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Actu Maroc

Contractuels : Les propos d’Amzazi ou la goutte qui fait déborder le vase


Rédigé par Hajar Lebabi le Vendredi 23 Avril 2021

Insatisfaite du manque de réactivité du ministère de l’Education, la coordination nationale des «enseignants contractuels» a annoncé qu'elle organiserait une grève nationale les 28 et 29 avril, ainsi qu’un sit-in le mois prochain.



Cette escalade intervient, selon un communiqué de la coordination, suite au traitement irresponsable et continu par le ministère de l'Éducation du dossier des professeurs, et compte tenu de son mépris des appels à accélérer le règlement de ce problème.

La rhétorique d’Amzazi au goût de personne ? 

Les professeurs de certification ont critiqué le fait que le ministère perdait plus de temps alors qu’on se rapproche des élections législatives, tout en soulignant leur rejet absolu des récentes déclarations du ministre de l’Education, Saaid Amzazi, au sein du Parlement, car leur dossier a été réglé lors de la réunion du 21 janvier 2020, et il est impossible de retourner à l’étape du dialogue.

Devant les élus de la première Chambre, le ministre de l’Education nationale a insisté que son département «n’a imposé le mode d’embauche régional à personne et reste attaché à garantir le droit des élèves à l’apprentissage».

Sur un ton ferme, il a affirmé que les enseignants recrutés ont adhéré de leur plein gré à ce système, ajoutant que le taux de participation élevé, croissant et volontaire aux concours de recrutement organisés annuellement par les académies régionales, témoigne du succès de ce dispositif.

Essayant de consolider son plaidoyer, le ministre a déclaré que l’embauche régionale, adoptée à compter de fin 2016, a permis le recrutement de 100.000 cadres en l’espace de 5 ans, « soit l’équivalent de ce qui a été accompli en plus de 20 ans en la matière ». De même qu’elle a permis la réalisation d’une justice spatiale en matière de services éducatifs aux enfants, essentiellement dans le monde rural, et a profité avant tout à l’éducation de la jeune fille rurale. Il a ainsi attribué les amplifications accompagnant le dossier des enseignants cadres des académies au manque de communication sur les différents aspects entourant ce dossier, le non accompagnement de ses développements ou encore la volonté préméditée de certaines parties qui, selon lui, essayent «de faire sortir le sujet de son vrai contexte ».

Cela dit, la rhétorique de Saaïd Amzazi n’a pas convaincu les élus de la nation, surtout ceux de l’opposition qui ont fustigé le « mutisme » du gouvernement, en relavant l’absence d’une évaluation des modèles éducatifs adoptés durant cette période de crise, sans oublier les inégalités des chances entre les élèves du public et ceux du privé, dont une grande partie bénéficie d’un système d’enseignement hybride de qualité.

Dans ce sens, le député Istiqlalien Ismaïl Bekkali a déclaré que « le gouvernement n’a pas respecté les engagements qu’il a fixés dans son programme électoral, ce qui a conduit à cette détérioration de l’école publique ». En réaction aux propos du ministre de l’Education, le député a indiqué que « l’Exécutif a perdu la confiance de la famille de l’enseignement public, en important le système des contrats », rappelant que « dès la première présentation de ce projet, le Parti de l’Istiqlal a alerté sur les répercussions négatives que pourrait avoir une telle réforme, or, le gouvernement a choisi de faire la sourde oreille ». Dans ce même ordre d’idées, le député a exprimé son étonnement vis-à-vis du laconisme du gouvernement, notant que la tutelle « a fermé la porte du dialogue avec ses enseignants, laissant ces derniers se heurter aux autorités publiques, au lieu de les inviter à des concertations constructives ».