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Environnement

Développement durable : les femmes entreprenantes au chevet des ODD


Rédigé par Oussama ABAOUSS le Dimanche 11 Octobre 2020

L’antenne marocaine de la Plateforme Mondiale des Femmes Entreprenantes a bouclé sa première édition du Festival International Éclaté et Régionalisé des Objectifs de Développement Durable.



Développement durable : les femmes entreprenantes au chevet des ODD
La pandémie et les restrictions de voyages n’ont pas empêché les militantes de PLAMFE Maroc (Plateforme Mondiale des Femmes Entreprenantes) d’organiser la toute première édition du FIER-ODD (Festival International Éclaté et Régionalisé des Objectifs de Développement Durable). L’événement en ligne qui était initialement prévu du 25 au 27 septembre s’est finalement prolongé jusqu’au 3 octobre en raison du nombre important de participants. « C’est un événement qui avait pour objectif de partager les expériences de femmes issues de différents pays avec un focus spécial sur les femmes africaines. L’idée a été de prospecter les moyens et les bonnes pratiques qui permettent de réaliser les Objectifs de Développement Durable, en général, et ceux qui touchent les femmes en particulier », explique Rajaa Belfkih, présidente de PLAMFE-Maroc et secrétaire générale de PLAMFE-Monde.

Femmes et développement durable
« Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles ». Ainsi s’articule l’objectif 5 de l’agenda 2030 des Objectifs de Développement Durable. Les liens entre égalité des sexes, autonomie des femmes et développement durable ne sont pas toujours évidents à première vue. Pourtant, l’objectif 5 est considéré par beaucoup d’experts comme un axe fondamental pour combler les écarts entre les hommes et les femmes, lutter contre la pauvreté et améliorer les chances de voir émerger une croissance économique durable. « Le développement durable et l’impact social des activités ont toujours été au coeur de nos  préoccupations au sein de la PLAMFE. Cette préoccupation a été accentuée durant la crise sanitaire, vu ses impacts énormes et ses répercussions d’ordre social et économique, où les femmes sont les plus touchées, surtout dans notre continent africain », souligne Rajaa Belfkih.

Échange et solidarité féminine
Avant de se concrétiser, le Festival International Éclaté et Régionalisé des Objectifs de Développement Durable a d’abord été une promesse formulée par la PLAMFE le 31 juillet dernier en marge de la journée internationale de la Femme Africaine « JIFA 2020 ». Chose promise, chose due, le festival s’est déroulé tout au long de la semaine dernière avec la participation de près de 23 intervenants affiliés à divers organismes. « Pour cette première édition, nous avons également orienté nos actions vers l’objectif N° 17 des ODD relatif aux partenariats  », explique la présidente de PLAMFE-Maroc qui souligne que plusieurs jours après la clôture du festival, sa plateforme continue à recevoir des propositions de partenariats émanant de diverses régions du globe. L’autre résultat tangible de l’événement en ligne est la synthèse des recommandations qui ont été formulées par les divers participants à travers les échanges et partages d’expériences qui ont parsemé l’organisation du festival.

Besoin d’un tableau de bord mondial
« Dans plusieurs pays et notamment ceux du Sud, les données sur l’Objectif de Développement Durable 5 sur l’égalité des sexes sont peu disponibles. Cela empêche les citoyens de savoir dans quelle mesure leur pays progresse vers la réduction de la discrimination et de la violence à l’égard des femmes et vers une véritable égalité dans des domaines tels que l’éducation, le lieu de travail, l’entrepreneuriat et la participation politique », expliquent les organisateurs dans leur synthèse des recommandations. « Pour palier à cette situation, les participants ont formulé le souhait de voir se faire, dans chaque pays, une évaluation annuelle de l’ODD numéro 5, puis de rendre publics les résultats de ces évaluations », explique Rajaa Belfkih. Plusieurs autres recommandations d’ordre international ont également été formulées avec notamment la proposition de créer un programme d’éducation transformatrice visant l’engagement des citoyens dans l’amélioration de l’éducation de chaque pays ou encore la suggestion d’adapter les politiques de taxation et de fiscalité pour faciliter l’accès au financement des projets inscrits dans  l’agenda des ODD.
 
Oussama ABAOUSS

3 questions à Rajaa Belfkih, présidente de PLAMFE-Maroc

Rajaa Belfkih
Rajaa Belfkih
« L’événement a dépassé nos attentes en termes de résultats »

Secrétaire générale de la Plateforme Mondiale des Femmes Entreprenantes (PLAMFE-Monde) et présidente de PLAMFE-Maroc, Rajaa Belfkih a répondu à nos questions.

