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Décès du petit Rayan : Epilogue tragique et symbole d'une unité jamais égalée


Rédigé par Kawtar CHAAT le Lundi 7 Février 2022

Les messages de condoléances se succèdent après le décès de Rayan, un garçonnet de 5 ans resté coincé, pendant 5 jours, au fond d’un puits de 32 mètres de profondeur et de 45 cm de diamètre, après une chute accidentelle. Désormais, le nom du petit enfant est symbole de solidarité et de tolérance.



Les laborieux efforts des secouristes marocains qui tentaient le tout pour le tout pour sauver le petit Rayan n’auront pas suffi. Le corps sans vie du petit garçon a été finalement extrait dans la soirée du 5 février, après 5 jours d’excavation. Les millions de personnes ayant suivi à bout de souffle les constantes mises à jour de l’opération de sauvetage ont présenté leurs condoléances et messages de compassion pour soutenir la famille du défunt et les personnes qui ont oeuvré sans répit pour sauver la vie de l’enfant. Une vague d’hommages s’est déclenchée à la suite de l’annonce du décès du petit garçon. Entre anonymes et célébrités, politiciens, sportifs et artistes, ils étaient des dizaines de milliers à réagir sur les réseaux sociaux.

La politique mise de côté, Rayan «symbole de solidarité»

Le chef du gouvernement Aziz Akhannouch a présenté ses condoléances via Facebook, tandis que le ministre de l’Equipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a écrit sur Twitter : « C’est avec un grand chagrin et une profonde tristesse que j’ai appris la nouvelle du décès de l’enfant Rayan». Le président français Emmanuel Macron a écrit sur Facebook : « Je veux dire à la famille du petit Rayan et au peuple marocain que nous partageons leur peine ».

En France, plusieurs personnalités politiques ont également réagi à la triste nouvelle, à l’image de Thomas Portes, engagé à gauche, ou même Isabelle Balkany. Le nom de Rayan est le sujet le plus partagé sur Twitter depuis trois jours. « En mon nom et au nom du gouvernement israélien, je présente nos sincères condoléances à la famille de Rayan, au peuple marocain et à Sa Majesté le Roi Mohammed VI », a très vite réagi le Premier ministre Naftali Bennett sur Twitter. Mohamed Ahmed al-Tayeb, imam d’al-Azhar, a également présenté ses condoléances à la famille endeuillée et au peuple marocain.

Dans un message sur son compte Twitter, le Premier ministre des Émirats Arabes Unis et Emir de Dubaï, Cheikh Mohammed bin Rashid al-Maktoum, a présenté ses sincères condoléances et sa sympathie à la famille de Rayan. Il a également présenté ses condoléances au « peuple marocain frère, et à toute l’humanité qui a pleuré la perte de Rayan. Que Dieu ait pitié de lui et le loge dans Son Vaste Paradis ».

En Algérie, malgré le mutisme des officiels, les réseaux sociaux se sont enflammés de messages de soutien. Les divisions politiques et les rivalités, notamment avec le voisin maghrébin, semblent avoir été temporairement mises de côté alors qu’un torrent de voeux, de prières et de messages de soutien à la famille de l’enfant a dominé les gros titres et les réseaux sociaux dans le monde entier.

Les sportifs pleurent le garçonnet marocain

Parmi les sportifs, la mort du petit enfant a provoqué une quantité inédite de réactions et d’hommages venus de tous les pays et dépassant largement le Maroc et le monde arabe. « Toutes mes sincères condoléances à la famille et aux proches. Pensée au peuple marocain pour ses efforts multiples et solidarité sans relâche. Repose en Paix petit ange», a écrit l’ancien sélectionneur du Maroc Hervé Renard sur les réseaux sociaux. «Le courage de Rayan restera dans nos mémoires et continuera de nous inspirer. Le dévouement du peuple marocain et des secouristes également», a écrit l’international algérien du Milan AC, Ismaël Bennacer, dans un tweet. Achraf Hakimi, l’arrière droit de l’équipe nationale marocaine, a lui aussi adressé un message au jeune Rayan.

En outre, FC Barcelona, Chelsea FC, Raja Club Athletic, Wydad Athletic Club ont adressé des messages de soutien à la famille du défunt.

Bouleversées, les stars rendent un vibrant hommage

Outre les artistes marocains, les chanteuses Vitaa, Sherine Abdel Wahhab, Assala Nasri et Elissa Khoury ont également très vite réagi après la disparition du jeune Rayan. Particulièrement touché par cette histoire au dénouement tragique, Gad Elmaleh a réagi sur les réseaux sociaux, tout au long du terrible événement qui bouleverse la Toile.

