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Monde

Afghanistan : Biden défend fermement le retrait des GI’s, le Pentagone amer


Rédigé par la rédaction le Mardi 17 Août 2021

Alors qu’au Pentagone on assistait impuissant au chaos à l’aéroport de Kaboul, Biden martelait que jamais l’objectif des USA n’était de «construire une nation» en Afghanistan.



Le Président Joe Biden a «défendu fermement» lundi sa décision de retirer les troupes américaines d’Afghanistan, en assurant que la mission de Washington n’avait jamais été de bâtir une nation démocratique dans le pays instable retombé aux mains des talibans. «Après 20 ans, j’ai appris à contrecoeur qu’il n’y avait jamais de bon moment pour retirer les forces américaines», a affirmé le Président américain lors d’une adresse à la nation, prononcée à la Maison-Blanche et très attendue en raison du mutisme présidentiel durant le week-end historique.

«La vérité est que tout cela s’est déroulé plus rapidement que nous l’avions prévu», a-t-il toutefois concédé.

«Notre mission en Afghanistan n’a jamais été censée construire une nation. Elle n’a jamais été censée créer une démocratie unifiée centralisée», a affirmé le Président démocrate, en précisant que l’objectif unique «reste aujourd’hui et a toujours été d’empêcher une attaque terroriste sur le sol américain».

Face au chaos régnant, le locataire de la Maison-Blanche a par ailleurs menacé lundi les talibans de représailles si ces derniers venaient à perturber les opérations d’évacuation en cours à l’aéroport de Kaboul.

En cas d’attaque, la réponse sera «rapide et puissante», a déclaré M.Biden, promettant de défendre les ressortissants américains avec un usage «dévastateur de la force si nécessaire».

Les États-Unis continueront de s’engager pour les «femmes et les jeunes filles» d’Afghanistan, a également promis lundi Joe Biden, qualifiant les scènes en Afghanistan de «déchirantes». Sitôt son allocution achevée, M.Biden a repris le chemin vers Camp David, le lieu de villégiature des Présidents américains situé non loin de la capitale fédérale.

Amertume des militaires américains

L’ambiance était sombre lundi dans les couloirs du Pentagone, où les militaires américains assistaient, impuissants, aux scènes de chaos à l’aéroport de Kaboul, critiquant en privé la lenteur de l’administration de Joe Biden à évacuer les alliés afghans des Etats-Unis, qui craignent la vengeance des talibans.

Certains reprochent au département d’Etat, qui a seul autorité pour accorder des visas aux anciens interprètes et autres auxiliaires de l’armée américaine et leur famille, d’avoir attendu plus de deux mois pour lancer le processus de délivrance des visas d’immigration aux Afghans craignant pour leur vie.

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des scènes de totale anarchie, comme ces centaines de personnes courant près d’un avion de transport militaire américain qui roule pour aller se mettre en position de décollage, pendant que certains tentent follement de s’accrocher à ses flancs ou à ses roues. «Ça faisait des mois qu’on les prévenait» que c’était urgent, s’exclame un responsable militaire sous couvert de l’anonymat.

«Je ne suis pas en colère, je suis frustré», souffle un autre officier. «Le processus (de retrait) aurait pu être mené d’une façon tellement différente!» Alors que Joe Biden a décidé dès la mi-avril que tous les soldats américains devaient avoir quitté l’Afghanistan avant le 11 septembre, le ministère américain des Affaires étrangères a attendu des mois avant de mettre sur pied une structure ad hoc pour s’occuper des alliés des Etats-Unis.

«Quand cette administration a identifié que la situation sécuritaire évoluait rapidement, nous avons lancé il y a plusieurs semaines de cela l’opération Allied Refuge», s’est défendu lundi lors d’un point presse le porte-parole du département d’Etat Ned Price, qui a qualifié l’opération d’»effort américain gargantuesque, non seulement pour traiter, statuer, et accorder les visas à ces Immigrants Spéciaux mais aussi pour les amener aux Etats-Unis avec une opération massive d’évacuation par les airs».

Moins critique à l’égard de l’administration, un autre responsable du Pentagone interrogé par l’AFP a souligné que les diplomates avaient essayé d’accélérer le processus de délivrance des visas d’immigration, mais il a noté que ce processus administratif était trop long et compliqué vu les circonstances. L’administration Biden partait du principe que l’ambassade américaine à Kaboul resterait ouverte et que le gouvernement afghan garderait le contrôle du pays pendant des mois après le retrait américain, a-t-il rappelé.


Ghani est-il encore président ?

Le département d’Etat américain a refusé lundi de dire si les Etats-Unis reconnaissaient toujours Ashraf Ghani comme le président de l’Afghanistan, alors que celui-ci a quitté dimanche le pays lorsque les insurgés talibans sont entrés dans la capitale Kaboul à l’issue d’une offensive éclair.

«C’est quelque chose sur quoi nous travaillons avec la communauté internationale», a répondu le porte-parole du département d’Etat à la question de savoir qui Washington reconnaissait comme le dirigeant afghan. S’exprimant lors d’un point de presse, Ned Price n’a pas commenté la teneur de l’entretien téléphonique que le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a eu samedi avec Ashraf Ghani, refusant de dire si le chef de la diplomatie américaine était informé du départ de Ghani et du lieu où se trouvait ce dernier.

«Nous laissons le président Ghani indiquer ce qu’il a pu dire au secrétaire», a dit le porte-parole, ajoutant qu’il n’y avait eu «aucun transfert formel du pouvoir» en Afghanistan. D’après la chaîne Al Jazeera et l’agence de presse russe RIA, Ashraf Ghani s’est rendu par avion en Ouzbékistan. Reuters n’a pas pu vérifier de manière indépendante cette information.

 

  


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