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Aïd Al-Adha :Encore une fête sous l'emprise du Covid-19


Rédigé par Siham MDIJI le Samedi 17 Juillet 2021

Situation épidémiologique alarmante et prix élevés des moutons, tels sont les points saillants marquant l’Aïd Al-Adha 2021, qui pour la deuxième année consécutive se déroulera sous l’ombre du Covid. Détails.



Aïd Al-Adha :Encore une fête sous l'emprise du Covid-19
P lus que quelques jours nous séparent du 21 juillet, date à laquelle les Marocains célébreront l’Aïd El-Kebir, cette fête religieuse à dimension sociale et culturelle. Outre qu’il s’agit d’un événement phare pour les retrouvailles familiales et les congés annuels pour les petits métiers, c’est une occasion pour certaines personnes de se faire un petit budget grâce à la vente des cordes, bâtonnets de brochettes, charbon, couteaux, etc. Un scénario devenu habituel aux yeux des concitoyens.

A son approche, une grande partie des citoyens se préparent pour célébrer comme il se doit ce jour de fête ancrée dans la société marocaine. S’il y a un seul mot d’ordre qui, en ce moment, sonne dans l’esprit de toutes les familles, c’est bel et bien : l’Aïd.

Malgré les circonstances actuelles qui imposent des mesures exceptionnelles afin de limiter les risques de la propagation du Covid-19, les souks hebdomadaires, comme les souks dédiés spécialement à la vente des ovins et caprins, sont pleins à ras bord, comme à chaque année.

L’ambiance qui précède le grand jour s’est petit à petit installée. Cependant, le respect des gestes barrières s’impose pour ne pas revivre le même scénario de l’année dernière où le Royaume a subi une hausse exceptionnelle des contaminations durant la même période.

En effet, les autorités locales et sanitaires redoutent l’explosion du nombre de cas à cause de la promiscuité dans les marchés, suite aux différents contacts avec les moutons. Bien que ces derniers ne risquent pas l’infection, ils peuvent être de grands vecteurs de transmission, les acheteurs potentiels ne cessant pas de tâter et palper les moutons.

Offre abondante, flambée des prix

Les « hawli » mis à la vente semblent répondre à tous les goûts, en témoigne l’offre abondante du cheptel, estimée à plus de 8 millions de têtes dont plus de 6,5 millions d’ovins et 1,5 million de caprins, malgré la succession de deux années de sécheresse et les conditions climatiques ayant prévalu en cette période.

L’approvisionnement du marché en aliments de bétail en quantité suffisante et dans de bonnes conditions, a permis une amélioration des performances zootechniques du cheptel, atteignant un taux d’agnelage de 90% et un faible taux de mortalité de 5%, a indiqué un communiqué sur l’Aïd publié, vendredi dernier, par le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts.

En dépit de cela, les prix des moutons, toutes espèces confondues, sont jugés exorbitants par les chefs de familles qui veulent coûte que coûte suivre la Sunna et célébrer cette fête sacrée, quitte à s’endetter pour pouvoir se procurer un mouton. « Vous ne pouvez pas vous imaginer quels ennuis on subit, maintenant, avec les charges et la pression de l’Aïd », nous a révélé un père de famille accompagné de son fils, ajoutant que « c’est avec une grande déception quand j’ai découvert que le prix moyen varie entre 2.500 et 3.000 DH et peut atteindre même 6.000 à 7.000 DH pour le haut du panier.

« Je suis en pleine négociation avec les vendeurs et je dois veiller à acheter un bon mouton à un prix plus ou moins convenable », a-t-il déclaré.

Un vendeur au souk de Kénitra, mis en place par les autorités régionales et provinciales pour la commercialisation des bétails destinés à l’abattage, nous a expliqué que cette flambée inédite s’explique par l’augmentation du prix des fourrages, à savoir les céréales, le soja, le tourteau, le maïs qui est passé de 2 DH à 4,5 DH le kilo. « Nous espérons atteindre des ventes records d’ici la fin de semaine pour couvrir les grosses pertes financières que nous avons subies dernièrement en raison à la fois du Covid-19 et des conditions météorologiques », a-t-il fait savoir.

Hormis le côté commercial, les marchands semblent tout de même prendre du plaisir à faire leurs affaires en plein milieu urbain. C’est un aspect à ne pas négliger, cette fête est un moment de rapprochement entre les milieux rural et urbain et permet de renforcer chaque année le lien entre les deux.

« J’aime bien venir ici pendant la période de l’Aïd, tout d’abord pour vendre mes moutons, mais également pour profiter de l’occasion et visiter ma famille qui habite en ville », explique Abdellah, le sourire aux lèvres. « C’est vrai que c’est fatigant avec le Covid-19, mais je me sens en vacances en quelque sorte. En plus, je rencontre plusieurs autres vendeurs et, mise à part la concurrence, l’atmosphère est très joyeuse ».

Une opportunité pour améliorer la trésorerie des agriculteurs Selon le ministère de tutelle, l’opération de l’Aïd constitue une opportunité pour améliorer la trésorerie des agriculteurs, pour lesquels l’élevage des petits ruminants représente la principale source de revenu, notamment dans les vastes zones de parcours.

Les transactions commerciales des animaux d’abattage permettront de réaliser un chiffre d’affaires dépassant les 12 milliards de dirhams (MMDH), dont la grande partie sera transférée au milieu rural, a-t-il fait savoir, permettant ainsi aux agriculteurs de faire face aux dépenses des autres activités agricoles, en particulier durant la période de démarrage de la prochaine campagne agricole 2021-2022.

Ces ressources financières contribueront à dynamiser les activités économiques globales dans le monde rural, a fait remarquer la même source.

A noter que deux organisations professionnelles, la Fédération interprofessionnelle des viandes rouges (FIVIAR) et l’Association nationale ovine et caprine (ANOC), ont été chargées par ledit ministère pour identifier les ovins et caprins destinés pour le sacrifice à l’Aïd, sous la supervision de l’Office National de Sécurité Sanitaire des produits Alimentaires (ONSSA). Pour assurer la traçabilité de ces animaux, cette identification consiste en la pose sur l’une des oreilles de l’animal d’une boucle jaune portant un numéro de série unique pour chaque animal, en plus de la mention ( عيد الأضحى ) et un logo portant « la tête d’un mouton ».

Siham MDIJI

Mobilisation pour la gestion des déchets

Comme à chaque année, le problème de la gestion des déchets issus des célébrations de la fête de l’Aïd commence d’ores et déjà à préoccuper les travailleurs des sociétés chargées de la collecte de résidus. Ces derniers se trouvent contraints de redoubler d’efforts afin d’assurer la propreté de la ville et garantir une bonne gestion du volume de déchets. A ce propos, la Société de Développement Local Casablanca Baia, en coordination avec les autorités locales, s’est mobilisée en la matière à travers la mise en place d’un dispositif opérationnel et d’une campagne de sensibilisation des Casablancais. Ayant pour but une évacuation complète des déchets en 24h, ARMA et AVERDA ont établi un programme détaillant les mesures à prendre pour accroître l’efficacité et la rapidité du processus de collecte des déchets.