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​Jadida – Jardinier : la peine insolite d'un "streamer" marocain


Rédigé par Mohamed LOKHNATI le Mardi 6 Janvier 2026

Un "streamer" marocain célèbre a troqué sa souris d'ordinateur contre une paire de gants de jardinage. Condamné pour diffamation, Ilyas El Maliki, habitué aux écrans et aux live animés, a débuté ce lundi une peine pour le moins inattendue : neuf cents heures de travaux d'intérêt général... en tant qu'employé horticole.



Plutôt que les dix mois de prison ferme initialement prononcés par le tribunal d'El Jadida fin décembre, l'influenceur a obtenu une mesure alternative. Il devra désormais s'occuper des espaces verts, effectuer du nettoyage et de la maintenance dans la commune d'Ouled Rhamoun, à raison de six heures par jour. Une reconversion professionnelle forcée qui devrait durer environ cinq mois.

La scène était surréaliste ce week-end devant la prison de Sidi Moussa : l'homme, habituellement suivi par des milliers d'internautes, est sorti sous les vivats de supporters pour aller... tailler des haies et ramasser des feuilles. Une chute vertigineuse pour celui qui vivait jusqu'alors des revenus de ses diffusions en ligne.

Mais le juge a posé des conditions strictes. Interdiction formelle de filmer ou de partager le moindre cliché de cette nouvelle vie de jardinier. "Pas de selfie avec la tondeuse", a-t-il en substance ordonné, pour éviter tout détournement spectacle ou moquerie sur les réseaux sociaux. Sa présence quotidienne sur son "lieu de travail" sera scrupuleusement contrôlée. Le moindre faux pas, la moindre absence, et c'est le retour direct derrière les barreaux.

L'intéressé, qui risque désormais plus la piqûre d'une épine que le "troll" d'un internaute, se dit néanmoins satisfait. La justice a en effet abandonné les charges les plus lourdes qui pesaient sur lui, notamment celle de "corruption de la jeunesse", évitant au "streamer" une possible condamnation à dix ans de prison.

Une affaire qui s'achève donc par une leçon de choses bien concrète, où les abonnés et les likes ont été remplacés par les plantes et le râteau. Une condamnation qui fait pousser une réflexion sur la nature des peines à l'ère du numérique.
 
Mohamed LOKHNATI







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