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Zakaria El Hamel : « Oui, je suis optimiste quant aux chances d’une paix mondiale »

Entretien avec le président de l’association “Youth for peace and dialogue between cultures”


Rédigé par Safaa KSAANI le Mardi 6 Octobre 2020

Alors que beaucoup rêvent de vivre dans un monde pacifique, Zakaria El Hamel œuvre pour transformer l’espoir en réalité



Zakaria El Hamel
Zakaria El Hamel
- En reconnaissance de l’ensemble de vos efforts, vous avez été choisi parmi les lauréats 2019 du Prix du Public pour la Paix. Qu’a fait Zakaria El Hamel pour son pays jusqu’à présent, dans ce sens ?
- La distinction m’a été décernée pour mon engagement en faveur de la paix et des droits de l’Homme, ainsi que pour favoriser un dialogue qui peut renforcer la compréhension, le respect et la paix entre des personnes de cultures et de religions différentes. En tant que président d’association et Ambassadeur des droits de l’Homme au Maroc, j’encourage la nouvelle génération à défendre la paix dans un monde arabe instable. Pourtant, la menace de l’extrémisme est toujours présente. En témoignent plus de 2000 Marocains qui, selon Interpol, ont été recrutés par l’État Islamique (EI) pour combattre en Irak et en Syrie et les centaines d’autres qui ont rejoint l’EI en Libye. C’est pourquoi notre travail est si important pour le Maroc.

Je me suis consacré à promouvoir une culture de tolérance et de compréhension en faisant de la sensibilisation sur les droits de l’Homme.

- D’où est né cet esprit activiste pour la paix ?
- J’ai rejoint le Scoutisme quand j’avais 7 ans dans une petite ville agricole appelée Berkane, mes années dans le Scoutisme ont été une expérience qui a changé ma vie. J’ai toujours eu en tête cette idée de rendre le monde meilleur. Pendant ma jeunesse, j’ai été initié à l’égalité et à la diversité religieuse par mon père, qui était un défenseur des droits de l’Homme. Mon objectif est de favoriser la compréhension et le respect de la population, et ce, en faisant venir des jeunes de différentes religions et origines pour servir leurs communautés.

- Qu’est-ce qui empêche la paix dans le monde, à votre avis ? Estce la différence entre convictions et croyances ?
- L’un des défis les plus importants et les plus difficiles auxquels le monde est confronté aujourd’hui dans le domaine des droits de l’Homme est étroitement lié à la religion et aux convictions. Le manque de respect et la non-protection de la liberté de conscience, le problème de l’intolérance religieuse, l’incitation à la haine religieuse, contribuent à freiner les progrès de la culture de paix.

- La compréhension et le dialogue des religions sont-ils les composantes les plus importantes d’une bonne culture de paix ?
- Absolument ! Le seul but de la religion est d’apporter le bonheur aux gens, tandis qu’en réalité, elle est souvent considérée comme un facteur de conflits internationaux. De nombreux chercheurs ont fait valoir que la plupart des conflits sont dus à des frictions identitaires largement basées sur la religion. La violence religieuse et le radicalisme sont des problèmes qui viennent de l’oubli des valeurs d’unité et de compassion humaine.

- Comment voyez-vous l’avenir de la paix dans le monde ? Êtes-vous optimiste à ce sujet ?
- Oui, je suis optimiste quant aux chances d’une paix mondiale. Le niveau moyen de paix dans le monde s’est très légèrement amélioré de 0,09% l’année dernière, selon l’indice mondial de la paix (GPI) de 2019. Une première durant les cinq dernières années. Malgré cette amélioration, le monde demeure considérablement moins pacifique aujourd’hui qu’il y a dix ans. Je crois que les jeunes devraient être au centre des efforts internationaux de consolidation de la paix. Ils peuvent jouer un rôle très positif en aidant à la consolidation de la paix dans les sociétés qui sortent de conflit.

