Menu
L'Opinion
Lire GRATUITEMENT notre journal en PDF
L'Opinion
Facebook
Twitter
YouTube Channel
Instagram
LinkedIn

Culture

Alexis Chottin, un destin maghrébin tout en musique andalouse


Rédigé par Marie-Céline Chottin / Kathleen Hughes le Mercredi 25 Août 2021



Alexis Chottin, un destin maghrébin tout en musique andalouse
14 août 1891, Alger, tôt le matin. L’hôpital Mustapha. Une silhouette dépose devant la porte le couffin de fortune d’un bébé d’un jour. Il y a un billet manuscrit posé sur le bébé : « Il s’appelle Joseph ».

Le petit bout de chou sera « pupille de la Nation ». Les MARTIN, enseignants, l’élèveront, et l’Assistance Publique lui attribuera le prénom d’Alexis et le patronyme CHOTTIN.

Quand Alexis rencontre Paquita, la guerre de 1939-1945 n’est pas terminée. Ils sont dans le même train militaire. Alexis, Capitaine de Cavalerie, a démarré « zouave » (musicien de la fanfare) au cours de la première guerre mondiale. Il est veuf et père de trois garçons. Paquita est née en 1919.

Professeur d’arabe classique, Alexis est licencié ès-lettres, mais aussi en anglais, en dessin et moniteur d’éducation physique. Après l’école normale supérieure de Bouzaréa, il a poursuivi des études d’harmonie à Paris.

Décoré des Arts et des Lettres, il a participé au Congrès International de Musique du Caire en 1932. Il y a rencontré Si KHADOUR Ben GABRIT, le Cheik Larbi BENSARI, la Cantatrice Suzanne GRAY. A bord du CHAMPOLLION, paquebot-poste, un concert de bienfaisance a eu lieu ; le programme témoigne qu’Alexis offrit son livre : « Salé, Poème du MAGHREB ». Mounir Bey-Omar évoque ces faits dans un mémoire à paraître.

Alexis Chottin a été Directeur de l’école des fils de Notables de Salé. Professeur particulier de dessin des princesses au palais. Il a obtenu le OUISSAM ALAOUITE, récompense royale, et a été décoré de la Légion d’Honneur en 1959.

En 1960, il fonde le Conservatoire National de Musique de Rabat. Il a composé un Opéra et de nombreuses partitions déposées à la SACEM.

Il a publié le « TABLEAU de la Musique Marocaine ». Pour ce faire, il s’est rendu dans les fêtes avec son cahier où il a transcrit les NOUBAS de tradition orale. Grâce à son travail, ces musiques sont lisibles par tous. Enfin, pour l’anecdote : en 1928, il a pour ami Maurice RAVEL. Alexis lui souffle l’idée de la répétition progressive du célèbre Boléro. L’épouse du second fils d’Alexis, Roger, a conté ce secret d’alcôve à Marie-Céline.

Et les légendes ne s’arrêtent pas là : c’est Alexis qui a harmonisé l’hymne national chérifien. A la naissance de Marie-Céline en 1953 à Rabat, Alexis a 62 ans.

Piano, danse classique, peinture et écriture sont l’univers de Marie-Céline, et quand elle donne vie à « La disparue de Zonza », elle n’en est pas à son premier essai.

Marie-Céline, dans « La disparue de Zonza », s’identifie à son personnage. Elle retrouve ensuite le chaînon manquant de la vie d’Alexis CHOTTIN, comme si c’était lui, encore vivant au sein de l’A.D.N., qui avait enquêté et remonté le fil. Absoute de son écart imaginatif, la fille a offert à son père les clés de sa naissance énigmatique ! Il est Espagnol, comme Paquita !

 
Marie-Céline Chottin / Kathleen Hughes


 
NB : Marie Celine Chottin est la fille d’Alexis Chotin.
Kathleen HUGHES est la fille de Stephen O. Hugues, ancien chef du bureau de Reuters à Rabat.

  


Dans la même rubrique :
< >