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Akhannouch et l’ambition de sortir l’école du « grand déclassement »


Rédigé par Anass Machloukh le Mercredi 6 Juillet 2022

L’Exécutif compte ressusciter l’école marocaine après sa longue agonie. Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a exposé sa feuille de route devant les Conseillers parlementaires. Détails.



« Il est nécessaire que les citoyens aient à nouveau confiance dans l’école publique », a appelé le chef du gouvernement Aziz Akhannouch, venu mardi à la Chambre des Conseillers exposer sa vision pour réformer l’école publique. Objet de l’un des échecs cuisants de l’ancien modèle de développement. Les gouvernements se suc[1]cèdent, mais l’école continue son marasme, si ce n’est sa décrépitude, et ce, en dépit des multiples plans d’urgence qui sont restés noir sur blanc. L’Exécutif actuel veut changer la donne en lançant un véritable chantier de réforme de l’instruction publique en s’attaquant à toutes ses failles (Ressources humaines, système pédagogique, investissement…). Une mission d’autant plus ardue qu’un grand travail attend l’équipe d’Aziz Akhannouch. L’état de l’école aujourd’hui est tel qu’il ne réjouit personne. « L’état actuel de l’enseignement au Maroc reste en deçà des attentes de SM le Roi Mohammed VI et de larges franges de citoyens », et ce, malgré les acquis réalisés sur les plans de l’élargissement de l’offre scolaire et du soutien social, a déploré le chef du gouvernement en s’adressant aux membres de la deuxième Chambre. Pour réaliser le décollage tant espéré, le gouvernement veut édifier l’école de « l’Etat social » sur la base d’une nouvelle vision où la culture, le sport et l’épanouisse[1]ment personnel seront des composantes essentielles du parcours scolaire de l’élève. Raison pour laquelle Aziz Akhannouch a déclaré vouloir moderniser les infrastructures scolaires de sorte que les écoles soient équipées de tout ce qui est nécessaire pour l’enseignement et surtout pour le divertissement et le bien-être de l’élève.
 
Dans son exposé, le teneur du gouvernail gouvernemental a résumé sa réforme en quatre points fondamentaux : généralisation du préscolaire, développement des capacités cognitives des élèves dans la lecture, l’écriture et le numérique, ainsi que la généralisation des écoles communales, du transport et des cantines scolaires. Des objectifs de taille auxquels s’ajoutent le renforcement de l’investissement dans l’enseignement supérieur et la revalorisation du métier d’enseignant. Sur ce dernier point, le gouvernement, via le ministère de tutelle, a d’ores et déjà commencé ce chantier en engageant des pourparlers marathoniens avec les syndicats de l’enseignement afin de réformer le statut des fonctionnaires de l’Education nationale. Le ministre Chakib Benmoussa veut élaborer un nouveau système unifié comprenant toutes les catégories d’enseignants avec plus d’avantages sociaux et d’incitations à la performance. Cette réforme, rappelons-le, devrait voir le jour, à en croire les déclarations précédentes du ministre, ce mois de juillet. Cette réforme sera ajoutée à celle de la formation des enseignants. Le gouvernement avait limité l’âge d’admissibilité aux concours d’enseignants à 30 ans afin de faire du métier une véritable vocation plutôt qu’une voie de recours pour les chômeurs dépourvus de passion pour éduquer les futures générations.
 
En parallèle, la nouvelle vision veut que les enseignants soient appuyés et secondés pas le corps des inspecteurs éducatifs, dont la fonction fait manifestement défaut. Aziz Akhannouch a déclaré vouloir élargir leurs rôles pour inclure l’accompagnement, l’encadrement et le « contrôle de qualité, en plus de leur vocation originelle : l’évaluation ».
 
Qualité de l’enseignement et de l’apprentissage… l’urgence !
L’amélioration de la qualité du système éducatif à tous les niveaux est l’une des priorités de gouvernement. Aziz Akhannouch a souligné d’abord les difficultés qui entravent la généralisation du préscolaire, sou[1]lignant que malgré les progrès réalisés jusqu’à aujourd’hui, des lacunes persistent au niveau des salles équipées et des cadres qualifiés à même de réunir les conditions adaptées aux besoins moteurs, affectifs, linguistiques et cognitifs des enfants de 4 ans. Outre cela, il a été décidé la création de 4000 unités au profit des enfants de 4 à 6 ans, surtout dans les régions éloignées.
 
Pour ce qui est de l’enseigne[1]ment primaire, la réalité de nos élèves est choquante, à en croire M. Akhannouch. Selon qui, chaque année, près de 300.000 élèves quittent l’école dès le cycle primaire, et seuls 30% des élèves montrent qu’ils disposent des compétences cibles à la fin du cycle primaire, contre 10 % seulement au cycle préparatoire. À cela s’ajoute le retard qu’accuse l’école marocaine en termes de technologies numériques. La pandémie a montré les échecs de l’école à fournir un enseigne[1]ment à distance de qualité. Dans sa volonté de réforme, le gouvernement fixe un certain nombre d’objectifs pour hisser le niveau des élèves d’ici 2028. Il s’agit de la diminution d’un tiers du taux de déperdition scolaire et de l’amélioration de la qualité des apprentissages reçus à l’école, en augmentant à 70% le taux d’acquisition des compétences de base, en plus de la création d’un environnement favorable et de conditions adéquates propices à la participation et à la réussite au sein des écoles, et ce, en doublant le nombre d’élèves bénéficiant des activités intégrantes en milieu scolaire. Atteindre ces objectifs stratégiques nécessite de détailler leurs contenus à travers des mesures opérationnelles claires et réalisables, afin de permettre aux instances gouvernementales concernées de garantir une bonne mise en œuvre de cette feuille de route, a conclu M. Akhannouch.
 



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