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Monde

Le Maroc, acteur privilégié dans l’industrialisation continentale


Rédigé par Wolondouka SIDIBE le Lundi 1 Juin 2020

La réussite de la coopération interafricaine passe nécessairement par l’exploitation des compétences formées sur le continent. Arsène K. Fado, Lauréat du Maroc, de nationalité béninoise, est un exemple édifiant entre son pays et le royaume.



Le Maroc, acteur privilégié dans l’industrialisation continentale

Arsène K. Fado, Manager des Projets Industriels en Afrique-Groupe MENARA HOLDING
Arsène K. Fado, Manager des Projets Industriels en Afrique-Groupe MENARA HOLDING
Vous êtes Lauréat du Maroc, ayant occupé des responsabilités au Bénin avant de rejoindre le Groupe MENARA HOLDING à Marrakech. Comment s’est opérée votre intégration socioprofessionnelle ?
Le Maroc est une terre d’intégration, accueillante et hospitalière. Je sais de quoi je parle pour avoir étudié dans ce royaume. J’y ai également travaillé après juste l’obtention de mon diplôme à l’ENSA d’Agadir avant mon retour au pays natal. C’est de là-bas, en janvier 2020, que j’ai rejoint le Groupe MENARA HOLDING, dans le cadre de sa politique de développement sur le continent et principalement en Afrique subsaharienne, laquelle a démarré en 2018 par la création d’une filiale en Côte d’Ivoire. Depuis mon arrivée dans ce fleuron de l’industrie marocaine, tout se passe bien avec l’ensemble du personnel du Groupe malgré le contexte très difficile lié à la pandémie Coronavirus, qui s’en est suivi.  

Dans quel cadre, en tant que Manager des Projets Industriels en Afrique, le Maroc peut-il contribuer à l’industrialisation du continent?
La contribution du Maroc à l’industrialisation du continent peut se faire par la formation des jeunes cadres du continent dans ses universités, dans le cadre de la coopération bilatérale ou multilatérale à travers l’Agence marocaine de coopération internationale (AMCI) dont j’ai moimême bénéficié. Ceci dans les métiers à forte intensité technologique. Idem pour le transfert de technologie à travers l’implantation des grands Groupes marocains dans les pays du continent comme ce qu’ambitionne MENARA HOLDING et bien d’autres entreprises marocaines déjà présentes sur le terrain. Enfin, il y a le recrutement de cadres expérimentés depuis leur pays d’origine pour ensuite servir de passerelle au transfert du savoir-faire, c’est mon cas.

Que pensez-vous donc de l’industrialisation du continent africain ?
L’industrialisation pour nos pays est une question majeure. Le président de la BAD le confirme à juste titre : « L’Afrique doit s’industrialiser pour transformer structurellement son économie et se développer ». C‘est un impératif pour notre continent, en témoignent le programme des « HIGH 5 » de la BAD, « la déclaration conjointe de la CUA, l’ONUDI et la CEA » de novembre 2019, l’instauration par l’Union Africaine de la « Journée de l’industrialisation de l’Afrique », célébrée en novembre de chaque année, etc. Malheureusement, depuis des décennies, les politiques tant nationales que multinationales n’ont pas abouti. Il est temps d’infléchir cette tendance à travers des approches novatrices grâce à la nouvelle génération de jeunes africains formés et compétents qui émergent. 

Qu’en est-il de la présence du groupe MENARA HOLDING en Afrique ?
Le Groupe Ménara Holding a présentement deux filiales MENARA-PREFA et CARRIERES & TRANSPORT MENARA à Abidjan en Côte d’Ivoire. D’autres initiatives sont en cours d’étude pour le reste de l’Afrique avec pour objectif de contribuer à la modernisation de la construction à travers la mise sur le marché de matériaux préfabriqués en béton. En la matière, le secteur de la construction reste encore très traditionnel dans bon nombre de nos pays, chose qui n’accélère pas les chantiers et compromet profondément la sécurité des ouvrages. 

Contexte sanitaire oblige, comment vivez-vous la période de Covid-19 ? 
Plutôt bien grâce aux mesures drastiques prises à la fois par les autorités marocaines et aussi par le Groupe, qui a priorisé davantage l’élément humain. Cependant, Covid-19 est une opportunité à saisir par l’Afrique pour se recentrer sur elle-même en développant massivement la coopération Sud-Sud car beaucoup d’économies dans le monde se refermeront sur elles-mêmes pour se reconstruire. L’Afrique doit, en outre, saisir l’opportunité de la digitalisation des secteurs industriels avec l’appui de l’ONUDI relative à la 4ème révolution industrielle dite « industrie 4.0 » en cours. 

Quelles mesures d’accompagnement préconisez-vous pour les entreprises africaines dans la phase post-Coronavirus ?
Outre, les soutiens financiers colossaux initiés par les Etats pour la relance de leurs économies, toutes les entreprises, quels qu’en soit la taille ou le secteur d’activité, doivent commencer par élaborer un protocole sanitaire stricte, validé par les professionnels de la santé. Elles doivent faire un brainstorming avec une partie représentative du personnel, organiser un redémarrage très progressif de l’activité afin de maintenir un niveau optimal de résilience.

Propos recueillis par
Wolondouka SIDIBE