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Conjoncture économique : Une reprise économique à deux vitesses


Rédigé par Chaimae BARKI le Jeudi 23 Décembre 2021

L’économie récupère plutôt que prévu. La note de conjoncture de la Direction des Etudes et des Prévisions Financières (DEPF) pour le mois de décembre relève un regain de dynamisme qui a caractérisé l’activité économique du Maroc, dans un contexte international de reprise plus robuste. Détails.



Conjoncture économique : Une reprise économique à deux vitesses
L’activité économique au Maroc a affiché, durant l’année 2021, un rétablissement significatif, à la faveur des avancées enregistrées en matière de vaccination, des mesures de relance engagées et des résultats très positifs de la campagne agricole.

« L’économie nationale a montré des signes de reprise dès le second trimestre 2021, en enregistrant un net rebond de 15,2% », annonce la DEPF dans sa publication économique mensuelle du mois de décembre. Et d’ajouter : « Cet élan de reprise a concerné la quasi-majorité des activités économiques bien qu’à des rythmes différenciés ».

Sur le plan sectoriel, plusieurs branches d’activité ont réussi, courant de cette année, à stabiliser leur rythme de progression et pour certaines de retrouver leur dynamisme d’activité d’avant la crise. Ainsi, la campagne agricole 2020-2021 est considérée parmi les meilleures campagnes de ces dix dernières années. « La valeur ajoutée agricole au titre de l’année 2021 atteindrait 130 MMDH, en hausse de 18% », estime la DEPF. Et de poursuivre : « Sur le plan des exportations du secteur de l’agriculture et agro-alimentaire, leur valeur s’est accrue de 9,1%, au terme des dix premiers mois de 2021, pour atteindre 56,3 MMDH, incorporant un renforcement des ventes à l’étranger de l’industrie alimentaire de 10,7% et des produits d’agriculture, sylviculture et chasse de 7% ».

Le secteur extractif et du BTP maintiennent leur évolution favorable

Pour sa part, l’indice de production du secteur extractif connaît une hausse de 5,8% au troisième trimestre 2021, portant sa croissance au terme des neuf premiers mois de 2021 à +3,6%. Cette évolution est en ligne avec la hausse de la production de phosphate roche, principale composante du secteur, de 5,7% au T3-2021.

Au cours du mois d’octobre 2021, le secteur des phosphates et dérivés a enregistré une hausse de la valeur de ses exportations de 74,3%, suite au raffermissement des expéditions de phosphate roche de 57,3% et de celles de ses dérivés de 82%.

Au terme des dix premiers mois de 2021, le chiffre d’affaires à l’export du groupe OCP s’est consolidé de 47,2%, pour atteindre 61,2 milliards de dirhams. Le secteur du BTP, de son côté, préserve une évolution favorable, avancent les économistes de la DEPF. Les ventes de ciment, indicateur phare du secteur, se sont raffermies de 15,6% à fin novembre 2021, après une baisse de 11,6% un an auparavant.

Le tourisme toujours en berne, toutefois…

Le secteur du tourisme, quant à lui, affiche des indicateurs en deçà de leur niveau pré-pandémie, bien qu’ils semblent positifs. La note de la DEPF explique qu’après « une hausse notable de 201% au titre du troisième trimestre 2021 qui a coïncidé avec la réouverture des frontières nationales, les recettes touristiques ont maintenu leur évolution positive au cours du mois d’octobre 2021, enregistrant un accroissement de 58,5% ».

Ainsi, de juin à octobre 2021, les recettes touristiques se sont élevées à 21,1 MMDH, après respectivement 8,9 milliards et 38,5 milliards durant la même période des années 2020 et 2019. Au terme des dix premiers mois de 2021, la baisse de ces recettes a été contenue à -0,7% pour s’établir à 28,5 milliards de dirhams. En comparaison avec leur niveau d’avant la crise, les recettes touristiques ont reculé de 57,4% ou de 38,5 MMDH.

La demande intérieure en progression

Sur le plan de la demande intérieure, la note de conjoncture fait état de la poursuite de la progression du pouvoir d’achat des ménages, « favorisée par l’amélioration des revenus, générés par les bons résultats de la campagne agricole, l’importance des transferts des MRE (+43,3% à fin octobre), la consolidation de la reprise des créations d’emplois et la progression des crédits à la consommation, et ce, dans un contexte d’inflation modérée (1,3% en moyenne sur les 11 premiers mois) ».

« La même vigueur se dessine au niveau de l’investissement, stimulé par la hausse des importations des biens d’équipement, l’amélioration des recettes des IDE, l’accroissement de l’investissement budgétaire et la dynamique de créations d’entreprises », poursuivent les économistes de la DEPF.

S’agissant des échanges extérieurs, les exportations ont dépassé leur niveau d’avant crise de près de 10%. Cette performance concerne l’ensemble des secteurs, plus particulièrement celui des phosphates et dérivés, de l’automobile, de l’industrie alimentaire et celui de l’électronique et électrique.

Par ailleurs, le rythme de progression des importations a dépassé celui des exportations générant un accroissement du déficit commercial de 26,6% et une légère baisse du taux de couverture (-1,1 point à 61,3%). Dans ce contexte, les Avoirs Officiels de Réserve maintiennent leur niveau permettant de couvrir plus de sept mois d’importations de biens et services. Globalement, la DEPF estime que « les perspectives de clôture de l’année 2021 s’annoncent favorables et l’économie nationale devrait terminer l’année 2021 avec un rebond du PIB, en volume, aux alentours de 6 %. Et de souligner qu’une telle progression permettrait au PIB de récupérer 99,5% de son niveau pré- Covid (2019), enregistrant ainsi l’un des meilleurs taux de croissance de la région MENA ».

En d’autres termes, la récession et les effets de la crise seraient presque effacés en totalité, bien que certains secteurs clefs de l’économie subissent encore les effets néfastes de la crise, « à l’instar du tourisme et des activités qui s’y rapportent, et le transport aérien », précise-t-on.

Si la reprise qui s’annonce est bien réelle, les risques qui l’entourent pourraient toutefois freiner cette dynamique de l’économie. Parmi ces risques, figurent notamment l’apparition de nouveaux variants de la Covid-19, des perturbations de la chaîne d’approvisionnement sur la production industrielle et la hausse des cours mondiaux des matières premières, éléments qui alimentent temporairement les tensions inflationnistes.


Chaimae BARKI

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