- Selon vous, l’ODD 5 relatif à l’autonomisation des femmes est-il assez concrétisé au Maroc ?
- D’après ce que nous avons constaté à travers notre travail sur le terrain, il existe un nombre considérable de femmes marocaines qui arrivent -sans toujours le savoir- à concrétiser un certain degré de réalisation des ODD. Notre rôle, justement, est de les sensibiliser que leurs actions entrent dans le cadre de la réalisation des ODD, en général, et ceux qui ciblent la femme en particulier. Notre mission passe également par la mise en place de procédés qui permettent l’échange des bonnes pratiques et la réplication des expériences réussies.

- Quel bilan faites-vous de cette première édition du FIER ?
- L’événement a dépassé nos attentes en termes de résultats. Malgré quelques défis techniques, nous avons réussi à avoir les interventions de plusieurs participants qui ont d’ailleurs tous salué l’opportunité de partage d’expérience que cette rencontre leur a offert. Ça nous a motivés encore plus pour redoubler d’efforts d’ici 2030.

- Quelles sont les prochaines étapes de votre engagement pour les ODD ?
- Pour l’instant, nous préparons avec nos partenaires une formation en ligne pour le renforcement des capacités des femmes en Afrique. Cela dit, en tant que plateforme qui construit des synergies entre les différentes parties prenantes, nous comptons continuer à mettre en place des actions de sensibilisation, de formation et d’accompagnement. Pour cela, les principes du Mentoring et du Networking seront des axes fondamentaux pour atteindre un résultat tangible sur le terrain.

Recueillis par O. A.

 

Encadré

International : Le Maroc souligne la nécessité de consacrer l’égalité hommes-femmes 
Jeudi 1er octobre, en marge d’une réunion organisée par les Nations Unies pour célébrer le 25ème anniversaire de la quatrième Conférence mondiale sur les Femmes de Beijing, le Maroc a exprimé le voeu que les inégalités entre les femmes et les hommes deviennent une chose du passé. Le ministre marocain des Affaires Étrangères Nasser Bourita a rappelé à l’occasion que la conférence de Beijing a marqué un tournant dans le programme international pour l’égalité femmes-hommes, en ce sens que la Déclaration et le Plan d’action adoptés à cette occasion sont à l’égalité de genre ce que l’agenda 2030 est au développement durable. « A la différence près que les Objectifs de Développement Durable sont aussi porteurs d’un agenda en faveur de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes puisqu’il s’agit non seulement d’un objectif à part entière (ODD5) mais également d’une partie intégrante de chacun des 17 ODD », a-t-il relevé, notant que la commémoration de cet anniversaire est surtout un moment d’évaluation où « les résultats sont mitigés ». « Certes, des efforts considérables ont été réalisés. Cependant, aucun pays ne peut se prévaloir d’avoir atteint une égalité totale. D’autant plus que nous ne sommes jamais à l’abri d’un retour en arrière. La pandémie du Coronavirus a accentué cette réalité, en fragilisant davantage la situation des femmes et des filles. Elle a rappelé que les droits des femmes sont une conquête permanente et que ces mêmes droits sont les premiers à être remis en cause en cas de crise », a souligné M. Nasser Bourita.

Repères

«Dividende entre les sexes»
Un rapport du Groupe de la Banque Mondiale publié la veille du 8 mars 2020, Journée internationale de la femme, montre que le monde pourrait réaliser un «dividende entre les sexes» de 172 milliards de dollars en comblant les écarts de revenus du travail à vie entre les femmes et les hommes. L’étude constate que si les femmes gagnaient autant que les hommes, la richesse du capital humain mondial pourrait augmenter d’environ un cinquième, et la richesse du capital humain des femmes pourrait augmenter de plus de la moitié.
Femmes et crise sanitaire
Une note publiée par le HCP en juillet dernier précise qu’il est primordial de tenir compte des vulnérabilités spécifiques des femmes. Le Haut Commissariat au Plan a par ailleurs insisté sur la nécessité d’engager les femmes dans la réponse à la crise sanitaire qui risque d’aggraver les inégalités de genre. Le HCP a ainsi souligné l’importance « d’inclure les femmes dans la prise de décision et la conception des programmes de soutien, pour promouvoir l’égalité des sexes dans les mesures budgétaires, d’amortissement et de relance ».

  


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