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A situation inédite, marketing inédit

Mobilier de bureau et maison à l’ère de Covid-19


Rédigé par Wolondouka SIDIBE le Jeudi 7 Janvier 2021

La crise du Coronavirus va laisser de nouvelles façons de travailler ici comme ailleurs, et les professionnels du mobilier seront appelés à adapter leurs offres, après tant de mois d’inactivité au grand dam des professionnels.



A situation inédite, marketing inédit
L’apparition de la pandémie de Coronavirus, doublée du confinement, a instauré une situation inédite tant dans les maisons que dans les lieux de travail. Et le secteur de mobilier de maison et de bureau a fait sa mue pour une meilleure satisfaction des clients. Le télétravail, largement adopté en cette période de crise sanitaire, a amené un aménagement adapté à domicile permettant de préserver une bonne santé et de maintenir sa productivité.

Au niveau des professionnels du mobilier, le défi a consisté à opérer un virage afin de faire face à cette nouvelle situation dans une conjoncture difficile étant donné que l’activité économique a pris un sérieux coup de fouet. Des grandes enseignes aux revendeurs passant par la location dans le mobilier, la « chasse » aux clients était lancée, avec pour dénominateur : la livraison à domicile de meubles.

Mais il faut dire que cela a impacté les chiffres d’affaires des uns et des autres. Au niveau de Maroc Bureau, en l’absence de son Directeur général, un des collaborateurs que l’activité a reconnu, dans l’anonymat, une contre-performance de la société. Notre interlocuteur souligne que cette baisse est due au fait que les magasins sont restés fermés pour raison de Covid-19 durant le temps du confinement. Mais l’enseigne prépare un plan de relance post Coronavirus. Idem du côté de TRAREM, autre acteur incontournable dans le meuble de bureau. Là, également, le chiffre d’affaires connaît une chute notoire, nous dit-on dans l’entourage de la direction.

Atténuer l’impact de la crise sanitaire
Du côté d’Ikea, on est beaucoup plus précis sur ces pertes. A ce sujet, M. Amine Benkirane déclarait, au site Maroc Diplomatique, que son groupe connaîtra probablement une baisse de 20 % activité, et 15 % dans le meilleur des cas. « En restant optimistes, nous espérons terminer l’année à -15%, ce qui sera déjà un exploit. Nous sommes une entreprise avec des fondamentaux très solides et nous surmonterons cette crise », avait-il ajouté.

Pour sa part, Mme Hasnaa Idrissi Kabbaj, Directrice de Mobilia Triangle d’Or, opérant sur les deux segments, a opté pour une approche nouvelle pour atténuer le choc de Covid-19 (lire l’entretien ci-contre). 

Concernant les particuliers, ces revendeurs sur les marchés, la facture a été salée. Chacun y va de ses humeurs pour expliquer sa situation provoquée par le Covid-19 dont les conséquences ont fait que ces derniers soient frappés fortement par l’envers onéreux de l’épidémie.

Tous reconnaissent une baisse drastique d’activité durant ces derniers mois. Certains ont été obligés de s’orienter ainsi vers le choix irréversible de s’affairer à brader leur mobilier dans ces marchés en espérant, dans l’intervalle, que cela soit la dernière des mauvaises tournures du virus.

Toujours est-il que la crise du Coronavirus va laisser de nouvelles façons de travailler, ici comme ailleurs, et les professionnels du mobilier seront appelés à adapter leurs offres. Car il sera désormais question d’une structure de bureaux intégrée qui coexistera avec le télétravail, une sorte de synchronisation pour bosser rapidement et intelligemment.

Progresser dans l’innovation
En effet, avec le télétravail, la manière traditionnelle de travailler va changer. Mais il ne s’agira pas de remplacer une chose par une autre, mais d’une véritable intégration entre l’espace physique et l’espace de travail à distance. Ceci dans l’optique d’améliorer la qualité de vie du travailleur car une meilleure performance aura forcément une influence positive sur l’entreprise.

