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Monde

Yemen: Sur la voie de la scission

Yémen


le Mardi 28 Avril 2020

Soutenu par les EAU, le conseil de transition a proclamé l’autonomie du sud. La coalition dirigée par Ryad a rejeté l’autonomie des séparatistes.



Le Yémen est marqué par un conflit armé depuis janvier 2015
Le Yémen est marqué par un conflit armé depuis janvier 2015
La coalition dirigée par l’Arabie saoudite a rejeté lundi la déclaration d’autonomie des séparatistes du sud du Yémen et exigé «la fin de toute action entraînant une escalade» du conflit dans ce pays exsangue, frappé par une grave crise humanitaire.

La décision des séparatistes complique le conflit mené par la coalition et le gouvernement reconnu internationalement, contre les rebelles Houthis qui contrôlent une grande partie du nord.

Les séparatistes du Yémen ont signé un accord de partage du pouvoir à Ryad en novembre dernier, qui a permis d’étouffer une bataille - appelée «guerre civile dans la guerre civile» - pour le sud qui les avait vus prendre le contrôle en août d’Aden, la deuxième ville du pays.

«A la suite de l’annonce surprenante de l’état d’urgence par le conseil de transition du sud, nous insistons à nouveau sur la nécessité de mettre en oeuvre rapidement l’accord de Ryad», a déclaré la coalition emmenée par l’Arabie saoudite.

Le conseil de transition du sud (STC), qui est soutenu par les Emirats arabes unis, partenaire clé de la coalition, a proclamé dimanche l’autonomie du sud du Yémen, accusant le gouvernement de ne pas remplir ses devoirs et de «conspirer» contre la cause du sud.

De son côté, la coalition a affirmé qu’elle avait pris et continuerait de prendre «des mesures pratiques et systématiques pour mettre en oeuvre l’accord de Ryad entre les parties, afin d’unifier les rangs yéménites, de restaurer les institutions de l’Etat et de combattre le fléau du terrorisme».

Un pacte de Ryad caduc ?

«La coalition exige la fin de toute action d’escalade et appelle les parties participantes à revenir à l’accord», a-t-elle ajouté.Le pacte de Ryad sur le partage du pouvoir pour le sud avait été salué comme évitant l’éclatement complet du pays, mais en l’absence de mise en oeuvre, des observateurs l’ont déclaré caduc.

Dimanche, des habitants d’Aden ont fait état de déploiements importants des forces du STC dans la ville. Et une source séparatiste a déclaré à l’AFP qu’ils avaient mis en place des points de contrôle «dans toutes les installations gouvernementales, y compris la banque centrale et le port d’Aden».

Hussam Radman, chercheur au Centre d’études stratégiques de Sanaa, a déclaré que les séparatistes contrôlaient déjà l’armée et la sécurité à Aden, où ils bénéficient d’un soutien populaire.

«Mais avec cette déclaration, il va devenir responsable de la partie administrative dans la capitale provisoire qui a connu un déclin sans précédent ces derniers temps» dans la prestation de services et les performances économiques, a-t-il déclaré à l’AFP.

Le principal affrontement armé au Yémen oppose les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran et qui contrôlent notamment le nord du pays dont la capitale Sanaa, aux forces gouvernementales, appuyées militairement par une coalition emmenée par l’Arabie saoudite.

Mais le camp loyaliste est aussi le théâtre de profondes divisions, entre le gouvernement en exil à Aden et un mouvement séparatiste, le Conseil de transition du sud.

Covid-19 et inondations

Par ailleurs, au moins 21 personnes ont été tuées lors d’inondations ce mois-ci, les rues d’Aden ayant été submergées et des maisons détruites.

Les Nations unies ont déclaré dimanche que plus de 100 000 personnes au Yémen avaient été touchées par les pluies torrentielles qui ont endommagé des routes, des ponts et le réseau électrique, et contaminé les réserves d’eau.

«D’innombrables familles ont tout perdu», a souligné Lise Grande, coordinatrice humanitaire des Nations unies pour le Yémen.

«Cette tragédie vient s’ajouter à la crise de Covid-19, qui vient s’ajouter à la préfamine de l’année dernière, qui est venue s’ajouter à la pire épidémie de choléra de l’histoire moderne», a-t-elle énuméré.

«La solution est claire. Les parties au conflit doivent trouver le courage d’arrêter les combats et de commencer à négocier», a-t-elle encore dit.