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Economie verte: Le MEPC met en évidence les solutions climatiques au Maroc


Rédigé par A. CHANNAJE le Mardi 8 Juin 2021

Les opportunités d’investissement dans les énergies renouvelables sont nombreuses au Maroc. Les progrès rapides de la technologie en matière d’hydrogène vert et de stockage d’énergie aideront le Royaume à atteindre ses objectifs énergétiques.



Economie verte: Le MEPC met en évidence les solutions climatiques au Maroc
Au cours des dix dernières années, le Maroc s’est transformé en un leader de l’électricité renouvelable et est classé premier pays MENA sur l’indice Green Future du MIT. A ce sujet, le MEPC (Middle East Policy Council), basé à Washington, a interviewé récemment Saïd Mouline, directeur général de l’Agence Marocaine de l’Efficacité Energétique (AMEE), pour faire le point des derniers développements dans le paysage des énergies renouvelables au Maroc et de sa vision expansive de l’économie verte émergente.

M. Mouline a souligné, ainsi, que le changement majeur dans la politique énergétique du Maroc s’est produit en 2009 lorsque SM le Roi avait donné ses Hautes instructions pour accorder la priorité aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique, avec le soutien d’agences dédiées à cet effort.

« A cette époque, le Centre des énergies renouvelables (ADEREE), créé en 1982, devient une nouvelle agence dédiée aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique. L’agence a de nouveau changé en 2016, pour se concentrer exclusivement sur l’amélioration de l’efficacité énergétique et est connue sous le nom d’AMEE. Notre pivot actuel est vers une implication accrue dans l’économie verte. En plus de l’AMEE, il existe une agence dédiée aux projets solaires et éoliens à grande échelle, l’Agence marocaine pour l’énergie durable (MASEN). Nous avons également d’autres agences de recherche et développement, comme l’Institut de Recherche pour l’Energie Solaire et les Energies Nouvelle (IRESEN) », a expliqué le patron de l’AMEE.

« Aujourd’hui, nous créons non seulement des projets liés aux énergies renouvelables mais avons une stratégie plus large avec des objectifs à atteindre. Par exemple, en 2009, nous avons fixé l’objectif d’atteindre 42% de capacité d’énergie renouvelable en 2020. Aujourd’hui, l’objectif est de 52% de capacité d’ici 2030 », a-t-il expliqué.

Le secteur privé impliqué dans les projets énergétiques, éoliens et solaires

M. Mouline a noté, en outre, que tous les projets énergétiques, éoliens, solaires et même ceux liés aux énergies fossiles, sont développés aujourd’hui par le secteur privé. « Attirer des financements verts pour ces projets est également essentiel, et nous avons réussi à obtenir des investissements dans les technologies propres de la Banque mondiale », a-t-il indiqué.

Autre élément soulevé par l’interviewé : Le Maroc a récemment créé un cluster hydrogène avec le gouvernement, le secteur privé et les universités pour atteindre 100% d’électricité à partir de sources renouvelables d’ici 2050. Il pense qu’il est possible d’atteindre cet objectif « car c’est devenu économiquement possible ».

« Avant, il était limité par l’intermittence des énergies renouvelables, mais ce n’est plus le cas. Nous pouvons atteindre 100% d’énergies renouvelables tout en éliminant également toute utilisation de combustibles fossiles pour le transport… Pour la transition énergétique des transports, le développement des nouvelles technologies et de l’hydrogène est essentiel. La filière hydrogène offre de nombreuses opportunités pour accélérer la transition énergétique et réduire drastiquement les émissions. Si nous pouvons produire des molécules vertes - hydrogène, ammoniac, méthanol », a-t-il ajouté.

Les opportunités d’investissement international

M. Mouline estime que les opportunités d’investissement dans les énergies renouvelables sont nombreuses au Maroc. « Si vous regardez la carte du Maroc pour les projets éoliens et solaires, il y a un potentiel énorme. Avant, nous étions dépendants à 95 pour cent des importations de combustibles fossiles, mais plus maintenant en raison de projets renouvelables. Il s’agit d’un changement économique fondamental et d’opportunité », a-t-il fait observer.

Dans la même veine, il a noté que davantage d’entreprises américaines sont impliquées aujourd’hui. Nous avons un accord de libre-échange avec les États- Unis. « Nous avons également des incitations, par exemple, il y a 30% de subventions pour aider les PME à investir dans la décarbonation », a-t-il dit.

Et d’ajouter qu’il existe également des opportunités au-delà du développement des énergies renouvelables pour les entreprises américaines. « Les transports durables, l’efficacité énergétique, l’économie circulaire et l’agriculture verte devraient également être pris en compte en plus des énergies renouvelables », a-t-il noté.

Le patron de l’AMEE a relevé également que le Maroc aura, à l’avenir, 100% d’énergie suffisante et pourra exporter même de l’hydrogène vert et de l’électricité vers l’Europe. « Nous suivons un projet entre l’Australie et Singapour où ils prévoient d’avoir une centrale solaire exportant de l’électricité verte vers Singapour avec plus de 4800 km de câbles. Le Maroc est nettement plus proche de l’Europe que l’Australie ne l’est de Singapour, et nous avons aujourd’hui des projets en discussion pour exporter de l’électricité verte vers les pays européens », a-t-il fait savoir.

M. Mouline a indiqué, par ailleurs, que le Maroc est le premier producteur d’engrais phosphatés, et le secteur a mis en place une politique productive forte pour être neutre en carbone en 2040. « Déjà, 80% de l’énergie de l’industrie provient des énergies renouvelables, et il existe une politique de gestion de l’eau et des déchets ».

Les menaces pour la politique climatique au Maroc

Répondant à la question suivante:« Quelles sont les plus grandes menaces pour la politique climatique au Maroc ? », M. Mouline a affirmé : « Au début de la pandémie, lorsque les prix du brut ont baissé à moins de 20 dollars le baril, certaines personnes ont préconisé une utilisation accrue du pétrole. Mais nous devons faire très attention à ce genre de décisions. Il est important d’être cohérent et de poursuivre nos politiques énergétiques. Nos initiatives ne concernent pas seulement le prix des combustibles fossiles, elles s’attaquent au changement climatique et créent des emplois propres et durables dans le domaine. Nous sommes assez optimistes sur le fait que la baisse du prix des énergies renouvelables et les progrès rapides de la technologie en matière d’hydrogène vert et de stockage d’énergie aideront le Maroc à atteindre ses objectifs énergétiques ».
 

Les exportateurs marocains doivent se préparer au MACF

Le parlement européen a voté, le 10 mars 2021, une résolution sur le Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) de l’UE. Un instrument dont l’entrée en vigueur est prévue en 2023, et qui devrait permettre d’élargir le champ de la politique climatique européenne aux importations. Au Maroc, plusieurs secteurs d’activité sont concernés par cette nouvelle mesure. Il s’agit notamment de l’électricité, l’automobile, la parachimie et les fertilisants... « A ce titre, nous avons multiplié les partenariats avec les entreprises expertes dans ce domaine tel que le Bureau Véritas Maroc, afin de proposer à nos membres des solutions qui leur permettront de s’aligner sur les exigences internationales et maintenir leurs parts de marché », avait déclaré Hassan Sentissi El Idrissi, président de l’ASMEX, lors d’un webinaire organisé en mai dernier sur le Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières de l’UE pour les exportations marocaines.

  


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