Ce qui fait, de l’avis des professionnels, que le secteur du mobilier de bureau a une forte marge de progression et de développement dans les années à venir, après le passage de Coronavirus. Une nouvelle donne qui va nécessiter de l’innovation en termes de bureaux engagés pour l’environnement, des bureaux verts et intelligents, un mobilier ergonomique et intelligent, des bureaux ouverts et de commodités pour les employés.  

A ce sujet, il faut bien reconnaître que le foyer marocain est en train de se métamorphoser en raison de la taille des familles, mais aussi des appartements où celles-ci habitent. D’autant plus que la consommation de meubles dépend beaucoup de la mobilité des foyers, mais également de la création de nouveaux foyers. C’est par la prise en considération de l’ensemble de ces facteurs que le secteur du mobilier du bureau ou de la maison trouvera sa vraie marque et son vrai envol post Covid-19.

 Wolondouka SIDIBE

Entretien avec Mme avec Hasnaa Idrissi Kabbaj, Directrice de Mobilia Triangle d’Or

A situation inédite, marketing inédit
La valorisation de la notion de « l’être bien chez soi »
 
Rester à l’écoute du client final pour évaluer ses besoins tout en développant des produits qui n’existaient pas, Coronavirus a imposé au secteur du mobilier de maison l’admiration de chez soi. Explications.

- Comment se présente le secteur du mobilier de bureau et de la maison ?

- Aujourd’hui, le secteur du mobilier de maison, à travers les réseaux sociaux, notamment les sites webs Instagram, Facebook, etc., connaît de bonnes réactions des consommateurs, surtout pendant la période du confinement. Nous faisions la livraison à domicile. C’est-à-dire du moment que les gens étaient confinés, ils ont compris l’importance de la famille et d’être bien chez soi. Quand nous disons être bien chez soi, cela commence par la beauté de l’intérieur de la maison : une belle salle à manger, une cuisinière de qualité, un bureau de travail bien stylé, un salon attrayant, et une chambre à coucher très confortable. Ce que beaucoup de personnes négligeaient.

- Comment expliquez-vous ce regain d’intérêt ?
- Les gens, avec un système frénétique où ils étaient tous les temps à l’extérieur, rentraient très tard à la maison, ils n’avaient pas le temps d’apprécier ce qu’ils avaient ou ce qui manquait chez eux. Avec le confinement, nous avons eu beaucoup d’appels concernant les différentes offres que nous avions, comme si les gens découvraient la nécessité de redécouvrir la maison. Pour notre part, nous avons constaté une prise de conscience chez les gens d’être bien chez soi concernant le mobilier de maison. Ce qui n’était pas le cas du bureau car les gens avaient la phobie de la sécurité ou d’autres considérations que l’on saurait expliquer. Car qui dit bureau, parle d’investissement et d’entrepreneuriat. C’est le retour des clients qui nous a permis de faire cette constatation.

- Comment tenez-vous en cette période de Covid-19 ? 
- Il y a eu d’abord l’aide du gouvernement et qui a mis en place le Plan Oxygène au niveau des banques. Cela a aidé tout le monde, pareillement pour le e-commerce. Les transactions à travers les sites ont connu un réel intéressement par rapport au temps normal. Nous sommes restés à l’écoute du client final en évaluant ses besoins, tout en développant d’autres produits que nous ne disposions pas, suite à la demande des clients. 

- Ce qui pourrait constituer un point de départ pour la relance post- Coronavirus de votre activité ?
- C’est un fait indéniable. C’est le consommateur qui a changé et a renouvelé sa manière de revoir la vie en priorisant ses besoins à l’intérieur et à l’extérieur de la maison. Cela nous a amenés à revoir notre gamme, notre catalogue, des produits que nous ne disposions pas tout en étant plus proche du client, tout en nous façonnant. Car le plus meilleur n’est pas le plus intelligent, mais celui qui sait s’adapter. Bref, nous nous sommes adaptés à la nouvelle donne pour préparer l’après- Coronavirus.

Propos recueillis par Wolondouka SIDIBE

  


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