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Covid-19 : L’IHME révise ses prédictions catastrophiques à la baisse


Rédigé par Anass MACHLOUKH le Mardi 20 Octobre 2020

Après avoir auguré une situation épidémiologique catastrophique en annonçant 24.000 morts à la fin de l’année 2020, l’Institut américain a finalement réajusté ses projections.



Covid-19 : L’IHME révise ses prédictions catastrophiques à la baisse
Mardi 8 septembre, alors que le Maroc n’accumulait que 1421 morts à cause du Covid-19, l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) a étonné tous les Marocains en publiant des projections alarmantes sur l’évolution de la pandémie au Maroc sur son site officiel. L’Institut américain, affilié à l’Université de George Washington et basé à Seattle, avait prédit 300.000 cas de contaminations par jour au début du mois de décembre et plus de 24.000 cas de décès à la fin de l’année courante. Les chercheurs de l’Institut nous ont expliqué ces chiffres sidérants par un changement du comportement du virus pendant la saison hivernale, lequel circule plus rapidement et avec plus d’acuité. 

Maintenant que la situation épidémiologique s’est manifestement aggravée au Maroc, l’Institut américain a visiblement revu ses chiffres à la baisse, celui-ci a réajusté ses estimations avec des projections plus réalistes et moins effrayantes se basant sur les mêmes sources de données, à savoir les chiffres présentés par les autorités marocaines, ceux de l’Organisation Mondiale de la Santé, de l’Université John Hoppkins et de Google en ce qui concerne la mobilité des citoyens.

Rien n’a changé dans le mode des calculs, l’Institut élabore son rapport en fonction de cinq paramètres, soit le nombre total de décès, les décès quotidiens, le nombre des tests, les capacités hospitalières et les mesures sanitaires adoptées (port du masque, distanciation, etc.). Après le réajustement, les projections sont plus rassurantes, celles-ci s’étendent jusqu’au début février 2021 alors que l’Institut s’est arrêté au mois de janvier dans son rapport précédent. 

Moins de morts, moins de contaminations
Dans son rapport du mois de septembre, l’IHME avait estimé à 24.620 le nombre de personnes qui pourraient succomber au SARS-COV 2 au 1er janvier 2021, ceci était à ce moment mal perçu par beaucoup de gens qu’ils l’ont trouvé extravagant. Le total des décès du Covid-19 se situe désormais à 10.215, soit une baisse de plus de 58%.

C’est d’autant plus crédible et envisageable que le Maroc accumule jusqu’à aujourd’hui plus de 2928 cas de décès et que le bilan des décès quotidiens ne cesse de s’alourdir. Ce dernier ne s’est pas placé au-dessous de la barre de 40 cas par jour en culminant à 60 cas, dimanche 18 octobre. Les décès quotidiens pourraient atteindre 95 par jour début décembre et 220 un mois plus tard en cas de relâchement, selon les estimations, contrairement aux 1000 cas quotidiens annoncés auparavant. Ce scénario n’est pas loin de se concrétiser vu la cadence actuelle. 

Selon la courbe, la mortalité connaîtra un pic dès le mois de décembre où le nombre des décès augmentera de manière exponentielle, passant ainsi de 5482 à 9995 morts à la fin du mois. Le bilan des morts peut augmenter à 18.402 au 1er février et à 19.578 en cas de relâchement qui, selon les critères de l’Institut, correspond à l’allégement des mesures sanitaires (déplacements, reprise des activités économiques et de la mobilité à grande échelle).

Les contaminations ont également été revues à la baisse, les projections de l’IHME sont maintenant moins élevées. Au lieu des 300.000 cas annoncés début décembre, qui ont offusqué le public marocain, on doit s’attendre à 52.000 cas. Ce chiffre peut augmenter à 95.497 début janvier avant de chuter à 45.134 le mois suivant. En cas d’allègement des mesures sanitaires, ce qui est pratiquement le cas vu que le confinement n’est plus envisageable comme solution indispensable pour endiguer la pandémie, le nombre des cas positifs quotidiens pourrait atteindre 104.661 au 1er janvier. 

