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Monde

Liban : éclatement des manifestations revendiquant la démission du gouvernement


Rédigé par A.M le Dimanche 9 Août 2020

Après une journée mouvementée, marquée par des émeutes violentes, de nouvelles manifestations sont attendues dimanche au Liban pour revendiquer la démission du gouvernent et le départ d’une classe dirigeante accusée de négligence après la gigantesque explosion à Beyrouth.



Dimanche, plusieurs appels sur les réseaux sociaux ont été lancés pour appeler à des rassemblements dans l'après-midi sur l'emblématique place des Martyrs, au cœur de la capitale libanaise.

Samedi, une journée secouée par les violences

Samedi, des milliers de libanais se sont rassemblés place des Martyrs, brandissant balais et pelles, à l'heure où c'est la population elle-même qui mène les opérations de nettoyage, le gouvernement n'ayant pris selon elle aucune mesure pour lui venir en aide. Les manifestants ont aussi brandi des potences de fortune, réclamant qu'on pende les dirigeants.

Certains d'entre eux ont tenté de franchir les barrages de sécurité protégeant le Parlement tout proche. Mais les forces de l'ordre ont tiré gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc dans leur direction et les manifestants leur ont lancé des pierres. Ensuite, la situation  s’est aggravée. Les ministères des Affaires étrangères, de l'Economie, de l'Energie, ainsi que l'Association des banques, ont été pris d’assaut par des manifestants furieux.  Un agent des forces de l’ordre a péri d’une chute mortelle d’un hôtel samedi après avoir été agressé par des "émeutiers", selon la police.

A l’issue de ces émeutes, 65 personnes ont été blessées et  hospitalisées alors que vingt personnes ont été arrêtées par la police.

La classe politique désignée du doigt  

Après l’explosion qu’a connue Beyrouth, la hargne populaire s’est déchaînée contre le gouvernement et la classe politique, jugée responsable du drame que connait le pays.

Face à cette colère, la ministre de l'Information Manal Abdel Samad a annoncé sa démission, la première d'un membre du gouvernement libanais. Selon les médias locaux, d'autres ministres penseraient à démissionner. Le premier ministre Hassan Diab a annoncé qu'il proposerait des législatives anticipées et qu'il resterait au pouvoir "pendant deux mois", le temps que les forces politiques s'entendent dans un pays où le puissant mouvement armé pro-iranien Hezbollah domine la vie politique.

Le président français Emmanuel Macron avait mis en garde les autorités libanaises contre tout détournement de l’aide internationale, il a déclaré qu’ «  Il faut "agir vite et avec efficacité" pour que l'aide "aille très directement" à la population libanaise ».

Rappelons que le Liban traverse une crise sans précédent depuis la guerre civile, la faillite financière, la pandémie de la Covid-19 et l’instabilité politique ont mis le pays dans un état critique.

(Avec AFP)