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Fonds souverains africains : Des plateformes stratégiques pour mieux investir


Rédigé par Wolondouka SIDIBE Lundi 12 Février 2024

De 2016 à 2022, huit pays se sont dotés d’un premier fonds souverain, suivi d’un deuxième pour le Maroc. À la différence des fonds de la première vague, ces derniers sont des fonds stratégiques d’investissement. Ils privilégient le développement économique et non l’intergénérationnalité, ne se finançant pas par la rente, pétrolière et ou gazière, dont ils sont dépourvus, mais par la mobilisation de capitaux internationaux.



De 2016 à 2022, huit pays se sont dotés d’un premier fonds souverain, suivi d’un deuxième pour le Maroc. À la différence des fonds de la première vague, ces derniers sont des fonds stratégiques d’investissement. Ils privilégient le développement économique et non l’intergénérationnalité, ne se finançant pas par la rente, pétrolière et ou gazière, dont ils sont dépourvus, mais par la mobilisation de capitaux internationaux.

Toutes les institutions d’analyse économique et financière sont unanimes : les fonds souverains africains constituent des plateformes stratégiques d’investissement et des acteurs clés dans le paysage financier mondial. Et le Policy Center For The New South (PCNS) n’est pas en reste. Ce think tank marocain vient de confirmer cette réflexion à travers son policy brief intitulé « Les fonds souverains africains : une deuxième vague (2016-2023) sous le signe de la redéfinition stratégique ». 

Pour comprendre la portée de ce mécanisme de financement, il faut dire que c’est le Fonds monétaire international (FMI) qui définit les fonds souverains à partir de trois critères : un critère de contrôle, un deuxième de gestion et un troisième d’ordre stratégique. Ce sont donc des fonds publics, premier critère, dont la gestion s’inscrit dans le long terme. 

Concernant le deuxième critère, et dont les objectifs sont de nature économique et toujours précisés lors de leur constitution, troisième critère. Selon les époques, cela sera la valorisation du PIB, l’épargne intergénérationnelle, ou encore le financement d’investissements stratégiques. Comme on peut le constater, leur financement n’est pas précisé dans leur définition. 

Rien de plus normal donc lorsque l’on sait que, si la plupart des fonds procèdent d’un excédent de la balance des paiements, l’origine de cet excédent est plurielle : rente pétrolière, exportations de matières premières, etc. D’autres fonds procèdent du budget de l’Etat ou encore du transfert d’actifs publics.
 
Diversification des investissements

Selon Henri-Louis Vedie, auteur de cette enquête, les fonds souverains africains ont gagné en importance au cours des dernières décennies, offrant des opportunités significatives pour le développement économique et la diversification des investissements. Le document rappelle qu’au fil des années, le paysage des fonds souverains africains a connu une évolution significative.

Dans son analyse, Henri-Louis Vedie souligne que la première vague, allant des années cinquante à 2015, était principalement alimentée par les ressources naturelles telles que le pétrole, le gaz et d’autres matières premières, alors que depuis 2015, une nouvelle vague émerge, caractérisée par des fonds majoritairement financés par des transferts d’actifs publics.

Il fait remarquer, à ce sujet, que cette transition marque un tournant majeur dans la perception du continent par les investisseurs étrangers. Entre 2010 et 2023, quinze nouveaux pays africains ont créé leur fonds souverains, démontrant une prise de conscience croissante de l’importance de ces entités pour stimuler le développement économique et attirer les investissements.

L’étude met également en lumière le rôle pivot du fonds marocain, Ithmar Capital, dans ce paysage financier en mutation. Créé en 2016, Ithmar Capital a été élu à la présidence du Conseil d’administration de l’International Forum of Sovereign Wealth Funds en novembre 2021, témoignant de sa reconnaissance internationale et de son influence croissante.

