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Monde

Barrage sur le Nil : L’Egypte saisit le Conseil de sécurité, l’Ethiopie fait la sourde oreille


le Mardi 23 Juin 2020

La tension monte entre le Soudan, l’Ethiopie et l’Egypte après l’échec des négociations sur le remplissage du réservoir du Grand barrage éthiopien.



Barrage sur le Nil : L’Egypte saisit le Conseil de sécurité, l’Ethiopie fait la sourde oreille
Addis Abeba veut commencer le remplissage du réservoir en juillet, avec ou sans l’accord du Caire et de Khartoum. L’Egypte, qui considère ce projet comme une menace «existentielle», a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à intervenir, évoquant l’attitude «non positive» de l’Ethiopie et son «insistance à vouloir remplir le barrage de manière unilatérale».

«Nous ne voulons pas d’escalade. Les négociations sont la seule solution», a déclaré à la presse à Khartoum le ministre soudanais de l’Irrigation, Yasser Abbas.

Pour lui, il est important d’obtenir un accord avant le début des opérations de remplissage. «Le Soudan a le droit de le demander.»

Samedi, le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a assuré que son pays restait favorable à une solution politique. «Lorsque nous avons eu recours au Conseil de sécurité... cela découlait de notre volonté d’emprunter la voie diplomatique et politique jusqu’à la fin.» Si l’Ethiopie voit le barrage de 145 mètres haut comme essentiel à son développement et son électrification, le Soudan et l’Egypte craignent qu’il ne restreigne leur accès à l’eau.

Le Nil qui coule sur quelque 6.000 kilomètres, est une source d’approvisionnement en eau et en électricité essentielle pour une dizaine de pays d’Afrique de l’Est. L’Egypte tire 97% de ses besoins en eau du fleuve.

L’Egypte a appelé vendredi le Conseil de sécurité de l’ONU à intervenir dans le conflit qui l’oppose à l’Ethiopie sur son méga-barrage sur le Nil, dont elle redoute les conséquences sur son approvisionnement en eau.

Toucher au Nil, c’est toucher au pays

La demande égyptienne intervient alors que les négociations entre les trois pays concernés sont au point mort, Egypte, Soudan et Ethiopie ne parvenant pas à trouver un accord, notamment sur un mécanisme de partage des eaux.

Addis Abeba se cantonne pour le moment à la date-butoir de juillet pour entamer le remplissage du réservoir du barrage, au grand dam de ses interlocuteurs.

L’Egypte a présenté une demande au Conseil de sécurité des Nations unies «pour lui demander d’intervenir en soulignant l’importance que les trois pays (...) continuent de bonne foi leurs négociations», a indiqué un communiqué du ministère égyptien des Affaires étrangères.

L’Egypte accuse l’Ethiopie de bloquer les discussions en raison de son attitude «non positive» et par son «insistance à vouloir remplir le barrage de manière unilatérale».

Appelé à devenir la plus grande installation hydroélectrique d’Afrique, le Grand barrage de la Renaissance (Gerd) que l’Ethiopie construit sur le Nil Bleu est une source de fortes tensions entre Addis Abeba et Le Caire depuis 2011.

Le Nil Bleu, qui prend sa source en Ethiopie, rejoint le Nil Blanc à Khartoum pour former le Nil, qui traverse le Soudan et l’Egypte avant de se jeter dans la Méditerranée.

Le fleuve fournit 97% des besoins en eau de l’Egypte et ses rives abritent 95% des quelque 100 millions d’habitants du pays. 

Le Soudan et l’Égypte craignent que l’Éthiopie ne contrôle le flux du fleuve, à leur détriment. Si le Soudan voit certains avantages à la construction de ce barrage, l’Egypte le redoute.

Le partage des eaux du Nil est un sujet très sensible pour ces États, en particulier pour l’Égypte, qui est hyper-dépendante des eaux du fleuve. 

Le Nil irrigue l’Égypte. Il fournit à lui seul la quasi-totalité, 97%, de l’eau douce utilisée dans le pays.

Et les besoins en eau de l’Égypte grandissent, notamment parce que la population augmente en Egypte. A 95%, elle vit sur les terres fertiles qui longent le Nil.

Le Nil a aussi une importance symbolique et historique forte, intimement lié à l’émergence de la civilisation égyptienne.