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Monde

​Semaine africaine de la vaccination: Parlons-en, de la responsabilité face à la prévention


Rédigé par Wolondouka SIDIBE le Lundi 26 Avril 2021

La 11ème Semaine africaine de la vaccination se tient dans un contexte particulier en cette année 2021, Covid-19 oblige. C’est aussi l’occasion de se mobiliser en faveur d’un accès universel aux vaccins vitaux et mener une action plus concertée dans le domaine de la vaccination en Afrique. Car vacciner c’est prévenir et, par ricochet, guérir.



​Semaine africaine de la vaccination: Parlons-en, de la responsabilité face à la prévention
L’Afrique célèbre du 24 au 30 avril courant sa semaine de la vaccination sous le thème : « Communautés vaccinées, communautés saines ». Si habituellement cette célébration était portée généralement sur le paludisme, la rougeole, la polio (même étant éradiquée définitivement sur le continent),etc.. celle de cette année coïncide avec Covid-19 dont le nationalisme du vaccin a exacerbé la disparité entre les Etats nantis et les moins fortunés.Pis, la vaccination n’aura pas bien porté son nom en cette période de pandémie.

Une disparité qui montre l’enjeu et les perspectives dans la recherche de vaccins mais aussi le comportement du citoyen vis-à-vis ceux que sont les potions magiques aujourd’hui tels que fizer/BioNTech, Moderna, Spoutnik, Johnson & Johnson ou encore Sinopharm.

Rien que pour la Covid-19, près de 900 millions de doses de vaccin ont été administrées dans le monde, mais plus de 81% sont allées à des pays à revenu élevé ou intermédiaire supérieur, tandis que les pays à faible revenu n'en ont reçu que 0,3% dont la majorité se trouve en Afrique. Même si l’initiative COVAX tente d’établir un équilibre. D’ailleurs, à ce jour, l'initiative a expédié 40,5 millions de doses à 118 pays jusqu'à présent, pour un objectif de 2 milliards de doses d’ici à la fin de l’année.

C’est dans ce contexte que l’édition 2021 de la Semaine africaine de vaccination se vit avec ce pincement au cœur ou d’un sentiment d’injustice qui pourrait être à l’origine de taux élevé de sceptiques quant à l’administration des doses en Afrique, vis-à-vis des nouveaux vaccins. Pire, l’arrivée de Coronavirus a laissé aux oubliettes les autres maladies.

Couverture vaccinale

Déjà que chaque année, avant Coronavirus, plus de 30 millions d’enfants africains de moins de cinq ans tombent malades et 500.000 d’entre eux décèdent des suites de maladies à prévention vaccinale. Cela représente 58% de la mortalité mondiale totale imputable à ces maladies. Sans oublier que la couverture vaccinale n’a pas progressé au rythme de la croissance démographique et se situe toujours à 76% dans la Région africaine, en deçà de l’objectif fixé à 90%. C’est dire qu’il pourrait en être aujourd’hui avec Covid-19.

Résultat : quinze pays africains ont différé leurs campagnes de vaccination contre la rougeole au cours de l’année écoulée afin de concentrer les efforts sur la riposte à la pandémie de Covid-19. Sept de ces pays ont mené à terme leurs campagnes, mais huit autres restent à la traîne et sont de ce fait exposés à des risques de flambées de rougeole de grande ampleur.

Pire, de nouvelles données préliminaires révèlent qu’environ 16,6 millions d’enfants n’ont pas reçu les doses supplémentaires de vaccin contre la rougeole qui auraient dû être administrées en Afrique entre janvier 2020 et avril 2021. Au cours de cette même période, huit pays africains ont notifié d’importantes flambées de rougeole qui ont touché des dizaines de milliers de personnes.

Toutefois, ces flambées épidémiques pouvaient être imputées en grande partie à une faible couverture de la vaccination systématique ou aux retards dans les activités de vaccination. En outre, l’efficacité de la surveillance de la rougeole en Afrique est tombée au plus bas niveau en sept ans, jusqu’en 2020, à tel point que seulement 11 pays ont atteint leur objectif.

La majorité des maladies, y compris le tétanos, la diphtérie et la fièvre jaune, doivent faire l’objet d’une couverture vaccinale de 90% de la population. Or, les taux de couverture en Afrique oscillent entre 70% et 75% depuis une décennie. Aussi, dans la région africaine, environ neuf millions d’enfants ne reçoivent pas leurs doses de vaccins d’importance vitale chaque année, et un enfant sur cinq n’est toujours pas protégé contre les maladies à prévention vaccinale.

Responsabilité de chacun

Pour les experts,il est important désormais de renforcer la sensibilisation, l’information et l’éducation à l’acte vaccinal.Ce qui fait dire à TunjiFunsho, expert, cardiologue et membre du groupe de travail présidentiel nigérian sur la poliomyélite, qu’il « est nécessaire que les gouvernements africains investissent dans des programmes de sensibilisation communautaire visant à combattre l'hésitation à la vaccination qui a sapé la lutte contre les maladies infectieuses, y compris la Covid-19 ».

Pour lui, le partenariat stratégique et la sensibilisation solide qui avaient conduit au succès de la vaccination contre la poliomyélite en Afrique devraient être imités pour stimuler la vaccination contre les maladies à transmission vectorielle qui sont responsables de la mortalité infantile et maternelle élevée sur le continent. Il en est de même pour Covid-19. Toujours est-il que de la responsabilité de chacun y va la réussite de la vaccination si l’on venir à bout de la Covid-19, pour que nos activités reprennent leur rythme normal.