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Edito & Chronique

Une simple question de bon sens


Rédigé par Majd EL ATOUABI le Lundi 7 Septembre 2020


Une simple question de bon sens
Voilà une décision qui interpelle quant à son timing, ses implications et ses véritables promoteurs.

Dimanche 6 septembre, en pleine tourmente de l’explosion des chiffres de contaminations au coronavirus, et quelques heures avant la décision gouvernementale de boucler Casablanca et d’y annuler la rentrée scolaire la veille de son début, trois communiqués, l’un émanant de la Confédération Nationale du Tourisme (CNT), l’autre sous forme de lettre, de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM) et un troisième de la Royal Air Maroc (RAM), se félicitent de la décision d’ouverture des frontières pour les ressortissants étrangers désireux d’entrer au Maroc dans le cadre du programme national des vols spéciaux.

La communication de la RAM se justifie sans doute par le fait qu’elle est directement impliquée dans le process de transport. Cependant, il est légitime de s’interroger sur les sorties de la CNT et de la CGEM qui semblent brûler la politesse à l’exécutif et notamment à son Chef, auquel incombe en principe le rôle de faire de telles déclarations ayant trait à des questions de souveraineté.

Car en prenant les devants dans l’annonce de cette mesure mûrie et réfléchie dans le cadre d’une concertation gouvernementale entre les départements concernés, à savoir le ministère des affaires étrangères, celui de l’intérieur et celui du tourisme et du transport aérien, la CGEM et la CNT s’en approprient subtilement la paternité. Ceci alors même qu’à l’heure de leur annonce, ces deux instances en ignoraient certainement le contenu. Notamment pour ce qui a trait à la mise en place ou non et suivant quelles modalités d’un dispositif d’accueil au profit de ces étrangers présentés comme de simples touristes par la CNT et comme des hommes d'affaires par la CGEM. 

Si l’on peut aisément comprendre les motivations d’une CNT soucieuse de faire feu de tout bois pour rassurer ses membres profondément éprouvés par la conjoncture actuelle qui a fini par avoir raison d’une saison touristique définitivement compromise mais qui ne sera certainement et malheureusement pas sauvée par les quelques 30.000 ou 50.000 consultants et hommes d’affaires étrangers qui viendront principalement à Rabat et Casablanca, aujourd’hui bouclée, surtout pour y chercher et conclure de bonnes affaires, l’attitude de la CGEM, elle, interroge à plusieurs égards.

L’instance patronale qui présente cette mesure comme un acquis obtenu de haute lutte suite à des concertations avec le ministre des affaires étrangères Nasser Bourita, serait en effet mieux avisée de plaider la cause des femmes et hommes d’affaires marocains et leurs agents qui s’impatientent de pouvoir voyager hors du Maroc, de manière fluide et sans trop de tracas, pour prospecter des marchés, rassurer leurs clients et faire rentrer des devises qui manquent cruellement à notre économie.

C’est plutôt dans ce sens et moins l’inverse que l’on attendait la CGEM et qu’on l’attend toujours.

Majd El Atouabi  
 
 

  



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