Menu
L'Opinion
Lire GRATUITEMENT notre journal en PDF
L'Opinion
Facebook
Twitter
YouTube Channel
Instagram
LinkedIn

Monde

Chine-Etats-Unis : Le bras de fer continue


le Mardi 19 Mai 2020

Les tensions entre la Chine et les États-Unis s’exacerbent. Que ce soit sur l’origine du Covid-19 ou autres, tout est bon pour punir Pékin.



Chine-Etats-Unis : Le bras de fer continue
Le chef de la diplomatie des Etats-Unis, Mike Pompeo, a demandé dimanche à la Chine de ne pas s’immiscer dans le travail des journalistes américains exerçant à Hong Kong, lançant une nouvelle polémique avec Pékin autour de la liberté d’expression.

«J’ai récemment été informé que le gouvernement chinois avait menacé de se mêler du travail des journalistes américains à Hong Kong», a déclaré le secrétaire d’Etat dans un communiqué. «Ces journalistes font partie de la presse libre et ne sont pas au service d’une propagande». «Toute décision portant atteinte à l’autonomie et aux libertés de Hong Kong garanties par la Déclaration commune sino-britannique et la Loi fondamentale aurait inévitablement une incidence sur notre évaluation de la règle +Un pays, deux systèmes+ et du statut du territoire», a-t-il ajouté, en référence au système politique de Hong Kong qui assure à cette ex-colonie britannique une certaine autonomie.

Pompeo n’a pas explicitement critiqué la Chine et n’a pas donné d’exemples. Mais le communiqué représente la dernière réponse américaine à l’expulsion par Pékin de plus d’une quinzaine de journalistes américains depuis le début de l’année.

Nouveaux droits de douane aux produits chinois

Ces expulsions ont ajouté de l’huile sur le feu à des relations déjà très tendues entre les deux premières puissances économiques mondiales. Elles s’échangent des piques sur la pandémie de coronavirus et le président américain Donald Trump a menacé d’imposer de nouveaux droits de douane aux produits chinois. Sans répondre directement aux dernières critiques de M. Pompeo, Pékin a attaqué les Etats-Unis lundi, accusés «d’escalade dans leur répression à l’encontre des médias chinois».

«Ces actions fautives des EtatsUnis affectent gravement le travail des médias chinois ainsi que les échanges humains entre les deux pays», a dénoncé le porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian. En février, les autorités chinoises ont expulsé trois journalistes du Wall Street Journal, qui venait de publier une tribune portant sur la crise du coronavirus et jugée raciste par Pékin. Quelques semaines plus tard, Washington a diminué les accréditations des journalistes chinois auprès des organes du gouvernement. Et en mars, une douzaine de journalistes du New York Times, du Washington Post et du Wall Street Journal ont été expulsés de Chine. Ce faisant, Pékin avait averti que les journalistes expulsés n’auraient pas le droit de se réinstaller à Hong Kong.

Par ailleurs, et sur le volet du Covid-19, Donald Trump a annoncé mercredi dernier sur Twitter que les bénéfices de l’accord commercial signé avec la Chine ne suffiront pas à compenser les pertes économiques subies par son pays depuis le début de la pandémie de coronavirus, qu’il appelle volontiers « la peste de Chine ». Ce n’est pas la première fois que la Maison-Blanche tient la Chine pour responsable du bilan humain et économique du virus.

En début de semaine, un groupe de sénateurs républicains a présenté un projet de loi intitulé « COVID-19 Accountability Act », qui autoriserait Donald Trump à sanctionner la Chine si celle-ci ne fournissait pas de compte-rendu complet des événements qui ont engendré la pandémie de coronavirus telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Le même jour, le département du Travail des États-Unis a ordonné à un fonds de pension fédéral de 557 milliards de dollars de cesser tout investissement dans les actions chinoises, en raison du risque pour la sécurité nationale. En effet, selon CNBC, la Chine ne permettrait pas aux autorités américaines d’accéder aux rapports d’audit.

Accusations tous azimuts

Par ailleurs, les autorités américaines ont averti mercredi que des pirates informatiques liés au gouvernement chinois tentaient de mettre la main sur la recherche des États-Unis sur les vaccins et les traitements contre le coronavirus.

Depuis plusieurs jours, le président et le secrétaire d’État Mike Pompeo répètent à l’envi une théorie fortement controversée selon laquelle le coronavirus proviendrait d’un laboratoire de Wuhan, en Chine, alors qu’il n’existe aucune preuve permettant de corroborer de cette information.

En réponse à l’affirmation d’un journal d’État chinois selon lequel des responsables du pays auraient fait pression pour négocier des conditions commerciales plus favorables avec les États-Unis, Donald Trump a déclaré qu’il n’était « pas intéressé » par une renégociation de l’accord.

La semaine dernière, Donald Trump a annoncé sur Fox News qu’il était prêt à annuler l’accord commercial si la Chine ne remplissait pas sa part du marché : « S’ils n’achètent pas, nous mettrons fin à l’accord. C’est très simple ».

Mardi, la Chine a annoncé la mise en place de nouvelles exemptions de droits de douane pour 79 produits américains, dont des métaux de terres rares, ainsi que les minerais d’or et d’argent. Les nouvelles mesures prendront effet le 19 mai et seront effectives pour une durée d’un an. 696 produits américains étaient déjà concernés depuis février, comme le soja et le porc.

  


Dans la même rubrique :
< >

Jeudi 28 Mai 2020 - 12:38 Trump veut-il museler les réseaux sociaux