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Charte du 11 janvier pour la jeunesse : Pour un nouveau contrat entre la jeunesse, l’État et la société


Rédigé par L'Opinion Lundi 12 Janvier 2026

​Présenté le 11 janvier 1944, le Manifeste de l’Indépendance, qui demeure l’un des textes fondateurs de l’Histoire contemporaine du Maroc, est célébré chaque année avec solennité par l’ensemble de la Nation. En s’inscrivant dans cette mémoire collective, le Parti de l’Istiqlal a choisi de faire de cette date hautement symbolique le point de départ d’une nouvelle initiative en direction de la jeunesse, en s’appuyant sur les propositions de plus de 15.000 jeunes filles et garçons à travers le Royaume.



Dimanche 11 janvier, au moment où le pays commémorait la présentation du Manifeste, prélude à l’émancipation du joug colonial, le Parti de l’Istiqlal, héritier de ce combat historique, a organisé des meetings régionaux dans plusieurs villes du Royaume. La jeunesse y était placée au centre de toutes les attentions. Devant près de 40.000 participants, les Istiqlaliens ont présenté la « Charte du 11 janvier pour la jeunesse marocaine », un document qui n’est ni un programme électoral ni un plan d’action exécutif. L’ambition affichée est de mettre en place une plateforme participative ouverte, appelant « les jeunes Marocaines et Marocains de toutes générations et de tous lieux de résidence, à l’intérieur du pays comme à l’étranger », à s’approprier ses orientations. La Charte vise également à mobiliser les autres acteurs politiques, associatifs et citoyens afin d’adhérer à ses principes et de conclure un nouveau contrat pour un Maroc qui reconnaît à sa jeunesse une place réelle dans la construction du présent et de l’avenir.
 
Ce processus s’est nourri d’une large phase d’écoute et d’interaction avec les expressions de la jeunesse qui, ces derniers mois, s’est mobilisée pour réclamer l’amélioration des services publics, notamment dans les domaines de la Santé, de l’Education et de l’Emploi, ainsi que la moralisation de la vie publique et la lutte contre la corruption. Selon le parti de la Balance, le « Forum Al Mizan de la Jeunesse 2.0 » a constitué un espace inclusif de débat entre des jeunes aux horizons, voix et perspectives multiples, mais aussi une plateforme directe de dialogue et de reddition de comptes avec des acteurs publics de plusieurs secteurs gouvernementaux. La Charte définit ainsi les axes de travail prioritaires du point de vue de la jeunesse marocaine, appelés à faire l’objet d’un contrat stratégique avec l’État, les forces vives et la société pour la prochaine étape.
 

Garantir l’accès aux droits économiques et sociaux
 
La Charte du 11 janvier place l’accès effectif des jeunes aux droits économiques et sociaux au cœur du nouveau contrat entre la jeunesse, l’État et la société. Il s’agit d’abord de refonder l’école publique afin qu’elle offre une qualité équivalente à celle du privé, dans un cadre unifié, inclusif et adapté aux réalités territoriales, notamment dans les régions rurales et enclavées. L’orientation scolaire précoce est appelée à jouer un rôle décisif pour accompagner chaque élève selon ses aptitudes et ses aspirations. La Charte insiste également sur la revalorisation de la formation professionnelle, longtemps perçue comme une voie par défaut, en tant que levier stratégique d’employabilité, grâce à des parcours courts, connectés aux besoins régionaux et aux métiers d’avenir.
 
Un effort particulier est prévu en direction des jeunes en rupture scolaire, sociale ou professionnelle, notamment les NEET, à travers une offre territoriale intensive d’accompagnement et la transformation des structures de la « deuxième chance » en espaces ouverts de reconstruction des parcours.
 
La santé des jeunes, physique comme mentale, constitue un autre pilier central du texte, qui plaide pour le développement de services de proximité, le renforcement du soutien psychologique dans les établissements éducatifs et les structures de santé, ainsi que la prise en charge des troubles anxieux, dépressifs et addictifs. L’accès à un emploi décent est envisagé comme une condition de la dignité économique, en particulier dans les zones rurales, montagneuses et frontalières. Cela passe, selon les Istiqlaliens, par le soutien à l’emploi associatif, au volontariat rémunéré, aux projets d’intérêt général portés par les collectivités, à l’intégration progressive du secteur informel et à l’encadrement juridique des nouvelles formes d’emploi via les plateformes numériques.
 
