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Premier rapport de ID3 du Groupe Diana Holding : Réussir la transition agricole au Maroc à travers l’innovation


Rédigé par Wolondouka SIDIBE le Jeudi 6 Octobre 2022

Au cours des prochaines décennies, il est urgent d’accompagner et de soutenir la transition agricole pour améliorer, en quantité et en qualité, l’offre alimentaire, tout en fournissant des matières premières industrielles. Ces changements s’accompagnent de nouveaux modes de production. Telle est la quintessence du premier rapport du Think-tank du Groupe Diana Holding, ID3.



Intitulé « Post-pandémie, stress hydrique et transition écologique : quelle transition agricole pour le Maroc ? », le premier rapport du Think-tank du Groupe Diana Holding, ID3, est venu à point nommé dans un contexte où l’activité agricole fait face à des défis de tous genres dont en premier lieu : la rareté de l’eau et la faiblesse de la productivité.

Pour comprendre la portée de ce document, il faut dire que le présent Policy Paper de Think-tank ID3 s’appuie sur une revue de littérature en lien avec le secteur agricole du Royaume et des entretiens avec des experts compétents au Maroc et à l’étranger afin de dessiner les chemins possibles pour une montée en puissance de l’agriculture nationale.

Ce document de 17 pages, publié sous la direction d’Estelle Forget, experte internationale en développement durable, et avec la collaboration de Jean-Marie Samson, ingénieur agronome, propose donc une nouvelle approche pour réussir la transition agricole. D’autres pays ont réussi et le Maroc ne peut faire exception.

En effet, face à ces crises multiformes, les enjeux qui s’imposent aux producteurs, chercheurs, professionnels du développement et décideurs de nombreux pays, consistent à assurer non seulement la sécurité alimentaire, mais également de pérenniser les emplois dans le secteur et d’accompagner la transition des modes de production et de consommation, soulignent les rédacteurs du rapport.

Pour surmonter ces défis, lit-on dans le document, il est donc urgent au cours des prochaines décennies d’accompagner et de soutenir la transition agricole pour améliorer, en quantité et en qualité, l’offre alimentaire, tout en fournissant des matières premières industrielles. Ces changements s’accompagnent nécessairement de nouveaux modes de production (écologiques et durables), la mobilisation de financements innovants, l’intégration des nouvelles technologies dans l’agriculture, et la formation des agriculteurs de demain. Des solutions pragmatiques

Dans ce cadre, de nombreux pays tentent de trouver des solutions pragmatiques à cette problématique urgente. Plusieurs initiatives innovantes ont été engagées dans différents pays africains. Pour ce qui est du cas du Maroc, les enjeux du secteur de l’agriculture soulèvent trois grandes problématiques majeures : la dégradation de l’environnement, la fragilité économique et la sécurité/souveraineté alimentaire.

Dans leur analyse, les deux experts soulignent que le stress hydrique que connaît le Maroc s’aggrave. Le déficit pluviométrique est presque généralisé sur l’ensemble du territoire. « Le cumul pluviométrique annuel en 2020 a enregistré un déficit sur tout le Maroc dépassant les 50% au Nord de Marrakech et sur les régions Souss-Massa et Anti-Atlas alors qu’il n’a quasiment pas plu sur les provinces du Sud. Cette année est classée parmi les 4 années les plus sèches depuis 1981 (Plan Maroc Vert) », relèvent-ils.

Dans ce cadre, les inquiétudes soulevées par les cycles répétitifs de sécheresse ont conduit les experts marocains et français à développer une nouvelle modélisation quantitative, baptisée « General Monetary and Multisectoral Macrodynamics for the Ecological Shift (GEMMES) ». Ce partenariat permet de doter le pays de plus de moyens pour analyser les impacts des différents scénarios climatiques sur l’économie marocaine, au travers du secteur agricole, d’ici 2050. En outre, les sols agricoles marocains sont particulièrement vulnérables à l’érosion.

