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Actu Maroc

Élections 2021: Nizar Baraka esquisse les contours des alliances possibles et impossibles


Rédigé par Anass Machloukh le Jeudi 3 Juin 2021

Dans un contexte de crise politique profonde, la construction des prochaines alliances est décisive pour rétablir la confiance des citoyens. Face à la confusion actuelle, Nizar Baraka cherche la clarté et exige des alliances programmatiques et idéologiquement homogènes. Détails.



Élections 2021: Nizar Baraka esquisse les contours des alliances possibles et impossibles
 
L’alternance politique, ce terme si sensible dans l’Histoire politique de notre pays, et plein de résonance démocratique, revêt une impor­tance cruciale à quelques mois des élections législatives, qui devraient accoucher du successeur de Saâd Dine El Othmani. Un terme si grand qu’on ne pourrait l’évoquer dans le contexte actuel où la méfiance des citoyens à l’égard des partis poli­tiques et des institutions a atteint son comble. Parler d’alternance dé­pend du degré de participation des citoyens au prochain scrutin, aux yeux du Secrétaire Général du Parti de l’Istiqlal Nizar Baraka, invité, mercredi, sur les ondes de la Radio nationale. « On ne peut parler d’une véritable alternance que s’il existe une forte participation citoyenne », a-t-il souligné. En effet, ce fut le cas à deux reprises dans l’Histoire contemporaine du Royaume, durant les élections de 1997 et 2011 qui ont donné naissance aux gouverne­ments d’Abderrahmane Youssoufi et d’Abdelilah Benkirane.
 
Une alternance sans change­ment : ça ne sert à rien

Compte tenu du contexte poli­tique mouvementé, il ne suffit pas d’une simple succession de façade de l’Exécutif pour regagner la confiance des gens, pour le leader du Parti de la Balance. Il faut acter une rupture radicale pour sortir du dog­matisme libéral et de la culture de l’attentisme ayant caractérisé l’action gouvernementale, tout au long de ces dernières années. Il ne sert à rien de parler d’une alternance démo­cratique, si le gouvernement qui en sera issu ne prépare le terrain pour un Etat social, partisan des classes moyennes et capable de redistribuer les richesses. Celle-là a fait cruelle­ment défaut dans le modèle actuel qui est arrivé au bout de ses pro­messes. Les retombées de la crois­sance sont en général accaparées par une infime partie de la population. Nizar Baraka a avancé le chiffre de 20% des familles les plus fortunées qui accaparent plus de 54% de la ri­chesse nationale. Une richesse raflée aux dépens des classes moyennes, qui ont subi les affres de l’ultrali­béralisme qui a régné ces dernières années.

Promettant un programme social qui se veut aux antipodes des idées du gouvernement du PJD, l’Istiqlal propose de revigorer le pouvoir d’achat du salariat et du travail. Sé­curité sociale, retraites, régulation des prix et compensation. Bref, les héritiers d’Allal El Fassi préparent une politique de croissance par la demande qu’on peut résumer comme suit : remplir les poches des classes moyennes pour relancer la consommation. C’est ça en gros.

Alliances : le paysage s’annonce encore flou

Au moment où la défiance vis-à-vis des partis politiques est criante, les élections législatives sont une occa­sion de réconciliation avec les ci­toyens. Ceci ne pourra aboutir sans sortir de la confusion des alliances opportunistes, dépourvues de fon­dement idéologique. « Nous avons fait note autocritique », s’est confié Nizar Baraka aux journalistes de la SNRT, affirmant que le parti de la Balance a resserré ses rangs après son passage définitif à l’opposition  en 2017.

Le grand défi qui l’attend est la stratégie des alliances poten­tielles pour construire une coali­tion gouvernementale. Or, celle-ci s’annonce complexe, vu que l’Isti­qlal ne veut pas s’aventurer dans une alliance avec des partis n’ayant pas le même programme. Nizar Bara­ka conditionne toute alliance par une convergence des vues et des analyses de la situation du pays, ce qui complique tout pronostic sur le visage de la prochaine majorité. En dépit des supputations sur une potentielle alliance électorale entre le PPS, l’Istiqlal et le PAM, qui ont rapproché leurs points de vue sur plusieurs sujets (code électoral, légalisation du cannabis, etc.), rien ne les confirme, sachant que Nizar Baraka a fait état seulement d’une coordination entre les trois partis dans leur rôle d’opposition. Pas plus.