L’entrepreneuriat des jeunes est encouragé, notamment dans les secteurs innovants, tandis que l’accès aux loisirs, à la culture, au sport et au tourisme est affirmé comme un droit, à travers des mesures facilitant la mobilité, la participation aux événements et l’égalité des chances pour les jeunes issus de milieux défavorisés.
 

Une jeunesse à l’ère du temps
 
Au-delà des droits matériels, le Pacte met l’accent sur la construction d’un capital humain capable d’affronter les mutations rapides du monde contemporain. La capacité d’adaptation, la résilience et la préparation psychologique aux changements de parcours éducatifs et professionnels sont considérées comme essentielles dans un contexte d’incertitude économique, sociale et technologique. La pensée critique est valorisée comme rempart contre la désinformation, l’extrémisme et le repli identitaire, en permettant aux jeunes de distinguer faits et opinions, information et connaissance, et de prendre des décisions éclairées.
 
Dans la même logique, l’esprit d’initiative est encouragé afin de rompre avec l’attentisme et de promouvoir une culture de l’action, de l’innovation et de la création d’opportunités. S’agissant de la révolution numérique, la Charte souligne que l’enjeu ne se limite pas à l’accès aux technologies, mais englobe la sécurité en ligne, la protection des données personnelles, la cybersécurité, le respect de la vie privée et l’éthique dans l’usage de l’Intelligence Artificielle. La lutte contre les contenus haineux, le harcèlement et la désinformation est présentée comme une responsabilité collective.
 
Le texte insiste également sur la conciliation entre l’appartenance nationale et l’ouverture sur le monde, dans le respect des constantes identitaires du Maroc, de sa profondeur africaine et de son ancrage méditerranéen. Cette ouverture est conçue comme un facteur de cohésion, de dialogue interculturel et de résilience face aux crises identitaires. En matière de durabilité et de gestion responsable des ressources naturelles, les jeunes sont appelés à devenir des acteurs de la transition écologique, à travers des pratiques responsables, des projets verts, le recyclage et la protection de la biodiversité, dans une logique de justice intergénérationnelle.
 

Associer les jeunes à la prise de décision
 
Le troisième axe de la Charte concerne la participation politique et citoyenne des jeunes, envisagée comme une condition de la pérennité du projet démocratique. La consolidation du choix démocratique passe par des partis crédibles, indépendants et capables d’encadrer et de représenter réellement la jeunesse. Une interprétation démocratique des libertés constitutionnelles, notamment la liberté d’expression et de manifestation pacifique, est jugée indispensable pour renforcer la confiance des jeunes dans l’État de droit.
 
L’autonomisation politique est présentée par l’Istiqlal comme un levier de renouvellement des élites, à travers la formation, le développement du leadership, l’accès aux responsabilités électives et la mise en place de quotas garantissant une représentation proportionnelle au poids démographique de la jeunesse. La Charte appelle en outre au renforcement de la participation citoyenne via les mécanismes de démocratie participative, la société civile et les instances territoriales de concertation. Elle plaide pour des cadres juridiques clairs, la publication accessible des budgets, la simplification des pétitions et motions législatives, ainsi que pour l’intégration effective des propositions des jeunes dans les politiques publiques.
 
Le volontariat, les budgets participatifs et les espaces de débat sont encouragés comme de véritables écoles de citoyenneté active. Enfin, la moralisation de la vie publique et la lutte contre la corruption sont posées comme des conditions préalables à tout engagement juvénile durable. Transparence, intégrité, reddition des comptes et non-impunité doivent restaurer la confiance, réhabiliter le mérite et la compétence, et ancrer chez les jeunes le sentiment d’équité indispensable à leur implication dans la gestion des affaires publiques. C’est à ce prix que la Charte du 11 janvier pourra honorer l’héritage historique du Manifeste de l’Indépendance et dessiner une feuille de route crédible pour les années à venir.
 

