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Du vert au rouge, les précieux indices sur l’état de vigueur du Maroc


Rédigé par Malak EL ALAMI Jeudi 28 Décembre 2023

Le Royaume a engrangé quelques points positifs dans des domaines cruciaux tels que la sécurité, la défense militaire, le tourisme et la transition énergétique, tandis qu’il a dû malheureusement perdre beaucoup d’autres. Des constats confortés dans la dernière édition du Tableau de bord stratégique de l’Institut Royal des Etudes Stratégiques (IRES), lequel analyse l’évolution du positionnement international du Maroc à travers 204 indicateurs.



Du vert au rouge, les précieux indices sur l’état de vigueur du Maroc
Une nation paisible

Dans le tumulte d'une région souvent agitée, le Maroc s'est hissé en 2023 dans le top 7 des pays les plus paisibles d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Une vigueur sécuritaire renforcée, illustrée par une position avancée dans l'Indice global de terrorisme. C'est cette excellence qui a conduit le Maroc à être choisi comme partenaire pour l’ouverture du Bureau Programme des Nations Unies pour la lutte contre le terrorisme et la formation en Afrique, désormais premier du genre au niveau du continent.

La puissance du Royaume s’est affirmée également dans la modernisation et le développement de ses forces armées, lui valant une ascension notoire dans le classement mondial de la puissance militaire. Le Maroc, selon l'Institut "Global Firepower", s’est positionné en 2023 à la 61ème place mondiale sur 145 pays et à la 7ème place en Afrique, renforçant ainsi la stabilité régionale et son rôle en tant qu'acteur de paix mondiale.

Dans le domaine de la finance, le Maroc s'est engagé dans une lutte implacable contre le blanchiment d'argent. Une détermination qui a trouvé écho dans la reconnaissance internationale, avec le retrait glorieux de la liste grise du GAFI en février 2023. 

Vers un avenir vert

La patrie a résolument progressé vers un avenir durable, avec une part des énergies renouvelables atteignant 38% en 2022, comparée à 14% en 2009. Le Maroc s’est également distingué dans la lutte contre le changement climatique, encourageant l'utilisation d'énergies propres.

Dans les arcanes économiques, le Maroc s'est hissé en tant que destination attractive. L'outsourcing et le climat des affaires ont propulsé le pays au sommet, avec une amélioration significative selon l'Indice "Best Countries for Business". Le Royaume a gagné ainsi 35 places entre 2007 et 2019 grâce à l’amélioration du climat général des affaires, s’accaparant la deuxième place dans les meilleures destinations africaines dans le domaine de l’outsourcing.

Outre l’économie, le Royaume a conquis les cœurs touristiques, figurant parmi les trois meilleures destinations, selon Lonely Planet et enregistrant une croissance notable dans les recettes touristiques.

Aussi, parmi les progrès tangibles qui ont été accomplis, le Maroc a enregistré une forte amélioration dans le taux d’accès aux réseaux publics d’électricité. La politique d’électrification rurale a permis, en grande partie, de généraliser l’accès de la population au réseau électrique. Ainsi, le lancement du Programme d'Electrification Rurale Global (PERG) en 1996 a eu pour effet de quadrupler le taux d’électrification rurale sur la période 1996-2021.

Ces chapitres, bien que marqués par des réussites, soulignent également les défis persistants. Le repli du positionnement international du Maroc concerne autant de questions telles que la disponibilité des ressources en eau, la qualité du système éducatif, la situation des finances publiques, la croissance économique, les inégalités de revenu, le bonheur chez les citoyens.
 
Éducation, un chemin escarpé

L'éducation, pierre angulaire du développement, expose des zones d'ombre dans le tableau de bord marocain. Les indices internationaux, tels que PIRLS et TIMSS, dévoilent un positionnement en-deçà de la moyenne mondiale, avec des scores de 358 en 2016 et 383 en 2019. La qualité du système éducatif reste encore un grand défi qui nécessite des réformes profondes.

Dans le paysage de la recherche et du développement (R&D), les ressources humaines et financières y allouées restent en deçà des standards. Pour s'affirmer sur la scène mondiale, le Maroc doit investir davantage dans la recherche pour déverrouiller son potentiel innovant, préconise l’institution. Dans la même veine, les efforts déployés dans la lutte contre l’analphabétisme n’ont, toutefois, pas encore permis d’enrayer ce phénomène, lequel affecte toujours la compétitivité du Maroc et reste un handicap pour son positionnement international au titre des indicateurs de développement humain, souligne l’IRES.
 
Inégalités et bonheur

Bien que les inégalités de genre connaissent une tendance à la baisse, le Maroc demeure parmi les pays les plus touchés par ce fléau. Les femmes, en dépit de légères améliorations, voient leur participation au marché du travail diminuer. Le combat pour l'émancipation politique totale des femmes reste une entreprise ardue, exigeant des actions décisives pour réduire ces disparités persistantes, explique-t-on.

En matière de bonheur aussi, les inégalités explosent. L'indice mondial du bonheur place le Maroc dans une position défavorable. Les politiques publiques dédiées à l'amélioration de la qualité de vie peinent à produire des résultats tangibles, regrette l’IRES.
 
L’eau en péril

La question cruciale de l'eau révèle un Maroc en proie à des risques climatiques grandissants, de la sécheresse aux inondations. La gestion de cette ressource devient impérative, avec le "capital eau" par habitant approchant dangereusement du seuil de pénurie (500 m3/habitant/an).Le Maroc devrait gérer la ressource hydrique en tant que "bien commun", recommande l’IRES, en encourageant la sobriété hydrique, en adoptant l'approche NEXUS (eau, énergie, agriculture, écosystèmes).

Alors que le Maroc poursuit son ambition de croissance économique, des inégalités persistantes se dessinent en filigrane. L'indice de Gini a révélé une légère augmentation entre 1998 et 2021, rappelle l’Institut. Cette observation met en exergue l'urgence de politiques inclusives pour que la croissance puisse profiter équitablement à tous les segments de la société.

Cependant, ce défi s'étend au marché de l'emploi, où malgré une légère baisse du taux de chômage au cours de la dernière décennie, des disparités subsistent. Les jeunes, les diplômés et les femmes restent les plus touchés, par un taux de chômage accru de 2,1 points entre le troisième trimestre de l'année 2022 et celui de 2023, passant ainsi de 11,4% à 13,5%.

La croissance économique du Maroc a ralenti, passant de 4,4% par an entre 1999 et 2008 à seulement 2,1% de 2009 à 2022. Cette situation est aggravée par les récentes tensions inflationnistes liées à des événements mondiaux tels que la guerre en Ukraine. La hausse des prix de l'énergie et des produits importés se traduit par un taux d'inflation moyen de 2009 à 2022.

Parallèlement, les secousses mondiales ont conduit à un endettement public élevé, atteignant environ 70% du PIB à la fin de 2022. Ainsi, le Maroc doit naviguer avec prudence dans ces eaux financières agitées pour garantir une stabilité économique durable.








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