oussama, mon amour de Youssouf Amine Elalamy, Des Houris et des hommes de El Mostafa Bouignane et Quand Adam a décidé de vivre Rachid Khaless.

Pour l’auteur, il s’agit de se pencher sur le « Comment raconter le désastre terroriste à partir du point de vue de celui qui, volontairement, provoque la mort des autres, celui qui s’apprête à se donner la mort en semant la désolation autour de lui ? ».

C’est à un effort de conceptualisation que se confronte l’auteur. Loin de constituer une simple explication de textes, « Dans la peau des terroristes - La représentation du terrorisme dans le roman marocain à l’aube du XXI siècle » s’inscrit dans une dynamique de mise en place d’instruments théoriques à même de servir à éclairer l’acte d’écriture dans son formalisme.

A. BENSMAÏN

  


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