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Monde

Présidentielle US : Le « j’y suis, j’y reste ! » de Trump


Rédigé par ALI BENADADA le Mercredi 4 Novembre 2020

Aux derniers résultats enregistrés avant 11H (GMT) ce mercredi, Joe Biden aurait 238 grands électeurs et Donald Trump 213. Cela n’a pas empêché Trump de se déclarer vainqueur.



Présidentielle US : Le « j’y suis, j’y reste ! » de Trump
Faudrait-il s’en étonner pour autant ! Trump a tout le long de la campagne électorale refusé de reconnaitre une éventuelle victoire de Joe Biden. Tout au long de cette campagne il a accusé le camp adverse de tricherie et menacé de recourir à la justice.

Trump chercherait tout simplement à bloquer le comptage des votes par correspondances qui peuvent faire basculer la balance en faveur de l’un comme de l’autre. Mais Trump ne veut pas courir ce risque et aimerait bien y couper court. Surtout qu’il a la majorité républicaine à la Cour suprême. S’il y a nommé Barrett récemment, c’est en attente d’un renvoi de l’ascenseur par anticipation d’une telle situation.

Mais la Justice du pays le plus « démocratique » au monde serait-elle aussi aliénée aux clivages partisans?

Hier Donald Trump a plongé les Etats-Unis dans l'inconnu en se déclarant vainqueur de la présidentielle au moment où le décompte se poursuivait, provoquant une contre-attaque immédiate de son adversaire Joe Biden, en position plus favorable pour l'emporter.

"Honnêtement, nous avons gagné l'élection", a déclaré le président républicain des Etats-Unis lors d'une allocution depuis les salons de la Maison Blanche. Evoquant une "fraude" sans livrer aucun élément concret, il a réclamé de manière très confuse que "tous les votes cessent" et assuré vouloir saisir la Cour suprême.

Donald Trump, 74 ans, avait auparavant accusé les démocrates d'essayer de "voler l'élection", dans un message contre lequel Twitter a immédiatement mis en garde ses utilisateurs, estimant qu'il pouvait être "trompeur".

NBC coupe le discours de Trump
La Chaine NBC a coupé net le discours confus, retransmis en direct par les chaînes de télévision. La chaine a choisi d'interrompre le président candidat à sa réélection pour reprendre l'antenne.
 
"Le président s'exprime depuis la Maison-Blanche mais nous devons l'interrompre là, car plusieurs déclarations ne sont juste pas vraies. Le président passe outre plusieurs États, déclarant qu'il est arrivé en tête" notamment en Géorgie, en Pennsylvanie ou dans le Michigan.
 
Des États considérés comme des "clés" du présent scrutin présidentiel. "Le fait est que ces États n'ont pas terminé le dépouillement des suffrages et qu'il y a encore des votes en suspens", justifie la journaliste en reprenant l'antenne pour rétablir les faits.
 
Au cours de son allocution, Donald Trump a également évoqué une "fraude", sans justifier son propos, et fait part de son intention de saisir la Cour suprême, sans davantage préciser le motif de la saisine.

« Scandaleux » et sans « précédent »
La cheffe de campagne de Joe Biden a jugé mercredi "scandaleux" et "sans précédent" les propos de Donald Trump, qui a appelé à arrêter le décompte des bulletins de l'élection présidentielle en s'arrogeant la victoire dans un scrutin pourtant encore indécis.
 
Dans un communiqué, Jen O'Malley Dillon a affirmé que les démocrates étaient prêts à "combattre" en justice si le président républicain saisissait la Cour suprême, comme il l'a annoncé en évoquant une "fraude" sans livrer aucun élément concret.
 
"La déclaration du président ce soir à propos d'arrêter le décompte de bulletins dûment déposés était scandaleuse, sans précédent et incorrecte", a-t-elle écrit.
 
"Joe Biden et Kamala Harris", sa colistière en lice pour la vice-présidence, "défendront le droit de tous les Américains de voir leur vote pris en compte, peu importe pour qui ils ont voté", a-t-elle ajouté.
 
"Et nous sommes encore confiants qu'une fois le processus achevé, Joe Biden sera le prochain président des Etats-Unis", a poursuivi Jen O'Malley Dillon, projetant la même assurance que Joe Biden plus tôt dans la nuit.
 
"Si le président met sa menace de se tourner vers les tribunaux pour essayer d'empêcher le comptage correct des votes à exécution, nous avons des équipes de juristes prêtes à être déployées pour combattre ces efforts", a promis la démocrate.
 
"Ce sont les Américains qui décideront de l'issue de cette élection", a tonné la cheffe de campagne.
 
ALI BENADADA avec les Agences

Encadré : 

Déficiences et lacunes d’une démocratie 
Donald Trump souhaite que la Cour suprême stoppe le décompte des voix. Il assure avoir remporté l'élection. Un résultat contraire serait le résultat d'une fraude, selon lui.
 
Jean-Christian Vinel, maître de conférences à l'Université Paris-Diderot, redoutait cette “situation où chacun des candidats revendiquerait, dans le cas Biden une possible victoire, et du côté de Trump une victoire avec d'ores et déjà la menace d'un recours judiciaire, on la redoutait ».

Ce spécialiste des questions relatives à l’histoire des États-Unis et des mouvements conservateurs aux USA, souligne que ce scénario "révèle sans doute les déficiences et les lacunes aujourd'hui de la démocratie américaine. Donald Trump a fait le pari de la crise depuis plusieurs semaines. Il a jeté un doute sur l'intégrité de l'élection, suggéré qu'il y aurait des fraudes". Cette situation montre « à quel point l'Amérique est divisée depuis de nombreuses années, mais de manière plus urgente encore, ces derniers temps ».