De plus, en juin 2022, Ithmar Capital a été à l’initiative du premier Forum des investisseurs souverains africains, le « Africa Sovereign Investors Forum », réunissant une dizaine de fonds souverains africains pour renforcer la coopération et l’échange d’expertise.

Le policy brief met en avant l’importance croissante des fonds souverains africains dans l’économie mondiale et souligne le rôle clé du fonds marocain, Ithmar Capital, dans la promotion de la coopération et du développement économique sur le continent et au-delà.

En effet, entre 2000 et 2023, deux vagues de création de fonds souverains en Afrique ont eu lieu. La première, de 2002 à 2014, était principalement financée par les revenus pétroliers et adoptait une approche intergénérationnelle. La seconde, de 2016 à 2022, était axée sur le développement économique et mobilisait des capitaux internationaux. 
 
Approche intergénérationnelle

Le Maroc, avec son fonds Ithmar Capital, a présidé pour la première fois une réunion annuelle de l’International Forum of Sovereign Wealth Funds en 2021, illustrant l’évolution significative de ces fonds en Afrique.

Justement, à ce niveau, deux constats s’imposent dont le premier fait ressortir que sept régions comptent au moins un pays doté d’un fonds souverain, l’Océan Indien, avec Maurice, étant la seule à n’en disposer que d’un seul. 

Quant au deuxième, une région compte cinq pays dotés de fonds souverains : l’Afrique du Nord (Algérie, Égypte, Libye, Maroc, Mauritanie) ; deux régions en totalisent quatre : l’Afrique de l’Ouest (Cabo Verde, Ghana, Nigeria, Sénégal) et l’Afrique australe (Angola, Botswana, Mozambique, Namibie) ; une région en compte trois, l’Afrique de l’Est (Ouganda, Rwanda, Tanzanie). Deux régions en regroupent deux : l’Afrique centrale (Gabon, Guinée équatoriale) et Corne de l’Afrique (Djibouti, Éthiopie).

Pour finir, entre 2000 et 2023, deux vagues de création de fonds souverains ont eu lieu, homogènes mais différentes par leur objet et leur financement.Une première vague s’étend de 2002 à 2014, avec 10 pays se dotant d’un premier fonds souverain. Ces fonds sont financés le plus souvent par la rente, pétrolière et/ou gazière, et privilégient une approche intergénérationnelle, réservant aux générations à venir une partie des richesses d’aujourd’hui.

Une deuxième vague, de 2016 à 2022, voit 8 pays se doter d’un premier fonds souverain, suivi d’un deuxième pour le Maroc. À la différence des fonds de la première vague, ces derniers sont des fonds stratégiques d’investissement. 

Bon à savoir

En novembre 2016, le Royaume signe un partenariat avec la Banque Mondiale (BM), via « Ithmar Capital ». Ce partenariat intervient en marge de la COP 22 de Marrakech. Il propose une plateforme commune de financement : la « Green Growth Infrastructure Facility for Africa », la GGIFA. Cette plateforme arrive au meilleur moment, celui de l’annonce de besoins de financement considérables pour répondre à la transition énergétique. Plateforme originale, elle permet d’attirer des capitaux vers le Maroc et, plus globalement, vers le continent africain tout en ciblant, si nécessaire, des fonds souverains par exemple, mais pas seulement. Cette annonce fait aussi d’Ithmar Capital le nouveau bras financier du Maroc, faisant de lui un fonds souverain stratégique d’investissement, appelé à accompagner les stratégies sectorielles nationales, pas seulement en matière d’énergie ou de développement durable. En tant que fonds souverain, il a également la possibilité de mobiliser une épargne importante, capable de financer des projets dont la rentabilité s’inscrit dans le long terme. Enfin, c’est aussi un outil qui offre une alternative à l’appel à l’État, allégeant d’autant son budget. Ithmar Capital devient ensuite le premier fonds souverain du continent à présider aux destinées de l’International Forum of Sovereign Wealth Fund.



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