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Culture

​ L’avant et l’après-Covid: La relance culturelle post-Covid imposera-t-elle ses paradigmes ?


Rédigé par Abdallah BENSMAÏN le Mercredi 14 Avril 2021

La pandémie a bouleversé des secteurs entiers et fait tomber moult certitudes. Qu’en-est-il dans le secteur et comment peut s’annoncer la relance dans la création et la diffusion des produits culturels ?



Sur le site électronique du ministère de la Culture, la dernière activité répertoriée dans la rubrique « Festivals » remonte à l’été 2019. La publication du « GUIDE POUR LA REPRISE DES ACTIVITÉS CULTURELLES » ne concerne que « la gestion de la phase post-confinement sanitaire ». Ce guide qui s’adresse aux gestionnaires publics et privés du secteur culturel et au grand public, présente dans le détail « les bonnes pratiques à mettre en place dans les différents établissements et activités culturels ». La liste dressée à cet effet embrasse le spectre de la culture dans sa large représentation. Cela va de la visite des monuments historiques, en passant par les sites archéologiques et les musées publics et privés, les espaces d’exposition et galeries d’art publics et privés, Bibliothèques et médiathèques publiques et privées, les espaces de spectacle ouverts ou fermés (théâtre, musique, danse, festivals, arts de la rue, cirque) et, bien entendu, l’événementiel.

Dans ce guide, le ministère de la Culture insiste sur le fait que la reprise des activités interviendra selon «  le calendrier déterminé par les autorités compétentes ». Où en est-on de ce calendrier ? Nulle part… ce qui ne signifie pas que l’activité culturelle a totalement disparu, du moins, dans certains des espaces dédiés à la culture.

Les librairies qui ont repris le chemin de la reprise la vivent tant bien que mal. Si les lecteurs ne se bousculent pas entre les rayons, la dimension « promotion », avec l’organisation des signatures pour les nouvelles parutions, n’a pas encore fait sa réapparition. Les débats des cafés littéraires commencent à relever du souvenir. Malgré des expériences hésitantes de débats à distance, le champ des rencontres ne s’est pas seulement rétréci, il semble complètement disparu. Comment se fera la reprise ? La réponse ne sera pas apportée par le ministère de la Culture qui essaie, tant bien que mal et vaille que vaille, de maintenir une certaine action qui, à défaut de mobiliser les foules, ameute quelques caméras de télévision et web télés.
 
Le jour d’après
 
Le moment n’est pas propice à l’action mais qu’en est-il de la réflexion post-Covid ? Rien ne filtre sur des enseignements tirés de la pandémie. Le silence est sur toute la ligne. En dehors des centres d’études traditionnels à vocation « théorique », généraliste à souhait et sans impact réel sur la création en général, les options proposées pour sortir du marasme sinon du gel total de l’action culturelle, sous toutes ses formes, sont rares sinon inexistantes. La réflexion porte sur le jour d’après, sans s’appesantir sur le paysage après la bataille. Comment reconstruire, remettre debout le modèle ancien, favoriser des ruptures pour préparer un avenir incertain, avec ou sans les acteurs d’un passé récent ? La Banque mondiale n’hésite pas à titrer, dès l’été 2020, une Opinion « La place de la culture dans la reprise post-COVID : un atout pour l’économie, la résilience et le bien-être », avec une certaine tonalité métaphysique.

Les plans de relance, proposés ici et là, ne dépassent guère les aides financières à apporter pour remettre en marche la machine culturelle. Chacun est conscient que l’argent reste le nerf de la guerre et pour la gagner il faut s’en donner les moyens. Le ministère de la Culture qui a fait pleuvoir des dirhams sur le secteur du livre et de la culture en général, dans les différents segments de l’écosystème, avait fait polémique. Qui a oublié les sorties d’artistes de renom pour dénoncer une opération d’aide sans critères ni finalité, en somme. La finalité ? La problématique y est tout entière : la relance devra-t-elle offrir aux divers publics du réchauffé à tous les étages où s’inscrira-t-elle dans une dynamique à même de bouleverser les schémas existants de création et de représentation ?

La crise sanitaire a entraîné des recherches qui ont révolutionné l’industrie pharmaceutique et la prise en charge des malades dans la riposte à la pandémie. Qu’en sera-t-il des paradigmes de la relance culturelle ? La question n’est pas de pure forme et selon l’expression consacrée, il est possible dès lors d’affirmer que rien ne sera plus comme avant…