«Malgré la mobilisation incroyable de ces centaines de personnes et les prières venues du monde entier, le petit Rayan est mort. Puisses-tu reposer en paix»,écrit l’animateur de TF1. Sur Twitter, la romancière maroco-américaine Laila Lalami a également réagi : «Tout ceci est tellement tragique ».

Pour sa part, l’homme d’affaires saoudien Houssain Mohammed Hijaz offre aux parents de Rayan une Omra gratuite, billets d’avion et chambres d’hôtel payés.

Le nom du petit Rayan à la Une de médias internationaux

L’incident a attiré une attention croissante à l’échelle internationale. Des centaines de milliers de personnes à travers le monde arabe se sont connectées aux flux en ligne pour regarder l’opération de sauvetage en direct. Des chaînes d’information comme Al Jazeera et la BBC ont couvert l’incident, consacrant leur temps d’antenne à une diffusion en direct.

Al Jazeera a chargé une équipe de nouvelles sur place pour fournir des mises à jour en direct sur la situation. L’Arabie Saoudite et les Emirats se sont également focalisés sur la triste histoire, Gulf News, Arab News et le journal qatari The Peninsula ont fourni des mises à jour régulières.

En effet, l’opération de sauvetage a une fois de plus montré le lien profond entre les peuples marocain et algérien. Alors que les dirigeants du pays voisin continuent d’être enfermés dans la rivalité, le sort de Rayan a vu une vague de soutien et de sympathie de la part du peuple algérien. Les médias locaux ont rapporté des développements importants au fur et à mesure que l’histoire se déroulait. L’horrible histoire de l’enfant a fait la Une des médias en Egypte. Egypt Today a partagé un message de soutien de l’ambassade d’Egypte au Maroc, tandis que le média Sada Elbalad a rendu compte de la chronologie de l’opération de sauvetage.

Les inquiétudes concernant le sort de Rayan ont également fait la Une des journaux au Liban, où le média LBC Group a rendu compte de la progression de l’opération de sauvetage. En France également, France 24 a suivi les différentes péripéties de l’incident, ainsi que les réactions du peuple français suite au tragique épilogue.

Dans le Golfe, les médias ont suivi chaque seconde du déroulement de l’événement, avec plusieurs flux d’actualités en direct rendant compte de chaque développement, serait-il mineur, des opérations de sauvetage. Les non-arabophones du grand Moyen-Orient ont également été émus, le Times of Israel fournissant des détails sur les « étapes finales éprouvantes pour les nerfs » de l’opération de sauvetage.

Aux confins du grand Moyen-Orient, les médias turcs ont fait état de la «course contre-la-montre» à laquelle étaient confrontés les sauveteurs, tandis que TRT a détaillé les difficultés rencontrées par les autorités locales dans l’opération de sauvetage. Enfin, en moins de trois jours, dans la région de Chefchaouen, qui était auparavant l’une des régions les plus sereines du monde, la souffrance de l’enfant de 5 ans et les vaillants efforts pour le libérer ont rassemblé les gens dans un sens partagé de l’humanité.



Kawtar CHAAT

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Décès du petit Rayan : Epilogue tragique et symbole d'une unité jamais égalée

Médias


Le CNP appelle les journalistes au respect de la déontologie
 
Le Conseil National de la Presse (CNP) a appelé au respect de la déontologie journalistique lors de la médiatisation des opérations de sauvetage de l’enfant Rayan. Le Conseil a déclaré dans un communiqué qu’il suit «avec profond regret certaines pratiques ignobles qui ont émaillé la couverture médiatique des opérations de sauvetage de l’enfant», dénonçant les «nombreuses violations à la Charte de déontologie du journalisme, commises par des journaux électroniques qui ont fait litière des principes humanitaires contenus dans ladite Charte».

Certains journaux en ligne ont interviewé des membres de la famille de Rayan afin d’augmenter le nombre de vues, relève le CNP, notant que l’exploitation de la situation psychologique de la famille, en posant des questions antipodales à la déontologie journalistique, est une activité purement commerciale qui profite de la confusion et du désarroi qui tourmentent les proches.

