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Enseignement supérieur : La prochaine rentrée universitaire sous le signe du renouveau


Rédigé par Yassine Elalami Mardi 30 Mai 2023

L’adéquation des formations dispensées, le problème du décrochage universitaire et la nécessité de construire de nouvelles universités, telles sont les préoccupations majeures qui ont valu l’interpellation au Parlement de Abdellatif Miraoui, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l'Innovation, lors de la séance plénière, lundi 29 mai.



À l'heure où nous assistons à une évolution considérable dans le développement des spécialités offertes par les instituts supérieurs, une question essentielle se pose : comment ces parcours universitaires répondent-ils au marché du travail ? En effet, de nombreux diplômés se retrouvent confrontés au chômage en raison du manque d'opportunités d'emploi appropriées. Cette situation soulève des préoccupations quant à l'adéquation entre les formations dispensées et les besoins réels du marché du travail.

En réponse à une question orale lors de la séance plénière à la Chambre des Représentants, ce lundi 29 mai,  le ministre a fait savoir que son département s'est engagé à accélérer et à transformer les systèmes de formation. Dans cette optique, plusieurs mesures ont été prises, notamment l'introduction de nouvelles filières en compatibilité avec le tissu économique. Et de préciser que le ministère collabore étroitement avec d'autres ministères afin de mettre en place une stratégie claire d'ici 2030. Ces consultations régulières permettront de garantir une approche cohérente et concertée.

« Il est indéniable que de nombreuses formations dispensées jusqu'à présent sont devenues obsolètes, en particulier celles offertes dans les institutions à accès ouvert, telles que les Facultés de droit, d'économie et de lettres et sciences humaines. Cependant, plus de 88% de nos jeunes se trouvent dans ces filières. C'est pourquoi le gouvernement mettra en place le Plan National d'Accélération de la Transformation de l'Écosystème de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l'Innovation (PACTE ESRI 2030) », révèle Miraoui, notant que « ce plan s'appuie sur les orientations Royales en matière de jeunesse et sur le programme gouvernemental et s'inspire des recommandations du Nouveau Modèle de Développement, en développant une approche d’échange avec les différents acteurs économiques».

Dans la même veine, lors de la prochaine rentrée universitaire, toutes les formations proposées seront développées et adaptées en étroite collaboration avec les autres ministères et en tenant compte du contexte socio-économique, a précisé le ministre. Des ajustements seront apportés à la structure pédagogique afin d'intégrer le développement des compétences personnelles et transversales, ainsi que l'inclusion des méthodes numériques. Cette approche vise à former des étudiants mieux préparés aux exigences du marché du travail actuel, en mettant l'accent sur les compétences polyvalentes et les outils technologiques.
 
Décrochage universitaire
 
Autre constat guère reluisant : la moitié des étudiants marocains abandonnent les bancs universitaires et seulement 25% obtiennent leur licence dans un délai de 3 ans. Ces chiffres sont d’autant plus alarmants que les gouvernements successifs avaient pris de nombreuses mesures pour lutter contre ce fléau, sans que l’on puisse entrevoir un horizon, à court terme, pour la résolution du problème.

Interrogé à ce sujet, M. Miraoui a mis en évidence la nécessité de mettre en œuvre de nouvelles stratégies afin d’accompagner efficacement nos étudiants. Il a souligné l'importance de mettre en place un programme d'orientation et de consultation destiné aux jeunes afin de les guider dans leur parcours académique et professionnel. De plus, il a mentionné l'introduction du Système européen de transfert et d'accumulation de crédits (ECTS) dans l'enseignement supérieur, une initiative pionnière au Maroc.

Notons ainsi que le système universitaire marocain présente des lacunes importantes en termes d'encadrement, ce qui en fait l’un des plus faibles du bassin méditerranéen. En effet, il y a environ 120 étudiants pour chaque professeur d'université, un ratio qui est nettement inférieur aux normes requises.

Miraoui a souligné, à cet égard, l'importance cruciale de développer et diversifier l'offre de formations universitaires, tout en les alignant sur les priorités du développement du pays. Cela fait, selon le ministre, partie intégrante du plan national visant à accélérer la transformation du système d'enseignement supérieur.
 
Arrêt du projet de l’université pluridisciplinaire d’Al-Hoceima
 
Le projet de construction d'une université pluridisciplinaire très attendue dans la ville d'Al-Hoceima connaît des retards, ce qui a suscité des interrogations légitimes. À ce sujet, Miraoui a précisé que le projet, envers lequel le précédent gouvernement s'était engagé, et consistant en la construction d'une université pluridisciplinaire dans la commune d'Ait Kamra, relevant de la région de Taza/Al-Hoceïma/Taounate, a été annulé par le gouvernement actuel.

Le ministre a précisé que les rapports publiés par les commissions d'évaluation et le Conseil supérieur de l'éducation ont remis en question la pertinence de la programmation d'universités pluridisciplinaires telle que celle prévue à Al-Hoceima.

Dans le même sillage, Miraoui a souligné que la création de nouvelles Facultés doit être réalisée dans le cadre d'un schéma directeur pour le développement de l'offre de formation universitaire, qui couvrira la période allant jusqu'en 2030. Cette approche stratégique vise à assurer une planification cohérente et à long terme, en prenant en compte les besoins actuels et futurs du marché du travail, ainsi que les aspirations des étudiants et les priorités nationales en matière d'éducation.

Il a ainsi expliqué que son département accorde actuellement plus d’importance à la construction de vastes complexes universitaires offrant toutes les conditions nécessaires à une formation de qualité. L’objectif étant de s'inscrire dans une vision où l'université joue le rôle de locomotive du développement social, économique et environnemental du pays.
 

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