​Forum Al-Mizan Jeunesse 2.0 : Socle d’une Charte ambitieuse

En novembre dernier, près de 1200 jeunes venus de tout le Maroc ont participé au Forum Al-Mizan Jeunesse 2.0 à Bouznika, organisé par l’Istiqlal Youth Academy, avec pour ambition de rapprocher la génération Z de l’écosystème politique. Inscrite dans les consultations nationales de l’année 2025, proclamée année du volontariat par le Parti de l’Istiqlal, cette rencontre a mis l’accent sur l’écoute des préoccupations de la jeunesse et la valorisation de ses propositions. Pendant trois jours, les jeunes ont exprimé leurs critiques, échangé avec des responsables gouvernementaux et formulé des recommandations en lien avec leur vision du Maroc de demain. L’objectif était de transformer une posture critique en engagement concret. Lors de cette rencontre, Nizar Baraka a appelé les jeunes à devenir des partenaires à part entière du développement national, soulignant que toutes les conditions sont réunies pour traduire leurs aspirations en réalité et les exhortant à s’impliquer en politique plutôt qu’à céder aux discours de défiance envers les institutions.
 

​Cap sur l’État social, le développement et la mobilisation électorale

Réuni le 29 novembre dernier à Salé, le Conseil National du Parti de l’Istiqlal a réaffirmé son engagement à accompagner la mise en œuvre effective du projet d’État social et à contribuer activement à la réduction des inégalités sociales et territoriales. Il s’est félicité des avancées réalisées en matière de généralisation de la protection sociale, de ciblage de l’aide directe et d’orientation des politiques publiques vers les catégories les plus vulnérables, tout en appelant à accélérer la réforme du système de santé, le développement de l’hôpital public et la mise en œuvre de la carte sanitaire nationale.
 
Le Conseil a insisté sur la nécessité de lancer une nouvelle génération de programmes intégrés de développement territorial, en particulier au profit des zones montagneuses, rurales et frontalières, afin de rompre avec la logique du « Maroc à deux vitesses ». La création d’un Fonds intégré de développement territorial, la promotion de l’emploi des jeunes et des femmes, ainsi qu’une gestion publique fondée sur les résultats ont été identifiées comme des leviers prioritaires pour garantir l’équité spatiale et améliorer concrètement les conditions de vie des citoyens.
 
S’agissant de la jeunesse, le Conseil a appelé à renforcer les politiques d’insertion économique, d’encadrement et de participation citoyenne, considérant les jeunes comme un acteur central du développement et de la dynamique démocratique. Il a également souligné l’importance de consolider les valeurs d’intégrité, de mérite et de transparence afin de restaurer la confiance et d’encourager l’engagement des nouvelles générations dans la vie publique.
 
En perspective des prochaines législatives, le Conseil a plaidé pour un renforcement massif de la participation électorale, la moralisation du processus politique, la crédibilité des institutions élues et la défense de la légitimité représentative. Il a appelé l’ensemble des militantes et militants du parti à une mobilisation générale pour porter le projet istiqlalien, défendre les intérêts des citoyens et positionner le Parti de l’Istiqlal au premier plan de la scène politique et électorale.

Colonne droite : Piliers de l’épanouissement des jeunes

 
1) Éducation
 
  • École publique gratuite, unifiée et de qualité ;
  • Réduction des inégalités territoriales ;
  • Orientation scolaire précoce et personnalisée.
 
2. Formation professionnelle
 
  • Parcours courts liés aux besoins régionaux ;
  • Métiers d’avenir et employabilité renforcée ;
  • Revalorisation de l’image de la Formation Professionnelle.
 
3. Jeunes en difficulté / NEET
 
  • Accompagnement territorial intensif ;
  • Structures « deuxième chance » ouvertes ;
  • Reprise d’études, emploi, innovation.
 
4. Santé
 
  • Soins de proximité, santé mentale incluse ;
  • Lutte contre addictions, anxiété, dépression ;
  • Soutien psychologique et couverture sociale.
 
5. Emploi et entrepreneuriat
 
  • Emploi associatif et volontariat rémunéré ;
  • Projets locaux d’intérêt général ;
  • Centres locaux d’emploi jeunesse ;
  • Intégration du secteur informel ;
  • Encadrement des plateformes numériques ;
  • Soutien aux start-ups et projets innovants.
 
6. Loisirs, culture, sport
 
  • Accès facilité aux événements et équipements ;
  • Tarifs préférentiels transport et culture ;
  • Égalité des chances pour jeunes ruraux et défavorisés.







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