Le CNP souligne que les entreprises de presse, journalistes et professionnels «sont tenus de respecter ces principes, particulièrement en temps de crises et de catastrophes qui ne doivent, en aucun cas, s’ériger en source de gain matériel et de sensationnalisme mesquin pour augmenter le nombre de visionnages, entre autres méthodes visant à monnayer les drames humanitaires».
 

Décès de Rayan


Compassion Royale envers ses parents
 
Le petit Rayan tombé au fond du puits a été extrait samedi soir du tunnel qui conduisait à la poche où il était bloqué depuis plus de cinq jours. Malheureusement, l’enfant de cinq ans a rendu l’âme. «Suite au tragique incident qui a coûté la vie à l’enfant Rayan Aourram, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu Le préserve, a eu un appel téléphonique avec M. Khaled Aourram et Mme Ouassima Kharchich, parents du défunt décédé suite à sa chute dans un puits », a indiqué un communiqué du Cabinet Royal.

Sa Majesté le Roi a exprimé Ses plus vives condoléances et Sa sincère compassion à l’ensemble des membres de la famille du défunt en cette douloureuse épreuve, la volonté divine étant imparable, implorant le Tout-Puissant de l’accueillir en Sa Sainte Miséricorde et dans Son Vaste Paradis, et d’accorder patience et réconfort à sa famille. SM le Roi a assuré qu’il a suivi de près les développements de ce douloureux incident et qu’Il avait donné Ses Hautes Instructions aux autorités concernées pour prendre les mesures nécessaires et déployer tous les efforts possibles afin de sauver le petit Rayan, mais la volonté de Dieu étant imparable, l’enfant a répondu à l’appel du Très-Haut.

Le Souverain a exprimé Sa considération pour les efforts inlassables consentis par les différentes autorités, forces publiques et acteurs associatifs, ainsi que pour l’élan de solidarité et la large sympathie exprimés à l’égard de la famille du défunt par les différentes catégories et familles marocaines, dans cette douloureuse circonstance. En conclusion, Sa Majesté le Roi a assuré la famille du défunt de Sa Haute Bienveillance et de Sa Haute Sollicitude.
 

Cas similaires à travers le globe


La mort de Rayan au Maroc ravive les drames précédents dans le monde
 
Pendant cinq jours, les secouristes marocains ont tenté de sauver le petit Rayan, 5 ans, prisonnier d’un puits avant de rendre l’âme le samedi 5 février. Ce tragique incident rappelle plusieurs opérations de sauvetage qui avaient bouleversé la planète, et qui ont marqué durablement les esprits ces dernières années.


Julen en Espagne (2019)

Julen Roselló García, un garçon espagnol de deux ans, est tombé dans un puits étroit près de Totalán à Málaga, le 13 janvier 2019. Le puits, creusé illégalement, mesurait 110 m de profondeur et avait un diamètre de 25 cm. Pour effectuer un sauvetage, il a fallu forer un conduit parallèle d’un plus grand diamètre, dans une opération où plus de 300 personnes sont intervenues et 85.000 tonnes de terre déplacées. Mais les moyens exceptionnels mis en place n’ont pas suffi. L’autopsie a conclu que l’enfant était mort le jour de sa chute, près de deux semaines plus tôt. L’opération a reçu une couverture médiatique internationale.


Opérations de secours de la grotte de Tham Luang (2018)
Le 23 juin 2018, douze jeunes et leur entraîneur sont restés bloqués par la montée des eaux d’une rivière souterraine dans la grotte de Tham Luang Nang Non située dans la province de Chiang Rai en Thaïlande. Pendant 18 jours, le pays et le monde entier ont retenu leur souffle alors que les sauveteurs, 10.000 volontaires locaux et étrangers, se sont relayés pour tenter de les sauver. Au final, les adolescents, âgés de 11 à 16 ans, ont été sortis sains et saufs de la grotte, dormant sur des civières tirées par des plongeurs professionnels pendant des heures. Malheureusement, l’un des plongeurs qui tentait de les sauver est décédé pendant les opérations.


Omayra en Colombie (1985)
Les images de la jeune fille de 13 ans, dont l’agonie après une avalanche a été filmée par les caméras du monde entier, avaient bouleversé les esprits. En Colombie, en novembre 1985, l’éruption du volcan Nevado del Ruiz a provoqué d’importants glissements de terrain. Omayra Sanchez a été coincée jusqu’au cou par les débris de sa maison, les jambes bloquées par une dalle de ciment sous la boue. Sa souffrance, relayée par les médias du monde entier, a choqué la planète. Après soixante heures de combat, elle mourut d’épuisement.
 


K. Ch.