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Tribune libre

Covid 19, un impact planétaire


le Jeudi 9 Avril 2020

Explorer les futurs possibles de la place du Maroc dans l’échiquier mondial de l’après Covid 19



Younes Shaimi, membre de l'AEI
Younes Shaimi, membre de l'AEI
Au-delà de l’impact planétaire des conséquences sanitaires, culturelles et socioéconomiques de la pandémie Covid 19, son effet sur le plan géostratégique est si bouleversant que des voix se sont élevées, entre le crédule béat et le méfiant pathologique, pour avancer et même confirmer que cette pandémie est une grande conspiration orientée au dessein d’affoler les populations et les gouvernements.

Ce complotisme est pointé du doigt par des déclarations de politiques, d’économistes, de stratèges et voire même d’experts en sécurité. Se demander à qui profite cette pandémie ne peut être que légitime.

Le fléau génère une diffusion inédite d’informations (vraies ou fausses) sur les réseaux sociaux et les médias, leur offrant une réelle résonance et suscitant des réactions instantanées couplées d’analyses parfois frénétiques émanant de la population mondiale de tous bords.

Ces réactions sont évidemment nourries simplement, par l’ampleur de cette épidémie sur l’ordre mondial. Le monde est confronté à plusieurs chamboulements et non des moindres.

Déjà à ce stade d’évolution, des prémisses et des manifestations d’un futur ordre mondial avec des implications sur des questions d’ordre politique, économique et social deviennent plus visibles.

Au niveau économique, la pandémie provoque un double choc économique d’offre et de demande, suite à la mise en confinement de plus de la moitié de la population mondiale et l’arrêt, total ou partiel, des unités de production. Cette crise nous permet de constater l'absence totale de résilience des économies à ce type de chocs sanitaires.

Les conséquences sont déjà palpables. Selon l’OCDE et l’UNESCO, nous risquons, inéluctablement, la baisse de la croissance mondiale prévue, de 3 % à environ 1,5%. Celle de la zone euro risquerait de chuter à zéro. Le PIB de la Chine pourrait baisser quant à lui de 2 % à 3 % en 2020. Celui de l'Afrique pourrait passer de 3,2% à 1,8 % la même année et ce, suite à l’impact de la pandémie sur le commerce mondial.

Selon l’Organisation Mondiale du Travail, le Covid-19 provoquerait une hausse sans équivalent du chômage dans le monde. En effet, sur une population active de 3,3 milliards de personnes, plus de 80% sont affectés par la fermeture totale ou partielle de certains secteurs d’activité.

Dans le même sens, cette pandémie provoque l’envolée de l’endettement des gouvernements et le creusement des déficits publics. Avant cette crise, et contrairement aux vérités économiques, on ne pouvait jamais imaginer un jour entendre le prix Nobel d’économie 2019 Esther Duflo, inviter les gouvernements à augmenter la dépense publique pour limiter les impacts économiques de la pandémie.

La crise se fait également déjà ressentir au niveau des marchés financiers mondiaux, par la dégringolade des marchés boursiers et autres, notamment celui du pétrole.

Sur le plan sanitaire, le Covid 19 a révélé aussi, les limites des systèmes de santé que l’on présumait, les plus infaillibles, et particulièrement dans certains pays développés. L’effondrement de ces systèmes était même foudroyant.

Dans un autre registre, la solidarité entre les nations est compromise, par la fermeture des frontières et l’absence d’assistance des pays entre eux sur le plan sanitaire. Absence particulièrement observée au niveau de l’inébranlable UE aujourd’hui secouée ! Un retour aux nationalismes se profile, incitant, alors, l’orientation des peuples vers l’autosuffisance.

A l’instar de l’économie mondiale, notre économie nationale ne sera pas épargnée. Selon le HCP, et suite à la baisse importante, voire même, à l’arrêt de certaines chaines de production (tourisme, transport, commerce,..), une récession de -1,8% serait enregistrée lors du deuxième trimestre 2020.

Face à ces impacts planétaires et ce chamboulement mondial vu sous un angle géostratégique, nous devons convenir que notre pays est appelé à explorer les futurs possibles de sa place dans l’échiquier mondial et d’en évaluer les avantages et les risques potentiels qui peuvent générer de nouveaux enjeux nécessitant de nouvelles réponses dont notre prochain modèle de développement devrait tenir compte.

Par Younes Shaimi, membre du bureau exécutif de l'Alliance des Economistes Istiqlaliens (AEI) 
 

  



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