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Sommet UE-UA : De l’économie verte à la bonne gouvernance


Rédigé par W. S. Lundi 14 Février 2022



Sommet UE-UA : De l’économie verte à la bonne gouvernance
A la question de savoir quelle sera la place de l’économie verte, les énergies renouvelables et les opportunités pour le continent, lors du Sommet UE-UA (prévu du 17 au 18 février à Bruxelles), Akobe Félicien YAYI (lire l’entretien ici  ) est on ne peut plus clair.

« L’Afrique baigne 24/24h avec les énergies renouvelables. Le problème vient des gouvernants africains qui ne font pas confiance à leurs scientifiques pour les donner des moyens de développer des solutions énergétiques idoines ». Selon lui, il faudra déconstruire le discours ambiant sur l’économie verte ou la croissance verte, tenu voire imposé par les pays qui ont participé à la destruction de la planète pour se développer et qui imposent aux pays pauvres de préserver l’environnement pour les empêcher de se développer.
 
« C’est une injustice climatique doublée de narcissisme inacceptable car nos peuples savent bien vivre en harmonie avec la nature sans aucun dégât depuis les millénaires », fait remarquer notre interlocuteur. Quelles réponses appropriées faut-il face au défi sécuritaire et la gouvernance ? M. Akobe Félicien YAYI estime que les préoccupations africaines et européennes ne sont pas les mêmes.

En effet, souligne-t-il, pour l’Afrique, l’enjeu est de lutter et détruire les mouvements terroristes tandis que la préoccupation de l’Europe est de contenir la guerre secrète que la Russie, la Chine et la Turquie mènent en Afrique contre la France et les pays occidentaux.
 
Des institutions fortes

« L’Afrique doit assumer sa sécurité avec des coopérations militaires saines et publiques avec des pays amis. C’est son devoir de repenser le système de défense et de sécurité collective du continent pour anticiper la nature hybride et éclectique des conflictualités et des insécurités récurrentes dans beaucoup de régions.

Dans cette perspective, il faut se doter d’une gouvernance légitime avec des institutions fortes disposant des outils d’analyse stratégique, d’anticipation et de prévention des menaces asymétriques qui guettent notre continent », relève Félicien YAYI.
 
En matière de lutte contre le terrorisme, la coopération sécuritaire européenne avec l’opération Takuba sera un atout d’appui aux efforts nationaux et régionaux. A ce sujet, les pays devront décider en toute liberté et souveraineté du choix des partenaires avec qu’ils souhaitent coopérer dans l’avenir, ajoute, YAYI.

A ce sujet, il cite Paul KANANURA, président de l’Institut Mandela, selon lequel un partenariat sécuritaire de monopole n’est pas souhaitable surtout que l’on constate la montée en puissance de la présence militaire internationale au Sahel et qui est inversement proportionnelle à l’extension et l’émergence des terroristes et djihadistes sur le théâtre des hostilités.
 
Il faut donc un partenariat efficace et limité dans le temps pour laisser le job aux forces républicaines de défense et de sécurité du pays. Cependant, dit-il, on ne peut pas vaincre le terrorisme sans réponde à cette question fondamentale : qui finance et qui fournit la logistique des terroristes ? L’interrogation demeurera toujours d’actualité!


W.S.