A ce sujet, l’Observatoire du Sahara et du Sahel sur la période 2000-2015, estime à 15,3% des sols au Maroc qui sont menacés de dégradation, contre 12,6% en Tunisie. La dégradation des sols agricoles constitue ainsi un défi majeur au Maroc, privant l’économie du Royaume d’environ 134 millions de dollars par an selon les estimations de la Banque Mondiale. Ce qui fait dire aux rédacteurs que la réussite de la transition agricole au Maroc repose sur des piliers au nombre limité. Il s’agit de mobiliser les parties prenantes pour structurer la filière agricole, d’expérimenter en renforçant les partenariats d’innovation avec les Universités et centres de recherche. Il est aussi question d’analyser en consolidant les bonnes pratiques internationales et les innovations techniques, de réduire le gaspillage alimentaire.

Souveraineté alimentaire

Les piliers portent aussi sur la neutralisation de l’impact des cultures sur l’environnement en se réinterrogeant sur les choix des cultures. Il est question également de favoriser l’innovation et l’intelligence collective, de stopper le gaspillage alimentaire en sensibilisant les consommateurs, de renforcer les partenariats régionaux et de s’inspirer des bonnes pratiques internationales. Enfin, pour ce qui est de la vision du Royaume, le rapport souligne que le Maroc ne peut à lui seul couvrir l’ensemble des besoins pour garantir une souveraineté alimentaire.

Cependant, en matière de sécurité alimentaire, pour anticiper l’avenir, le Maroc doit trouver les moyens de regagner en productivité par unité de surface et limiter le gaspillage. Pour cela, une approche gagnante pourrait reposer sur des axes majeurs, notamment au sein de la filière. Il s’agit de favoriser l’innovation et l’intelligence collective en associant toutes les parties prenantes dans des processus de concertation visant à apporter des solutions pour relever les différents défis en matière de logistique, environnement, pérennisation des exploitations et des systèmes agricoles. Les consommateurs sont aussi concernés.

A ce sujet, le document préconise de stopper le gaspillage alimentaire en sensibilisant les consommateurs. D’ailleurs, selon le PNUE, chaque année, c’est près de 100 kg de nourriture par habitant qui serait gaspillé au Maroc soit environ 3.320.000 tonnes jetées à la poubelle. Les produits importés ne sont pas épargnés par les consommateurs.

A l’international, le rapport recommande de renforcer les partenariats régionaux et s’inspirer des bonnes pratiques. Enfin, le rapport passe au peigne fin le « Plan Maroc Vert », la « Génération Green » et la politique de gestion des ressources en eau.




Wolondouka SIDIBE


Bon à savoir

Selon le rapport du Think-tank ID3, la question de la sécurité alimentaire étant universelle, il faut favoriser l’innovation en se nourrissant de bonnes pratiques à l’international. Il cite quelques exemples de bonnes pratiques dont le Burkina Faso avec la polyculture élevage à bas niveau d’intrant pour diversifier les risques et accroître la performance, du Costa Rica et du Guatemala dans l’utilisation des services écosystémiques des forêts.

Ces bonnes pratiques concernent aussi la France dans le domaine du Bio pour répondre aux nouvelles préoccupations des consommateurs, Israël avec les nouvelles technologies pour maîtriser les pics de chaleur, la salinité des sols et le stress hydrique des plantes ou encore Laos dans la co-construction au coeur de la transition agricole.

Enfin, rappelons que Diana Holding est un acteur majeur de l'industrie agro-alimentaire. Il occupe le 7ème rang dans le classement des plus importants groupes privés au Maroc, avec un chiffre d›affaires consolidé de près de 4 milliards de dirhams (MMDH) en 2021 et 7.500 emplois directs. La création Think-tank ID3, ce laboratoire d"idées pluridisciplinaires, est dédiée aux secteurs relevant de l›agroalimentaire et de l›agro-industrie.
 








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