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Monde

Crise ukrainienne : Bruxelles et Washington planchent sur des sanctions sévères contre Moscou


Rédigé par La rédaction le Mardi 25 Janvier 2022

« Si l’escalade continue, on risque le plus important conflit terrestre depuis la 2ème Guerre mondiale ». Les USA et l’UE planchent sur des sanctions et Biden veut interdire le dollar aux banques russes.



Les Etats-Unis et les pays européens travaillent sur les sanctions à prendre en cas d’attaque de la Russie contre l’Ukraine. La réduction des achats de gaz et de pétrole, qui représentent respectivement 43% et 20% de l’approvisionnement de l’UE, et qui financent largement le budget russe, serait sur la table selon l’AFP, mais le sujet divise l’Union européenne. Une grande inconnue reste par ailleurs la position du tout jeune gouvernement de coalition allemand en cas d’escalade avec la Russie.

Côté américain, Joe Biden envisage d’interdire aux banques russes d’utiliser le dollar, devise reine des échanges internationaux. Le coup de pression de Washington sur Moscou ces deux derniers jours avec la demande dimanche au personnel de son ambassade en Ukraine d’évacuer le pays et le placement en état d’alerte élevée de 8.500 soldats américains vont-ils accentuer les tensions avec Moscou ou au contraire pousser à la désescalade ? Alors que les Etats-Unis assurent qu’une attaque de la Russie contre l’Ukraine peut intervenir «à tout moment» comme ils le soupçonnent depuis le déploiement de dizaines de dizaines de milliers de soldats russes à la frontière russo-ukrainienne, Moscou nie toute intention belliqueuse et dit défendre son droit à déployer comme il l’entend des soldats sur son territoire. Pour le Kremlin, la réaction de l’Otan prouve que la Russie est la victime, et non pas l’instigatrice, d’une agression.

Réunion entre Biden et les dirigeants européennes

En quête d’un front transatlantique uni, Joe Biden s’est entretenu dans une visioconférence avec le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Olaf Scholz, le Premier ministre italien Mario Draghi, le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg, le président polonais Andrzej Duda, le Premier ministre britannique Boris Johnson, le président du Conseil Charles Michel et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Cette réunion fut «très, très bonne», a déclaré le président américain devant des journalistes, indiquant qu’il y avait une «unanimité totale» sur la crise ukrainienne.

Selon la Maison Blanche, les dirigeants ont discuté d’efforts conjoints pour dissuader une agression russe supplémentaire contre l’Ukraine, dont les préparatifs pour imposer des conséquences massives et des coûts économiques importants à la Russie pour de telles actions.

En cas d’invasion, ils promettent des sanctions d’une sévérité inédite. La réduction des achats de gaz et de pétrole, qui représentent respectivement 43% et 20% de l’approvisionnement de l’UE, et qui financent largement le budget russe, est sur la table, a confié à l’AFP une source européenne. Mais si Biden pense qu’il y avait une «unanimité totale à l’issue de la visioconférence, le sujet ne divise pas moins l’Union européenne. Surtout que la position de l’Allemagne se démarque par un refus de livrer des armes à l’Ukraine, contrairement aux Etats-Unis, au grand dam de Kiev. Côté américain, Joe Biden envisage d’interdire aux banques russes d’utiliser le dollar, devise reine des échanges internationaux, ce qui porterait un coup très sévère à la finance et à l’économie réelle du pays.

L’Otan renforce le flanc Est de l’Europe

Le secrétaire général de l’Otan a déclaré ce lundi dans un communiqué que l’Alliance prendrait «toutes les mesures nécessaires pour protéger et défendre tous ses alliés, y compris en renforçant la partie orientale de l’Alliance». Jens Stoltenberg a déclaré par ailleurs que le renforcement du flanc oriental de l’Otan pourrait aussi s’effectuer via le déploiement de groupements tactiques dans le sud-est de l’Alliance. Pour l’heure, l’Otan compte environ 4.000 soldats de différents pays déployés en Estonie, Lituanie, Lettonie et Pologne, ainsi que des chars d’assauts, des défenses aériennes et des unités de renseignement et de surveillance. Selon l’Otan, le Danemark, l’Espagne, la France et les Pays-Bas étudient la possibilité d’envoyer des soldats, des navires ou des avions en Europe de l’Est.

A Paris, l’Elysée a fait savoir qu’Emmanuel Macron a dit lors de la visioconférence «sa vive préoccupation concernant la situation aux frontières de l’Ukraine, et la nécessité d’oeuvrer collectivement à une désescalade rapide». «Cette désescalade doit passer par l’expression de mises en garde fermes et crédibles à l’égard de la Russie, qui nécessite une coordination constante entre les partenaires européens et les alliés, et par un dialogue renforcé avec la Russie, que nous sommes en train de mener», est-il écrit dans un communiqué de la présidence française. Emmanuel Macron va s’entretenir dans les prochains jours avec le président russe Vladimir Poutine et avec le président ukrainien Volodimir Zelenski, a indiqué l’Elysée.

 


Quand se ferme la fenêtre diplomatique

 
Le New York Times affirmait dans son édition de lundi que Joe Biden pourrait envoyer entre 1.000 et 5.000 troupes en Europe de l’Est pour dissuader Moscou de s’engager dans une invasion sanglante. Une mesure insuffisante, estime Melinda Haring, dans un entretien sur 20minutes.fr. La directrice adjointe du centre pour l’Eurasie à l’Atlantic Council, un influent Think tank atlantiste américain, souligne que « si Biden veut envoyer un message dissuasif à Poutine, il doit le faire maintenant et avec force ».

Selon elle, « Poutine utilise l’Ukraine comme un levier pour essayer de détruire l’Otan». Elle poursuit que la diplomatie n’a abouti à rien de concret la semaine dernière, hormis quelques propos conciliants et davantage de rencontres. Il n’y a pas de désescalade.

Au contraire, la situation empire. Les actions de la Russie sont de plus en plus inquiétantes, avec des troupes supplémentaires déployées, y compris en Biélorussie. La vraie question, plus que le nombre, c’est de savoir quelle sera leur capacité, et si elle est suffisante pour que Poutine y prête attention.

Pour l’instant, nos décisions et nos déclarations sont hésitantes, avant de marteler que si l’escalade continue, on risque le plus important conflit terrestre depuis la Seconde Guerre mondiale.