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Actu Maroc

la relance économique : Benchaâboun veut d’abord réformer les EEP


Rédigé par Wolondouka SIDIBE le Jeudi 6 Août 2020

Du fonds de 120 MMDH destiné à la relance à l’opérationnalisation de la protection sociale, notamment la généralisation de l’AMO, en passant par la mise à niveau des établissements publics et de leur gestion, Mohamed Benchaâboun, ministre de l’Economie et des Finances, dit tout.



la relance économique : Benchaâboun veut d’abord réformer les EEP
La sortie du ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Benchaâboun, mardi 4 août, était attendue à plus d’un titre d’autant plus qu’elle intervient après le discours royal à l’occasion du 21ème anniversaire de la Fête du Trône. Faut-il rappeler, à ce sujet, que le Souverain a annoncé qu’environ «…120 milliards de dirhams seront injectés dans l’économie nationale, soit l’équivalent de 11% du PIB. Ce taux inscrit le Maroc parmi les pays les plus audacieux en matière de politique de relance économique post-crise…».

Fort de cette annonce royale, l’argentier du royaume est venu, devant un parterre de journalistes et représentants de médias, détailler le plan de relance global et intégré de l’économie. L’objectif étant d’accompagner le redémarrage progressif de l’activité des différents secteurs de l’économie et de créer ainsi les conditions propices pour une relance vigoureuse de la sortie de la crise. D’où d’ailleurs, l’intervention du ministre a été axée autour de trois points, à savoir le fonds de 120 MMDH destiné à la relance, l’opérationnalisation de la protection sociale, notamment avec la généralisation de l’AMO, et la mise à niveau des établissements publics et de leur gestion.

Toutefois, Benchaâboun a précisé que les 120 MMDH seront répartis entre les crédits garantis par l’Etat (75 MMDH) et le Fonds d’investissement stratégique (45 MMDH). Tandis que côté garanties, elles seront au profit de tous les segments d’entreprises, dont les EEP les plus touchés, et la CCG, qui se verra transformée en SA sous la supervision directe de BAM, sera chargée de gérer ce système de garantie. 15 MMDH seront tirés du Fonds spécial Covid-19, pour couvrir les risques de défaut.

Partenariat public-privé

Pour les 45 MMDH, 30 viendront des institutionnels nationaux et internationaux, et 15 MMDH seront financés par l’Etat, comme l’a expliqué le ministre : « Nous avons adopté une LFR, et y avons prévu des mesures pour la relance, sans les définir […] On peut déployer les 15 MMDH dans ce cadre ». Ces 15 MMDH sont donc déjà budgétisés dans la LFR-2020. Ce fonds interviendra directement, à travers le financement des projets d’investissement, en faisant appel au PPP, et indirectement avec le renforcement des capitaux des entreprises aux fins de leur développement.

Parmi les mesures phares du ministre, on peut parler de la mise en place d’un pacte pour la relance économique et l’emploi qui comprend des mesures transverses tout en tenant compte des spécificités sectorielles, ou encore celles relatives à la couverture sociale (lire l’encadré). Cependant, c’est la restructuration des Etablissements et Entreprises Publics qui constitue un des points nodaux du plan de relance.

Il faut rappeler, à ce sujet, que l’État possède environ 225 établissements publics et 43 sociétés anonymes à participation directe du Trésor. Ces mêmes entreprises et établissements publics détiennent 479 filiales ou participations dont 54 % détenus majoritairement. D’ailleurs, le rapport sur les EEP faisant corps avec la Loi de Finances 2020 fait apparaître que ce portefeuille a généré à la fin de l’année 2018 un chiffre d’affaires de l’ordre de 238 Mds de DH et dégagé un résultat net groupé de 10 Mds de DH.

Création de nouvelles entités

Dans la nouvelle configuration, il est question du redimensionnement et de la restructuration des EEP. C’est le cas du secteur d’Infrastructures (Transports et Logistique) dont la réforme devra, selon le ministre, se concrétiser par le regroupement d’ ADM, ONCF, SNTL, CFR et AMDL et la création d’une entité chargée de la réalisation des infrastructures routières, autoroutières et ferroviaires ainsi que des services du transport. Concernant le secteur d’Agriculture et Agro-industrie, aux dires du ministre, la réforme devra se traduire par un regroupement de l’ONICL et de ses Filiales dans une seule entité. Cette unité devra être transférée au secteur privé.

Pour sa part, le secteur Social connaîtra une Fusion de l’ADS, l’Entraide Nationale, l’ODCO et la Caisse de Compensation en un seul opérateur et la création d’une entité unique et visible chargée de l’action sociale en lieu et place des multiples EP existants. Enfin, le secteur du Développement Territorial connaîtra la dissolution des 3 Agences pour le Développement (Sud, Nord et Oriental) vu que leur maintien n’est plus justifié du fait des doublons soit avec d’autres EEP soit avec des départements ou CL. Autrement dit, le temps est venu pour une mise à niveau des EEP.

Wolondouka SIDIBE