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Actu Maroc

Crise du tourisme: la demande intérieure principale voie de recours pour relancer le secteur


Rédigé par Saad Jafri le Mardi 5 Mai 2020

On le sait, le secteur du tourisme est sinistré: baisse des arrivées, chute des nuitées, manque d'engagement des banques... La réunion de la Commission des secteurs productifs organisée lundi s'est penchée sur l'ensemble de ces problèmes, en présence de la ministre du tourisme Nadia Fettah Alaoui qui a brossé un tableau sans concession sur la situation avec une projection des possibles voies pour en sortir. Sans surprise, le tourisme intérieur se démarque comme la principale de ces voies.



Nadia Fettah Alaoui, Ministre du tourisme
Nadia Fettah Alaoui, Ministre du tourisme
Frontières fermées, avions au sol, populations confinées, hôtels paralysés… pour l’industrie touristique, le coup asséné par cette crise du Covid-19 est rude et sans précédent. L’Organisation mondiale du tourisme (OMT), a même tiré la sonnette d’alarme en soulignant que 96 % des destinations dans le monde imposent depuis janvier des restrictions sur les voyages pour contrer la pandémie de coronavirus.

C’est dans ce contexte que la Commission des secteurs productifs a tenu sa réunion, lundi, où les maux dont souffre le secteur du tourisme au Maroc, ont été largement abordés. Lors de ladite réunion, la Ministre du Tourisme, de l'Artisanat, du Transport Aérien et de l'Économie Sociale, Nadia Fettah Alaoui, a affirmé que son département travaille «depuis des semaines sur un programme pour redonner la vie au secteur du tourisme»  qui a été touché de plein fouet par le coronavirus. Et d’ajouter que l’effort est porté sur la consolidation du suivi de la situation du tourisme dans le pays, afin de collecter des données pertinentes pour les transmettre au Comité de Veille économique.

Dans le même sens, Mme Fettah a souligné qu’il est de notoriété publique «que pour remettre sur pied les secteurs, du tourisme et du transport aérien,  d’énormes efforts doivent être fournis», ces secteurs, ajoute-t-elle, auront besoin d’aide, beaucoup plus que les autres secteurs, car leur situation ne se redressera pas de sitôt. En effet, suite au confinement et la fermeture des frontières les chances de redémarrage du tourisme au Maroc sont réduites à zéro.

Selon les professionnels, le mois dernier a été marqué par une baisse de presque 70% des arrivées, une première dans l’histoire du tourisme marocain. Bien avant le début de la propagation du virus dans le Royaume, une étude du groupe CFG, estimait qu’un scénario-catastrophe pourrait se confirmer avec une baisse en 2020 des arrivées de 39% et des nuitées de 30% par rapport à 2019, soit seulement 8 millions d’arrivées à la fin de l’année courante pour le Maroc. Concernant les nuitées, une baisse de 30% correspond à une perte de 7,5 millions de nuitées soit 17,5 millions réalisées en 2020 contre 25 millions en 2019.

Aujourd’hui avec les pays qui ont poussé le «lockdown», jusqu'à des dates ultérieures, les estimations deviennent encore plus apocalyptiques. La France qui représente presque 50% des touristes, n’ouvrira ses frontières internationales qu’en septembre. Ainsi, les annulations des réservations auprès des agences de voyages se font en masse, ce qui met ces dernières dans des situations très délicates. D’un autre côté, la Confédération nationale du tourisme (CNT) évalue le manque à gagner des recettes à 138 milliards de dirhams pour la période 2020-2022 en matière de devises.

Manque d’engagement des banques
Parmi les points soulignés par la totalité des députés lors de la réunion du Comité, figure le manque d’engagement des banques dans le processus de soutien des entreprises touchées par la crise. Selon les représentants de la nation, plusieurs entreprises ne bénéficient pas des aides promises par les institutions bancaires, surtout au niveau de la garantie «Damane Oxygène». «Plusieurs employeurs ont été choqués soit du fait des montants proposés, soit carrément à cause du refus de leurs dossiers. Or les annonces qui passent chaque jour à la télévision, laissent penser le contraire et prêtent à l’optimisme», souligne l’un des députés.

«Il faut donc impérativement travailler avec les banques pour régler ce problème qui met les entreprises en péril, surtout les PME». En réponse à ces propos, M. Fettah a indiqué qu’effectivement il y a «un malentendu entre ce que nous avons demandé aux banques, ce qu’attendent les entreprises et la réalité des choses», précisant que le CVE a appelé les banques à présenter un rapport «pour expliquer cette situation», car jusqu’à maintenant les choses sont un peu ambiguës.

Eviter la faillite
Consciente des effets ravageurs de la pandémie sur les opérateurs touristiques, la ministre du tourisme a affirmé que «le CVE est conscient de la situation délicate du secteur touristique, c’est pour ça que nous travaillons avec des professionnels afin de mettre en œuvre les mesures adéquates ». Et d’ajouter que «nous veillerons tout particulièrement à fournir un soutien pour éviter la faillite des entreprises touristiques, préserver les emplois qui s’élèvent à 550 000, revitaliser le tourisme intérieur, intensifier les efforts pour faire avancer le transport aérien, lancer des campagnes numériques et aider les professionnels à accéder aux moyens numériques ».

Ainsi, Mme Fettah considère que l’investissement dans le tourisme intérieur est fondamental pour dépasser la présente crise, «nous travaillerons sur des solutions à partir de cet été si l'urgence sanitaire prend fin, nous fournirons les moyens de promouvoir le tourisme intérieur et nous nous efforcerons également d'attirer des touristes étrangers à l'avenir ».

En conclusion, la ministre a annoncé que vendredi prochain, le CVE va aborder la question de l’engagement des banques et qu’elle donnera suite aux éléments développés lors de la réunion de la Commission.

  


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