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Le Voisinage Maroco-algérien : L’historique des relations tendues


Rédigé par Imad Bencheqroun le Lundi 10 Août 2020



​Imad Bencheqroun,  Etudiant en sciences politiques
​Imad Bencheqroun, Etudiant en sciences politiques
À l’aube de l’accession du Maroc à l’indépendance en 1956, Tous les regards se sont tournés vers le voisin Est du pays qui, à cette époque, menait d’une manière acharnée une guerre de résistance colossale à l’encontre des troupes françaises. En ayant à l’esprit un éminent élan de solidarité, les marocains ne sont pas restés les bras croisés et ont décidé de maintenir le combat sans répit contre le même ennemi, mais cette fois-ci sur le sol algérien et pour lutter en faveur de l’indépendance du peuple voisin. De facto, le Maroc a servi de base-arrière pour les forces de résistances algériennes sous la houlette du FLN (Front de libération Nationale). Cette lutte commune des résistants et dirigeants des deux pays du Grand Maghreb a été couronnée à posteriori par l’indépendance du Maroc en 1956, et l’Algérie en 1962. Ce combat pour restituer la souveraineté a engendré une lueur d’espoir pour une coopération perpétuelle pour la période postcoloniale. Une lueur qui, après peu de temps, s’est rapidement éteinte du fait des tensions qui ont pris le dessus à partir de la période du règne de Ben Bella, Passant à celle de Boumediene et Bouteflika en arrivant jusqu’à l’actuel président algérien Abdelmadjid Tebboune.

Ces relations caractérisées la plupart du temps par leurs hostilités remontent bien avant le déclenchement de l’affaire du Sahara. En effet, au milieu des années 50, La France a pris l’initiative d’annexer les régions du Tindouf et de Bechar au territoire algérien. Au lendemain de son indépendance, le Maroc a manifesté son souhait de les récupérer. Une volonté qui a eu l’aval des français mais a été conditionnée par l’arrêt immédiat du soutien et de l’appui apporté par l’Armée de Libération Marocaine aux résistants algériens. Une condition que le Roi Mohamed 5 voyait de mauvais œil. En revanche, il préconisa le fait que les négociations soient menées dans une atmosphère bilatérale et conviviale entre l’Algérie et le Maroc, ainsi il décida conjointement avec Ferhat Abbas, chef du gouvernement algérien provisoire de reporter le règlement de ce différend une fois que la guérilla contre les troupes françaises prendra fin. Après l’indépendance algérienne en 1962, le dirigeant algérien Ben Bella a pris les commandes en Algérie et a renoncé aux promesses faites pour discuter la question épineuse des frontières avec le Maroc. La première pomme de discorde qui a généré au milieu de 1963, une guerre sanglante connue médiatiquement par « la guerre des sables ». 

L’avènement de Boumediene au pouvoir en 1965, après un coup d’état orchestré à l’encontre de Ben Bella a accentué les tensions entre les deux voisins. Le président algérien a décidé de faire du combat contre les intérêts vitaux du Maroc le cheval de sa bataille politique. Il a déclaré ouvertement et solennellement son hostilité à l’égard du Maroc. Une hostilité traduite au cours de son mandat présidentiel par des faits et un soutien indéfectible au Polisario.  À cet effet il a œuvré d’arrache-pied en vue de compromettre l’intégrité territoriale du Royaume. Il est inutile de rappeler que la déclaration de la naissance de la ‘’rasd’’ s’est faite à partir de l’Algérie en 1975 par le fondateur El Ouali Moustapha Sayed. Une déclaration qui a fait l’objet d’éloges de la part des dirigeants du pays hôte qui n’ont pas hésités une seule seconde à abriter, entrainer, armer et financer les milices du Polisario dans la guerre initiée contre le Maroc. Au cours de la même année, la situation s’aggravait et les tensions ne cessaient de croitre.  À l’issue de l’organisation de la Marche Verte lancée par Feu Hassan II le 6 novembre 1975, le gouvernement algérien a gelé les relations diplomatiques avec le Maroc, fermé ses frontières et opté pour l’option la plus radicale en procédant à l’expulsion le jour de l’aïd el Adha, de 350.000 de marocains d’Algérie. Un nombre d’une signification symbolique relatif aux chiffres des personnes qui ont pris part à la glorieuse Marche Verte pour décoloniser le Sahara. Une attitude qui est restée dans les mémoires de tous les marocains particulièrement ceux qui ont subis cette injustice.

Relations diplomatiques suspendues, une première fermeture des frontières, marocains expulsés et une tendance séparatiste soutenue sans cesse par les algériens. Telles sont les caractéristiques d’une relation étendue entre les deux pays frères.  Les deux décennies qui ont succédé à ces évènements ont démontré que les tensions étaient au zénith. La création Le 17 février 1989 de l’Union du Maghreb Arabe au palais royal de Marrakech, suite à la signature par les cinq chefs d'État du Traité constitutif de l'Union du Maghreb arabe a permis d’apaiser les tensions et de discuter dans un climat de respect mutuel et en absence des conditions préalables entre les deux protagonistes. Un moment de calme et de sérénité qui n’a pas trop duré. En 1994 un tournant décisif dans le processus de normalisation des relations.  Le terrorisme frappe le Maroc en son plein cœur. Un acte de terrorisme a touché la capitale touristique du Maroc, Marrakech. Un évènement qui a eu des répercussions négatives sur les relations bilatérales du fait que le Maroc a pointé directement du doigt la responsabilité des algériens dans la planification et l’exécution de cette opération terroriste et a répliqué en exigeant de tous les algériens sans carte de séjour de quitter le Royaume. Une démarche non appréciée par l’Algérie qui décida à son tour de fermer pour la deuxième fois les frontières terrestres avec le Maroc.

L’avènement de Bouteflika au palais D’El Mouradiya en 1999 n’a pas changé grand-chose dans le statuquo établi depuis la fermeture des frontières. Il est évident de mentionner que l’émissaire qui était chargé de conjuguer les plans et les projets de Boumediene en réalité était son ministre des affaires étrangères qui n’était autre que Abdelaziz Bouteflika qui a gouverné l’Algérie d’une main de fer durant 20 ans. Quant au Maroc, Le royaume chérifien a toujours maintenu la main tendue à son voisin en vue de régler tous les contentieux historiques. Force est de constater que l’initiative de réconciliation a émané de la plus haute autorité politique au Maroc, à savoir l’institution monarchique dans un discours à l’occasion de la fête du trône prononcé le 29 Juillet 2019 par le souverain marocain. Une proposition qui n’a pas trouvé un écho favorable dans le bloc algérien.

L’actuel président algérien Tebboune conserve la stratégie hostile à l’égard du Maroc. Tout en négligeant l’initiative marocaine, l’actuel président algérien continue de porter préjudice aux intérêts du Maroc en plaçant le dossier du royaume au centre de sa politique extérieure, au cœur de ces préoccupations et en tête de son agenda politique. Cherchant à faire persister le conflit régional, Les dirigeants du palais d’El Mouradiya condamnent les populations locales à l’immobilisme et multiplient les obstacles à l’édification d’un Maghreb politiquement unifié, économiquement hégémonique et démographiquement soudé.

Imad Bencheqroun,
Etudiant en sciences politiques







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