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Education : Consultations nationales, une des clés pour redynamiser l’école publique


Rédigé par Kawtar CHAAT le Jeudi 2 Juin 2022

Notre système éducatif est une relique du passé. Il est temps de le faire entrer dans le présent. Le ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, Chakib Benmoussa, a déclaré mardi à Rabat que son ministère entend organiser des consultations nationales pour améliorer les écoles publiques.



Education : Consultations nationales, une des clés pour redynamiser l’école publique
Le département de Benmoussa a introduit d’importants efforts de réforme de l’éducation, notamment grâce à son initiative visant à engager un débat institutionnel avec les différentes parties prenantes, pour contribuer à l’enrichissement de sa feuille de route pour l’école publique. Progressons-nous vers un système d’éducation meilleur et plus équitable ?

En réponse à une question orale centrale à la Chambre des Conseillers sur « les nouvelles consultations pour la réforme de l’école marocaine », Benmoussa a souligné qu’afin de réussir la réforme de l’école publique qui est un enjeu déterminant pour le développement du Maroc, il faut assurer une participation de toutes les parties prenantes à l’élaboration et à la mise en oeuvre de la feuille de route 2022-2026.

Ces consultations viendront activer la méthodologie démocratique participative stipulée dans la Constitution du Royaume comme base pour l’élaboration et la mise en oeuvre des politiques publiques, ce qui a été stipulé par les recommandations du Nouveau Modèle de Développement concernant la nécessité d’impliquer les citoyens dans la formulation et la mise en oeuvre des politiques publiques afin de pouvoir ensuite les évaluer. L’implication de tous les acteurs peut améliorer la scientificité, la démocratie et l’État de droit dans le processus de gestion du secteur. La participation citoyenne à la mise en oeuvre des politiques publiques est une manifestation de la capacité et de la modernisation du système de gouvernance.

Que faudra-t-il pour réparer l’éducation publique ?

Le ministre a souligné que ces consultations nationales ne se concentrent pas sur l’évaluation de la réalité du système éducatif, car les défauts et les lacunes de ce dernier sont connus dans tous leurs détails à travers les différentes études d’évaluation réalisées, et à travers les différents mécanismes d’écoute et de communication avec les citoyens, y compris ceux qui se sont déroulés dans le cadre de l’élaboration du Nouveau Modèle de Développement, notant que les conclusions tirées des différentes évaluations ont été investies dans l’élaboration de la feuille de route autour de laquelle ces consultations se tiennent.

Dans un programme de réforme scolaire, l’éducation est transformée pour un meilleur enseignement et apprentissage afin d’améliorer la qualité de l’éducation dans tout le pays. Dans l’analyse des réformes éducatives, une vision holistique des raisons, objectifs, applications et résultats est nécessaire.

Dans ce sens, Benmoussa a rappelé les objectifs les plus importants que son département cherche à atteindre à travers ces consultations, notamment stimuler une discussion institutionnelle ouverte avec divers acteurs et parties prenantes sur les priorités de réforme au cours des cinq prochaines années, élaborer une réflexion collective pour enrichir la feuille de route en l’intégrant avec les propositions émergentes du terrain et des acteurs et parties prenantes. Il s’agit également, selon le ministre, de motiver les acteurs et partenaires clés à tous les niveaux du système éducatif à participer activement et à s’engager, chacun selon ses responsabilités, pour matérialiser la feuille de route.

La performance éducative met les enseignants en ligne de mire

Benmoussa a indiqué que le ministère a choisi de lancer ces consultations à partir des écoles, incarnant la centralité des établissements scolaires dans la réforme, en impliquant les premiers bénéficiaires des services de l’école, à savoir les élèves, leurs mères, pères et leurs tuteurs, ainsi que les principaux acteurs, y compris les enseignants et diverses composantes du corps éducatif.

Dans ce sillage, la compétence et l’implication des enseignants des écoles publiques restent un sujet toujours présent dans les débats de l’éducation nationale et de la performance éducative au Maroc. De nombreuses personnes considèrent les écoles défaillantes comme des produits de leur environnement, affirmant que les zones pauvres et en proie à la criminalité ont les pires écoles.

Cependant, les villes échouent à cause des écoles, et non l’inverse. Preuve en est, pour Benmoussa, « la redynamisation du système éducatif se fait en plaçant l’école publique au coeur d’un projet de société ». Cette vision soutient l’idée que l’éducation peut vraiment changer la société, en offrant une meilleure éducation, les écoles peuvent également créer de meilleures communautés.

Ainsi, le problème n’est pas l’environnement, mais les écoles elles-mêmes. Sans enseignants proactifs et passionnés, il devient de plus en plus difficile pour les apprenants de bien performer, car ils n’apprennent pas et, pour la plupart, ne s’en soucient pas. Les enfants apprennent des adultes dans leur vie, et si leurs enseignants ne présentent pas un effort concerté dans l’enseignement, alors les enfants feront de même dans l’apprentissage.

Les consultations en question dépendent, selon Benmoussa, de la politique de proximité via son étendue géographique et l’adoption de bassins scolaires pour interagir davantage avec les spécificités et la réalité éducative locale, et les multiples canaux d’implication aux niveaux national et local, qui se manifestent par l’organisation de focus groups, de rencontres territoriales, de séminaires scientifiques et de tables rondes, en plus de forums thématiques ouverts à toutes les activités de la société civile et à tous les citoyens sur la plateforme électronique dédiée aux consultations.

Ainsi, environ 6.200 groupes de discussion seront organisés au niveau de toutes les régions du Royaume et 80 réunions au niveau des provinces, précise-t-il, notant que le ministère a adopté l’approche expérimentale dans l’organisation de ces consultations, qui se poursuivront jusqu’à fin juin 2022, et dont la phase pilote sera lancée dans la région de Marrakech-Safi, avant qu’elle ne soit généralisée à toutes les régions du Royaume.

Au-delà des consultations, comprendre la réforme scolaire comme un processus de développement peut ouvrir la voie à la compréhension de la nécessité d’un plus grand engagement des communautés et surtout des enseignants en tant que partenaires significatifs dans le processus de réforme et de réussite scolaires des élèves.



Kawtar CHAAT


Vision à long terme : une approche à prendre en compte ?
 
La politique de l’éducation au Maroc est parsemée de solutions éphémères qui n’ont pas réussi à résoudre les problèmes clés des dispositifs adoptés par les gouvernements précédents, alors que les politiques des pays dotés de systèmes éducatifs performants, tels que la Chine, le Canada et la Finlande, partagent une conviction palpable quant au rôle central de l’éducation dans les objectifs d’amélioration de la société : sortir les gens de la pauvreté, parvenir à une plus grande égalité, et, certainement, créer une économie florissante et un nombre croissant d’emplois.

Ceci dit, un système éducatif devrait avoir une vision à long terme de la manière dont l’éducation peut y parvenir, une vision largement partagée à l’intérieur et à l’extérieur du secteur de l’éducation.