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Monde

Elargissement de l’UE à l’Ukraine : On ne rentre pas sur un coup de cœur


Rédigé par La rédaction le Dimanche 3 Avril 2022

Si depuis le début de la guerre russo-ukrainienne, les 27 ont affiché une unité exemplaire face à Poutine, sur la question de l’adhésion de l’Ukraine à l’UE, Bruxelles a vu ressurgir les divisions entre les membres occidentaux et ceux issus de l’ancien bloc soviétique.



Les choses sont allées un peu trop vite. Juste après son invasion par la Russie, le 24 février 2022, l’Ukraine, profitant de l’«élan » solidaire des 27, a signé quatre jours plus tard, via son président Volodymyr Zelensky la demande d’adhésion à l’Union européenne, appelant à une intégration de son pays dans l’Union “sans délai” via “une procédure spéciale”.

Sur la question de l’adhésion, l’eurodéputé tchèque, Michaela Sojdrova est catégorique.  Pour elle Bruxelles doit examiner sérieusement la demande de candidature de l’Ukraine à l’Union européenne déposée par le président ukrainien, Zelensky le 28 février dernier. Une demande officielle pour permettre à son pays d’obtenir une adhésion « immédiate » dans le cadre d’une procédure spéciale accélérée.

Pour l’élue, dont le pays a été pendant des années a été sous le joug soviétique : « Il faut vraiment comprendre que la candidature ce n’est pas déjà l’admission. La candidature, c’est un premier pas. Je ne vois aucune raison pour laquelle on ne peut pas accepter la candidature de l’Ukraine ».

Michaela Sojdrova a du mal à comprendre les refus catégoriques de certains, principalement à l’ouest. « L’Ukraine a soussigné les demandes pour venir en Europe, ils ont sous signé par leur sang. Est-ce qu’il y a quelque chose de plus valable ? ».

D’abord réformer l’Europe

Des arguments qui sont loin de convaincre son confrère socialiste belge, Marc Tarabella. Selon lui, « au-delà de l’émotion, de la tristesse et de la solidarité avec le peuple ukrainien, en Ukraine, la règle de droit n’est pas respectée en Ukraine. Et au-delà des conditions d’entrée à respecter pour pouvoir adhérer, Tarabella porte sur l’élargissement de l’Union européenne un diagnostic sévère.

Selon lui, « il est clair que l’Europe ne doit pas s’élargir tout de suite, parce que l’Europe est malade. [Il faut] arrêter cette règle de l’unanimité qui paralyse, qui ne permet pas de mettre en œuvre les traités quand il faut sanctionner un pays qui ne respecte pas les règles de droit comme la Hongrie, comme la Pologne. Parce qu’il faut l’unanimité des autres et on ne l’a jamais. Et donc l’Europe est malade, malgré l’unité qu’on a aujourd’hui face à l’adversité, face à ce qui se passe en Ukraine. Et donc il faut d’abord réformer l’Europe ».

Fin février, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen avait exprimé le souhait de voir l’Ukraine intégrer l’Union européenne en affirmant qu’ « ils sont l’un des nôtres ». Mais à Bruxelles, la prudence reste de mise, car l’examen de la candidature ukrainienne envenimerait un peu plus les relations avec la Russie.

La longueur du processus comme entrave

Par sa demande d’adhésion, l’Ukraine, souhaite se protéger face à la menace militaire russe en intégrant l’UE, c’est notamment parce qu’il y existe une clause de défense mutuelle du traité sur l’Union européenne, qui stipule que les Etats membres de l’Union doivent aider un pays membre si celui-ci est victime d’une “agression armée sur son territoire”.

Pour autant, la procédure d’adhésion est particulièrement longue et prend plusieurs années. En effet, l’intégration à l’UE est un processus au long cours pour rapprocher la législation du pays candidat du droit européen et donne lieu à des négociations complexes. Par conséquent, même si le président ukrainien - de même que ses homologues géorgien et moldave qui ont fait des demandes similaires - exhorte les Européens à intégrer son pays “sans délai”, cela ne s’est jamais produit dans l’histoire de la construction européenne. Les exemples ne manquent pas pour illustrer la longue procédure entre le dépôt de candidature et l’adhésion officielle à l’UE.

La Hongrie et la Pologne ont attendu dix années (1994-2004) pour se voir intégrés à l’Union. La Roumanie et la Bulgarie ont dû patienter douze années.

Par ailleurs, les 27 chefs d’Etat et de gouvernement lors de leur sommet à Versailles les 10 et 11 mars 2022, ont rappelé qu’il n’existe aucune procédure rapide d’adhésion à l’UE.

 


Odessa, port stratégique, sous les bombes
 
Une série d'explosions a été entendue ce dimanche matin dans la ville stratégique d'Odessa, située au sud-ouest du pays. Les autorités ukrainiennes parlent d'attaques aériennes.

Une série d'explosions ont été entendues ce dimanche matin à Odessa, principal port de l'Ukraine sur la mer Noire, dans le sud-ouest du pays, a constaté un journaliste de l'AFP. Les explosions, survenues vers 6 heures du matin, se sont accompagnées d'au moins trois colonnes de fumée noire et de flammes visibles, apparemment dans une zone industrielle.

Une employée d'hôtel du centre-ville a dit avoir entendu un avion, mais un militaire près du lieu d'une des frappes a affirmé qu'il s'agissait d'une roquette ou d'un missile.

"Odessa a été attaquée depuis les airs. Des incendies ont été signalés dans certaines zones. Une partie des missiles a été abattue par la défense aérienne. Il est recommandé de fermer les fenêtres", a écrit sur son compte Telegram Anton Guerachtchenko, conseiller du ministre de l'Intérieur ukrainien.

Cette ville historique présente un caractère stratégique: dotée du plus grand port du pays, elle permet l'accès à la mer Noire au reste de l'Ukraine.

Toute la côte orientale, de la presqu'île de la Crimée, annexée par Moscou en 2014, jusqu'aux républiques séparatistes prorusses de Donetsk et de Lougansk dans la région du Donbass, est occupée par les forces russes, exception faite d'une partie de la ville de Marioupol, où elles se heurtent à la résistance de l'armée ukrainienne.
 

  


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