Le système de santé pourrait-il tenir ?
Malgré les assurances du gouvernement, il est clair que le système de santé peine à faire face à l’affluence permanente des malades du Covid-19. Plusieurs pénuries ont été signalées depuis le début de la crise sanitaire. Certains hôpitaux ont eu du mal à s’approvisionner en oxygène, d’autres ont souffert de saturation de leurs services de réanimation. Dans ces conditions, l’IHME évalue les capacités litières de l’ensemble du système hospitalier à 10.721 lits et 660 unités de soins intensifs, ces chiffres sont basés sur les données du ministère de la Santé et de l’OMS, ce que nous a assuré Ali Mokdad, chercheur de l’Institut. Il est prévu que le système s’écroule dès le 29 décembre lorsque les capacités litières seraient saturées. Il faudra plus de 10.840 lits d’hôpitaux contre 10.721 lits que peut procurer le système actuellement. Avant la mise à jour de son rapport, l’IHME avait estimé les besoins à 37.843 lits. Le plus inquiétant est que les services de réanimation devraient être saturés dès le 25 octobre où les 660 lits de réanimation seraient occupés à 100%. 

Face à la flambée des contaminations, il faudra plus de 1460 lits de réanimation au premier décembre et 3394 lits début janvier. Cette hypothèse reste largement discutable, du moment que plusieurs malades qui ne présentent pas de facteurs de risques sont traités à domicile après la mise à jour du protocole thérapeutique par le département de Khalid Aït Taleb. S’ajoute à cela le secteur privé qui a commencé, ne serait-ce que timidement, de prendre en charge les personnes atteintes au Covid-19.

Dans le même contexte, le Maroc devra augmenter son approvisionnement en respirateurs dont beaucoup d’hôpitaux manquent considérablement. C’est ce que prévoit le rapport dans sa nouvelle version, lequel estime qu’il faudra au moins 1212 respirateurs pour équiper les services de réanimation lors du pic du début du mois de décembre. 

Quid de la prévention ?
L’actualisation du rapport de l’IHME semble conserver son constat sur le respect des mesures de prévention. L’Institut fait état d’un respect relatif du port du masque dont seulement 53% de la population marocaine s’y attache strictement dans les lieux publics. Ce qui est en deçà du niveau requis (95%). 

S’agissant de la distanciation sociale, la mobilité des Marocains a fortement baissé, précise le rapport, ceci est dû à la stratégie du confinement partiel appliquée depuis le mois d’août avec les fermetures des villes et des quartiers les plus touchés. Ces mesures sont encore en vigueur à Casablanca où les restrictions de déplacement et le couvre-feu ont été prolongés de deux semaines supplémentaires. 

Anass MACHLOUKH 

Repères

Au niveau mondial 
Dans sa version actualisée sur l’évolution de la pandémie de la Covid-19, le rapport de l’IHME a bien réduit ses projections quant au nombre des morts à la fin de l’année 2020. Ayant prédit plus de 4 millions de décès, l’Institut a finalement baissé ses précisions à 1.906.160 victimes de la Covid-19, soit une baisse de 50%. Au moment où la deuxième vague de la pandémie envahit plusieurs parties dans le monde, surtout l’Europe et l’Amérique, le nombre des cas de décès peuvent culminer à 2.418 .546 si les gouvernements ne réduisent pas la mobilité de leurs citoyens.
Situation épidémiologique au Maroc 
Depuis des semaines, la pandémie a pris un nouvel élan au Maroc, la situation épidémiologique n’a cessé de se détériorer malgré les mesures du confinement partiel instauré par le gouvernement dans plusieurs villes dont Casablanca dont le couvre-feu dure depuis plus d’un mois. Jusqu’à présent, 173.632 cas de contamination ont été signalés depuis le début de la pandémie après les chiffres record enregistrés ces derniers jours avec 3700 cas enregistrés le 17 octobre. Le bilan des décès est de plus en plus inquiétant avec des chiffres quotidiens de 50 et 60 consignés respectivement les 18 et 17 octobre. 
La pandémie va durer plus longtemps que prévu
Selon le nouveau rapport de l’IHME, la pandémie pourrait encore perdurer jusqu’à février 2021. Ali Mokdad, chercheur à l’Institut, estime que la pandémie risque de perdurer davantage que prévu, d’autant plus que la saison d’automne approche sachant que le froid favorise la circulation du Coronavirus. Outre ce paramètre, l’absence de vaccin va également contribuer à prolonger la durée de vie de la pandémie.

  


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