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Economie du Sport: Une branche prometteuse où tout reste à faire


Rédigé par Mohamed Elkorri le Mardi 30 Août 2022

Le sport au Maroc pèse 0,5% du PIB du pays, alors que la moyenne mondiale est de 2%. Ceci pousse vers une redéfinition de la trajectoire de la contribution du sport dans la hausse du PIB et la création de la richesse et de l’emploi.



Les échos des activistes, médias et même acteurs économiques se multiplient depuis que le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a rendu public un rapport intitulé «L’économie du sport : un gisement de croissance et d’emplois à mettre en valeur», analysant le sport en général au Maroc, mais d’un point de vue économique. Le principal constat émis par l’instance présidée par Ahmed Réda Chami est que le Maroc dispose d’un important capital humain, qui pourrait hisser le sport en un véritable levier économique. Le sport, ont démontré les expériences ailleurs dans le globe, peut générer d’importants bilans financiers, outre à contribuer à créer davantage de postes d’emploi. 


Les résultats de la consultation qui a été menée auprès de 69397, font ressortir globalement la perception des participants par rapport au sport au Maroc, les raisons qui les empêchent d’assister aux spectacles sportifs ainsi que leurs avis par rapport à la détection de talents et aux terrains de proximité. En outre, les résultats du questionnaire ont démontré que plus de 50% des répondants pratiquent le sport régulièrement, et environ 12% témoignent même participer aux compétitions sportives. En revanche, 30% du total des répondants affirment le pratiquer rarement.


Ceci dit, le sport au Maroc n’a pas la même attractivité économique comme ailleurs en Europe, preuve à l’appui, les investisseurs ne lorgnent presque jamais ce secteur, car il dispose d’un cadre juridique ne permettant pas de les attirer et d’augmenter ensuite les ressources financières. «Nous pouvons alors faire du sport un levier de création de richesse au Maroc, en reconnaissant cette filière à l’instar d’autres filières (le textile, l’industrie agroalimentaire, etc.), et encourager l’investissement et l’entrepreneuriat dans le domaine tout en mettant des dispositifs réglementaires et juridiques dans ce sens», indique l’expert en économie du sport, Ayoub Ait Atman, alumni de l’École nationale de commerce et de gestion (ENCG).


Toutefois, la contribution financière de l’Etat dépasse les 3 milliards de dirhams (MMDH) par an, soit la contribution étatique la plus importante en Afrique, et les résultats générés sont en deçà de ceux d’autres pays ayant dépensé moins que le Maroc. Ce qui est certain, et vu l’absence des statistiques sur le sport au Maroc sauf quelque 350.000 licenciés auprès de différentes fédérations du pays, soit 1% de la population, c’est que la pratique du sport est en progression graduelle depuis des années, surtout après le déclenchement de la crise sanitaire mondiale, l’humain a ressenti l’importance du sport durant les confinements.


Il faut donc prévoir une réorganisation opportune pour la valeur économique du sport. Elle nécessite des plans d’action pour pérenniser les recettes générées dans ce secteur, à travers notamment l’instauration d’un cadre organisationnel adapté que ce soit en termes de régulation ou de disponibilité d’infrastructures et de ressources humaines spécialisées.

A cet effet, Ait Atmane souligne qu’il y a un travail énorme à faire en ce qui concerne la perception de toutes les parties prenantes en faveur du sport. «Au Maroc, nous considérons toujours que le sport est un outil d’épanouissement, de compétition ou un instrument qui permet de protéger la santé dans les meilleurs des cas. Cependant, le sport aujourd’hui - partout dans le monde - a pu prouver sa pertinence comme étant un levier de développement et de développement durable sur le plan social et économique. Changer cette perception sur le sport peut se réaliser par un vrai travail de plaidoyer et de mise en valeur des meilleures pratiques à l’échelle nationale et internationale, qui prouvent que le sport peut contribuer au développement économique du Royaume», analyse-t-il.


 

- Quels sont les scénarios les plus rentables à mettre en place pour que le Maroc fasse du sport un secteur essentiel pour sa croissance économique ?

- L’économie sportive est une économie hétérogène, puisqu’elle implique plusieurs niveaux de contribution dans sa gestion. D’où il est très nécessaire d’œuvrer pour borner cette économie et comprendre ses composantes. À titre d’exemple, une entreprise spécialisée dans la communication digitale peut s’occuper d’un marché lié au sport, et qui ne constitue pas la plus grande partie de son actif, elle est donc en train de contribuer dans cette économie, et il ne faut pas la négliger au profit des agences de communication spécialisées dans le domaine sportif.

Ceci sans parler du secteur informel qui est très difficile à mesurer. Dans ce sens, et relativement au poids de cette économie, nous sommes en mesure d’établir des indicateurs clés qui nous permettent de suivre la rentabilité de cette filière. Il faut maintenant prendre des mesures concrètes en portant de l’intérêt à ce secteur, améliorer la réglementation y relative, mettre en place des mesures d’encouragement à l’investissement dans le sport, et valoriser l’attractivité du secteur vis-à-vis des porteurs de projets, tout en encourageant l’entrepreneuriat dans les secteurs liés au sport et autour du sport. Ainsi que coopérer sur des secteurs où le Maroc excelle déjà, comme le tourisme, et le lier au sport. Nous pourrons prendre, à titre d’exemple, le Switch vers les sociétés sportives par les clubs de Football au Maroc qui est aujourd’hui une action concrète pouvant promouvoir l’investissement dans les clubs marocains, et améliorer l’attractivité de notre ligue.


- A-t-on aujourd’hui les atouts nécessaires pour cette révolution dans le sport ?

- Évidemment, plusieurs atouts jouent en faveur du Maroc pour faire du sport un levier de développement économique. Tout d’abord la politique industrielle du Royaume qui pourra encourager l’industrie dans le sport (textile sportif, fabrication du matériel, etc.). La qualité de formation et la main d’œuvre dans plusieurs secteurs qui peuvent être liés au sport, mais principalement l’engouement des Marocains et Marocaines pour l’activité physique et sportive. Nous disposons d’une très bonne base de pratiquants et de consommateurs des produits liés au sport et/ou autour du sport.

- Existe-il une catégorie spécifique des jeunes pour ce levier ?

- Je crois très fort que chaque jeune peut trouver sa place dans cette industrie. Au contraire, l’industrie sportive peut être capable d’intégrer des jeunes qui sont éloignés du marché de l’emploi (jeunes en situation de NEET par exemple), mais qui disposent d’un énorme potentiel sportif, à condition de bien les outiller et les former.








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