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Monde

Accord nucléaire : Téhéran refuse de discuter, Washington déplore


le Lundi 1 Mars 2021

Selon Téhéran, la conjoncture actuelle n’est pas propice pour une réunion informelle avec l’UE et les USA.
Ces derniers déplorent l’attitude iranienne.



Accord nucléaire : Téhéran refuse de discuter, Washington déplore
La diplomatie iranienne estime la période actuelle inappropriée pour une réunion informelle sur l’accord nucléaire avec les parties américaine et européenne.

L’Iran a rejeté avant-hier dimanche toute idée de réunion informelle avec les États-Unis et l’Union Européenne pour discuter la relance l’accord nucléaire de 2015, insistant sur une levée par Washington de toutes ses sanctions unilatérales.

« Compte tenu des récentes actions et déclarations des ÉtatsUnis et de trois puissances européennes, l’Iran ne considère pas que le moment est venu de tenir une réunion informelle avec ces pays, ce qui a été proposé par le chef de la politique étrangère de l’UE », a déclaré dans un communiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh, cité par les médias iraniens.

Dans un communiqué conjoint diffusé mardi dernier, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni estiment que l’Iran doit coopérer pleinement avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et annuler les mesures qui réduisent la transparence sur son programme nucléaire.

Les trois signataires européens («E3») de l’accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien déplorent la décision de Téhéran de suspendre le protocole additionnel et les mesures de transparence prévues par le Plan d’action global commun (PAGC, ou JCPoA en anglais).

Washington regrette le refus iranien

Washington a déploré dimanche le refus de l’Iran de participer à une réunion informelle avec les États-Unis et les Européens pour discuter des moyens de relancer l’accord nucléaire de 2015.

La Maison Blanche a fait part de la déception des Etats-Unis et indiqué que Washington consulterait les autres membres du groupe P5+1 impliqués dans l’accord - Allemagne, Chine, Russie, France et Royaume-Uni.

«Bien que nous soyons déçus de la réponse de l’Iran, nous restons prêts à nous réengager dans une diplomatie significative pour parvenir à un retour mutuel au respect des engagements du JCPoA», a déclaré la porte-parole, en référence au Plan d’action global commun (PAGC, ou JCPoA en anglais) sur le nucléaire iranien. 

Les États-Unis ont de nouveau imposé des sanctions à l’Iran après l’abandon de l’accord sur le nucléaire iranien décidé par le président Donald Trump en 2018.

Téhéran et la nouvelle administration américaine du président Joe Biden sont en désaccord sur la question de savoir qui devrait faire le premier pas pour relancer les discussions. L’Iran demande que les États-Unis lèvent d’abord les sanctions tandis que Washington estime que Téhéran doit d’abord revenir au respect de l’accord, qu’il a progressivement violé.

Une politique de « résistance maximale »

S’adressant aux journalistes dimanche soir, Saeed Khatibzadeh a fait ses remarques suite à un article antérieur du Wall Street Journal, qui citait des diplomates de haut niveau affirmant que l’Iran avait rejeté une offre de l’Union européenne d’organiser des pourparlers nucléaires directs avec les États-Unis.

Selon le Wall Street Journal, deux hauts diplomates occidentaux ont déclaré que l’Iran avait exclu d’assister à une réunion en Europe pour le moment, affirmant qu’il voulait d’abord une garantie que les États-Unis lèveraient certaines sanctions après la réunion. «La mise en œuvre des engagements par toutes les parties [au JCPOA] n’est pas une question de négociation et de concessions mutuelles, car toutes les options de concessions mutuelles ont été épuisées il y a cinq ans», a déclaré Khatibzadeh.

Ajoutant que «la voie à suivre est assez claire. Les États-Unis doivent mettre fin à leurs sanctions illégales et unilatérales et revenir à leurs engagements dans le cadre du JCPOA. Cette question n’a pas besoin de négociation, ni d’une résolution du Conseil des gouverneurs [de l’Agence internationale de l’énergie atomique]».

«La République islamique d’Iran répondra aux actions par des actions et de la même manière qu’elle reviendra à ses engagements du JCPOA lorsque les sanctions seront levées, elle répondra également en nature à toutes les mesures et comportements hostiles», a-t-il souligné.

Téhéran, qui a affirmé de manière vérifiable ne pas chercher à développer des armes nucléaires, a adopté ce qu’il a appelé la politique de «résistance maximale» et a résisté avec succès à la pression américaine, tout en poussant les autres parties à l’accord, officiellement connu sous le nom de JCPOA, à honorer leurs engagements et résister à l’intimidation américaine.

L’Iran soutient que les trois parties européennes à l’accord, également connues sous le nom d’E3, n’ont fait que du bout des lèvres aux appels de Téhéran à protéger ses intérêts contre les sanctions illégales des États-Unis.
 
Netanyahou accuse l’Iran de l’attaque d’un navire israélien
Le Premier ministre israélien a accusé lundi l’Iran d’être à l’origine de l’explosion survenue la semaine dernière sur un navire israélien en mer d’Oman et a promis une riposte contre les intérêts iraniens «partout dans la région».

Le MV Helios Ray, un bateau israélien transportant des véhicules, effectuait le trajet entre la ville saoudienne de Dammam et Singapour, au moment de l’explosion qui a eu lieu au large du sultanat d’Oman, selon Dryad Global, une société spécialisée dans la sécurité maritime.

La mer d’Oman est située entre l’Iran et Oman, à la sortie du stratégique détroit d’Ormuz par lequel transite une grande partie du pétrole mondial et où opère une coalition dirigée par les États-Unis. 

«Il est clair que c’est un acte iranien. Et pour ce qui est de ma riposte, vous connaissez ma politique. L’Iran est le plus grand ennemi d’Israël et je suis déterminé à l’arrêter et nous allons le frapper partout dans la région», a déclaré Netanyahou lors d’une interview à la radio.

Il s’exprimait après des frappes nocturnes attribuées à Israël contre des cibles pro-iraniennes en Syrie voisine.