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Stratégie nationale d’inclusion financière : Bank Al-Maghrib et le MEF font le point sur les défis à relever


Rédigé par A. CHANNAJE le Vendredi 4 Février 2022

Bank Al-Maghrib et le ministère de l’Economie et des Finances (MEF) reviennent dans un nouveau rapport sur les défis à relever sur lesquels le Maroc doit réussir pour accélérer l’inclusion financière des segments les plus vulnérables de la population et des entreprises.



Stratégie nationale d’inclusion financière : Bank Al-Maghrib et le MEF font le point sur les défis à relever
Le lancement de la Stratégie Nationale d’Inclusion Financière au Maroc représente une étape importante franchie par les acteurs, en quête de libérer le potentiel de l’inclusion financière en faveur du développement socio-économique du Royaume. Malgré les progrès réalisés, les défis à relever demeurent importants notamment pour réussir le pari de la lutte contre les inégalités et la relance économique. Tel est du moins le constat dressé dans la 2ème édition du rapport sur la stratégie nationale d’inclusion financière portant sur l’année 2020, co-publié le 2 courant par le ministère de l’Economie et des Finances et Bank Al-Maghrib.

Initiée depuis 2016, cette stratégie vise la réduction des disparités en termes d’accès et utilisation des services financiers. En d’autres termes, cette feuille de route est censée faciliter l’accès des personnes les moins favorisées aux différents services et produits financiers (comptes bancaires, transactions, épargne, assurances, etc.).

Inclusion financière, composante de la réponse à la crise sanitaire
 
« Afin de soutenir les secteurs impactés par la crise sanitaire, une série de mesures a été mise en œuvre, sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi, que Dieu le Glorifie, dès les premiers jours de la crise. Ainsi, et à travers le « Fonds spécial pour la gestion de la pandémie du Coronavirus » créé sur Hautes Instructions Royales, des aides ont été versées au profit des secteurs et des ménages ayant souffert des répercussions de la crise sanitaire. Un plan de relance, prévoyant l’injection de 120 milliards de dirhams dans l’économie marocaine, a été lancé dès le début de la levée des restrictions. Dans ce contexte particulier, les leviers de la Stratégie Nationale de l’Inclusion Financière ont montré toute leur pertinence. En effet, le secteur bancaire et le secteur de la micro finance ont contribué aux efforts des autorités publiques visant à atténuer l’impact économique de la pandémie à travers notamment la distribution des aides du gouvernement aux ménages, en particulier dans les régions reculées du Royaume », note Nadia Fettah Alaoui, ministre de l’Economie et des Finances, dans un mot d’ouverture de ce document.

Abdellatif JOUAHR, wali de BAM, indique, de son côté, que la crise sanitaire a permis, dans le domaine de l’inclusion financière en particulier, « de donner un coup d’accélération à la mise en œuvre de la stratégie nationale d’inclusion financière…».

D’après ce rapport, cette stratégie permettra une dynamisation du circuit économique à travers la réinjection de l’épargne et l’optimisation des mécanismes d’aides et de soutien destinés aux ménages et aux TPME (Très Petites et Moyennes Entreprises).

« En outre, la stratégie favorisera la diffusion des bonnes pratiques à travers les mesures d’éducation financière et de communication, enjeu majeur pour permettre la prise de décisions financières rationnelles en termes de consommation, d’investissement et de gestion des situations de crise», souligne-t-on.

Dans ce cadre, le rapport note que la stratégie est appelée à accélérer l’insertion des jeunes sans emploi et la relance des activités des Activités Génératrices de Revenu (AGR) et des TPME affectées par la crise sanitaire. A cet effet, poursuit la même source, la micro finance, les offres bancaires notamment dans le cadre du programme INTELAKA ainsi que les modèles alternatifs de financement représentent des instruments clés pour insuffler un élan à la croissance économique.

De même, pour réussir l’inclusion financière, les mécanismes d’accompagnement devront être renforcés notamment pour soutenir les TPME suivant une approche sectorielle. Dans ce cadre,  le rapport indique que les parties prenantes devront poursuivre leurs réflexions pour mettre en place un modèle d’accompagnement accessible et adapté aux exploitants agricoles.

Par ailleurs, la stratégie devra accompagner la réforme de la protection sociale qui vise la protection des segments pauvres et vulnérables de la population contre les risques liés à la maladie, la perte d’emploi ou la vieillesse. Afin d’optimiser l’impact de ce projet sociétal sur la réduction de la pauvreté, cette feuille de route devrait mettre en œuvre des mesures spécifiques pour la mise en place de canaux inclusifs notamment via la dématérialisation des flux et pour le renforcement des capacités des citoyens en termes de gestion budgétaire, d’épargne et d’investissement.

La digitalisation, accélérateur de l’inclusion financière et sociale
 
Il ressort également dudit rapport que la digitalisation de l’écosystème national des paiements représente un accélérateur de l’inclusion financière et sociale. En effet, suite au lancement du paiement mobile au Maroc, les efforts des acteurs de l’écosystème ont été renforcés sous le pilotage et l’impulsion de Bank Al-Maghrib (BAM) dans l’objectif d’ancrer son usage dans le comportement de la population, note le rapport. Porteuse de nouvelles opportunités, la crise sanitaire a rappelé la nécessité d’accélérer la dématérialisation des paiements des aides sociales en explorant les synergies entre les parties prenantes pour atteindre les populations jusque-là exclues ou sous-desservies via le Paiement Mobile.

A cet effet, l’année 2021 devra être une année de transition pour ce nouveau modèle en œuvrant pour l’opérationnalisation des Business Models et la mise en place d’un écosystème digital de bout en bout. Dans ce cadre, Bank Al-Maghrib et le MEF recommandent la diffusion des campagnes de communication et d’éducation financière auprès des différents segments. Objectif : instaurer la confiance à l’égard de la digitalisation et des opérateurs de l’inclusion financière numérique.

En outre, un intérêt particulier sera accordé à l’éducation digitale dans le cadre d’un programme commun établi par les parties prenantes de l’écosystème financier. En effet, ce programme se fixe pour objectifs : la promotion des services financiers digitaux et de leurs canaux, la diffusion des bonnes pratiques en matière de protection contre les risques associés aux services financiers digitaux, la mise en évidence des cas d’usage pour une utilisation responsable et sécurisée, et la sensibilisation sur les rôles et obligations des différents acteurs (Régulateurs/ Institutions Financières/ …) pour la protection des droits du consommateur.



A. CHANNAJE
 
 








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