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Algérie : Perquisition du domicile du général Gaïd Salah l’ex-homme fort du régime


Rédigé par Hichem ABOUD Lundi 15 Janvier 2024

Fait sans précédent. Le domicile de feu général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, ex-vice-ministre de la défense nationale et chef d’état-major de l’armée sous Bouteflika a été perquisitionné dans la nuit du 14 au 15 janvier dans la ville d’Annaba à 600 km à l’est d’Alger



Après l’enlèvement de ses quatre fils par les services de la sécurité intérieure (la DGSI) et dont on est sans nouvelles depuis plus d’un mois, c’est au tour de son domicile familial de faire l’objet d’une perquisition opérée par les mêmes services, alors que toute la famille du défunt général ne s’y trouvait pas. Sa veuve se trouve à Alger dans une villa qui lui a été octroyée le président Tebboune au lendemain du décès de l’homme qui a fait de lui président de la République. Ses filles se trouvent dans leurs foyers familiaux et les 4 garçons enlevé depuis le début du mois de décembre.

Enlèvement en Algérie des 4 enfants du Général Gaïd Salah le mentor du président Tebboune, par les services secrets

Selon des sources proches de la famille de Gaïd Salah, vers minuit, des éléments en civils ont investi la villa sans que les deux gardes militaires postés en permanence à l’intérieur de l’habitation, ne réagissent. Ce sont des voisins qui ont alerté la veuve du général qui, à son tour, a alerté la police et la gendarmerie de la ville d’Annaba. Une fois arrivée sur les lieux, les éléments de ces deux corps de sécurité n’ont fait que constater les dégâts. Tout était dessus dessous. La chambre à coucher du défunt général fouillée de fond en comble. Les éléments qui ont perquisitionné la villa, sans avis du procurer de la république, ont emporté tous les documents s’y trouvant ainsi que les médailles militaires du général.

Ce n’est pas la première fois que le domicile d’un homme puissant du régime algérien est investi par des éléments de la DGSI, après sa chute. Le premier à avoir fait l’objet d’une perquisition était feu général Khaled Nezzar, l’ancien ministre de la défense nationale (25 juillet 1990 au 10 juillet 1993) et ancien membre du haut Comité d’Etat (HCE), instance qui a été chargée d’assurer la suite du mandat de Chadli Benjedid démissionné par les généraux en janvier 1992. Condamné à 20 ans de prison pour « complot contre l’armée et l’Etat », le général-major Khaled Nezzar s’était enfui en Espagne en 2019 pour échapper aux foudres de guerre de Gaïd Salah, alors homme fort du régime. Sa villa était fouillée et des documents emportés. Ils ne lui seront restitués qu’à son retour en Algérie le 11 décembre 2020 après le décès de Gaïd Salah survenu une année plus tôt.

Selon des observateurs bien avisés, ce qui arrive à la famille Gaïd Salah, quatre années après sa disparition n’est qu’une revanche de ceux qui ont connu la prison et l’exil en son temps et qui se trouvent, aujourd’hui, à des postes clés. Le premier à se venger de l’ancien patron de l’armée n’est autre que le général-major Djebbar Mehenna, l’actuel patron de la Sécurité extérieure. Sous Gaïd Salah, il a été démis de son poste de Directeur Central de la Sécurité de l’Armée, après l’avoir occupé de 1995 à 2013, avant de se voir renvoyé pour faire admettre ses droits à la retraite.

Une retraite qui ne sera pas de tout repos pour celui qu’on surnomme « Kojak ». Au mois d’octobre 2019, il est incarcéré à la prison militaire de Blida pour « enrichissement illicite et trafic d’influence ». Il sera condamné à 8 ans de prison. De cette peine, il ne purgera que 11 mois puisqu’il sera libéré en juillet 2021. Au mois de novembre de la même année, il est nommé à la tête d’une nouvelle structure appelée la Direction Générale de la Lutte contre la Subversion dont la mission est la répression de l’opposition politique à l’intérieur et à l’extérieur.  Le 3 septembre 2022, il a la charge de la Direction Générale de la Documentation et de la Sécurité Extérieure (DGDSE).

S’appuyant sur d’anciens éléments des services secrets qui se sont distingués par des actes criminels durant la décennie sanglante, notamment les généraux Hamid Oubelaïd alias Hocine Boulahya et Abdelkader Haddad, alias Nacer El-Djen, le général Mehenna assoit sa domination sur les services secrets algériens. Pour se venger du général Gaïd Salah, il ne trouve pas meilleur allié que Nacer El-Djen qui a été, lui aussi, l’une des victimes de la purge de l’ancien homme fort du pays. Il s’était réfugié en Espagne où il possède une luxueuse villa. A son retour au pays, il est promu au grade de général, avant de se voir confier la responsabilité du centre de tortures, « la caserne Antar » et il s’apprête maintenant à succéder au général Djamel Mejdoub Kehal, à la tête de la DGSI. Le dernier nommé, victime d’une hémiplégie au lendemain le 9 octobre dernier se trouve actuellement hospitalisé en Suisse. Il ne tardera pas à céder le poste à Nacer El-Djen.

Les plus grands bénéficiaires des largesses de feu Ahmed Gaïd Salah, le président Tebboune et le général Saïd Chengriha, le chef d’état-major de l’ANP, passent aux yeux du grand public pour des ingrats en voyant la famille de leur bienfaiteur malmenée.  Mais, que peuvent-ils contre l’ascension du duo Djebbar-Nacer El-Djen ? L’avenir nous le dira.
in atalayar.com



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