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Actu Maroc

CMC : Des prévisions alarmantes de récession à 6.2%


Rédigé par Anass Machloukh le Mardi 8 Septembre 2020

Au moment où le Maroc opère son plan de relance, le Centre Marocain de la Conjoncture annonce des perspectives pessimistes pour 2020 en tablant sur une récession de l’ordre de 6,2%.



Dans le sillage de la relance de l’économie marocaine qui tâche de sortir le pays des griffes de la pandémie de la covid-19, les analyses se multiplient afin de tracer les différentes perspectives économiques de fin de cette année particulière.

6,2% de récession

Le Centre Marocain de la Conjoncture semble plus pessimiste que le Haut-Commissariat au Plan en ce qui concerne les prévisions de récession. Dans une publication intitulée « Spécial Post Covid-19 : Stratégie et mesures pour la relance économique », le CMC a tablé sur une récession de l’ordre de 6,2%, allant ainsi plus loin que le HCP qui s’est contenté de 5,8% de baisse de croissance en fin de l’année 2020.

Ceci vient à l’encontre des prévisions du gouvernement marocain qui s’est basé sur une hypothèse de récession de 5% dans la loi de finance rectificative, ainsi que celles de Bank-Al-Maghrib qui prévoit 5,2% de récession. Cependant, la Banque Mondiale était plus optimiste en pariant sur un taux de 4% seulement.

Les économistes du CMC se sont basés sur les prévisions de récession de -5% de l’économie mondiale en 2020 et sur une baisse de l’activité en Amérique et en Inde, suite à la flambée des cas de contamination au covid-19.

Un contexte difficile

Le CMC a rappelé que la crise sanitaire a poussé les Etats à lancer des opérations de sauvetage économiques considérables afin d’amortir le choc de la pandémie. Dans ce contexte, le Maroc a pris un ensemble de dispositions pour limiter les dégâts de la crise sanitaire « qui auraient été incommensurables sans le confinement ».

Le confinement et les différentes mesures sanitaires qui l’ont accompagné ont tellement pesé sur l’économie nationale et l’emploi qu’il fallait rectifier la loi des finances dont l’orientation est jugée contraire à l’esprit de relance qui doit présider à la sortie de crise.

Le Centre marocain de la conjoncture a fait état d’un attachement excessif du gouvernement à la rigueur budgétaire au moment où la tendance mondiale aiguillonne vers une politique de stimulation de la demande par la dette.  « La politique budgétaire restrictive retenue dans la loi de finances rectificative n’effleurait même pas les esprits des adeptes du maintien des équilibres financiers », souligne le rapport.

Perspectives de sortie de crise

Le rapport préconise une politique budgétaire audacieuse pour remédier, ne serait-ce qu’en partie, aux effets délétères de la pandémie sur le tissu économique national et affermir ainsi la demande qui souffre cruellement « d’une atonie jamais enregistrée ».

En outre, le rapport a salué les efforts de l’Etat en matière de soutien d’entreprises, en faisant allusion au dispositif de garanties mis en place par la Caisse Centrale de Garanties (CCG) et Bank Al-Maghrib (BAM). « Cette double intervention a pour objectif de préserver l’intégrité du tissu productif en limitant les fermetures et les faillites d’entreprises », indique le CMC.