- Quels sont vos projets à venir ?
- Nous travaillons toujours sur notre campagne de promotion des droits de l’Homme. Le but est de sensibiliser le public à cette culture et aider les jeunes à devenir de précieux défenseurs de la tolérance et de la paix. L’édition 2020 du Festival mondial de la paix a été reportée à 2021 en raison de la pandémie de la Covid-19. Cependant, nous avons décidé de proposer une conférence en ligne. Le 10 décembre, notre association se joindra au monde pour la commémoration du 70ème anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, considérée comme une victoire historique qui affirme le droit de toute personne à la dignité, à la justice et à la paix.
 
Recueillis par
Safaa KSAANI 

Portrait

Son cheval de bataille ? La paix !
Un rêve de petit garçon ? Non ! Mais une véritable réussite. Zakaria El Hamel fait partie de ces jeunes d’Afrique et du monde qui veulent croire en la possibilité d’un dialogue des cultures pour construire un monde de tolérance et de paix. C’est à travers ce combat qu’il a obtenu le titre d’« Ambassadeur de la paix» en 2014.

Ce jeune de 40 ans, natif de Berkane, a eu son baccalauréat en 1999, option lettres, pour rejoindre les bancs de la Faculté des lettres et des sciences humaines, à l’Université Mohammed Premier à Oujda. Il est le président-fondateur de l’Association internationale de la Jeunesse pour la paix et le dialogue entre les cultures (Youth for peace and dialogue between cultures), fondée en 2005 à Oujda où il réside actuellement, et s’investit dans diverses activités en faveur de la jeunesse. « Chaque année depuis 2011, notre association organise la semaine mondiale de l’harmonie interconfessionnelle au Maroc. Elle cherche à diffuser le message d’harmonie et de tolérance parmi les fidèles des trois confessions monothéistes et de toutes les religions du monde, ainsi qu’à promouvoir une base commune, celle de l’amour de Dieu », nous confie-t-il.

Ce jeune, résolument engagé en faveur de la paix, a été plusieurs fois distingué dans le domaine des droits de l’Homme. En 2014, le Conseil mondial du « Cercle universel des ambassadeurs de la paix », une organisation internationale dont le siège se trouve à Genève, lui a remis le titre « d’Ambassadeur de la paix ». En 2017, il a reçu le Prix humanitaire panafricain pour l’excellence, la tolérance religieuse et le plaidoyer pour la paix. Un Prix décerné par l’Organisation Pan African Humanitarian Summit, basée à Dar es-Salaam en Tanzanie.

S. K.

Repères

Zakaria El Hamel distingué
Zakaria El Hamel a été nommé parmi les lauréats 2019 du Prix du Public pour la Paix, créé par un réseau de volontaires lors du premier événement en ligne des 24 heures pour la paix dans le monde en 2014. Outre Zakaria El Hamel, ce Prix a été décerné à six autres finalistes en provenance du Mexique, du Pakistan, de la République Démocratique du Congo, de Belgique, de Colombie et de Trinidad et Tobago en reconnaissance de leur contribution et des efforts considérables qu’ils ont fait en faveur de la culture de la paix dans leurs pays.
Recul de la paix dans le monde
Le niveau de paix dans le monde s’est détérioré cette année. C’est d’ailleurs la 4ème fois au cours des cinq dernières années que le monde connaît une telle baisse. Dans ces résultats, publiés en juin dernier, le Global Peace Index (GPI) 2020 a révélé que le score moyen des pays a chuté de 0.34%. Le Maroc est classé 83ème au niveau mondial, et premier en Afrique du Nord. L’Islande reste le pays le plus paisible du monde. Une position qu’il occupe depuis 2008. En revanche, l’Afghanistan est le pays le moins pacifique pour la deuxième année consécutive.
Violence, quel impact économique ?
La violence continue d’avoir un impact significatif sur les performances économiques dans le monde. En 2019, l’impact économique de la violence sur l’économie mondiale était de 14,5 milliards de dollars, en termes de parité de pouvoir d’achat (PPA), selon le GPI 2020. Dans les dix pays les plus touchés par la violence, l’impact économique moyen de la violence était équivalent à 41% du PIB, contre moins de 4% dans les pays les moins touchés par la violence.

  


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