Menu
L'Opinion
Lire GRATUITEMENT notre journal en PDF
L'Opinion
Facebook
Twitter
YouTube Channel
Instagram
LinkedIn

Monde

UE-Brexit : Londres menace de ne pas appliquer le traité


le Lundi 7 Septembre 2020

Le gouvernement britannique menace de ne pas appliquer le traité, Bruxelles refuse tout compromis au détriment des « 28 ».



UE-Brexit : Londres menace de ne pas appliquer le traité
Le gouvernement britannique menace de ne pas appliquer le traité sur sa sortie de l’Union européenne si un accord de libre-échange n’est pas conclu d’ici au 15 octobre, rapporte la presse, ce qui a plongé les négociations sur les futures relations commerciales entre les deux parties dans une nouvelle crise.

Londres envisagerait de remplacer les points-clés de l’accord par une nouvelle législation, ce qui pourrait compromettre le traité signé en janvier et attiser les tensions en Irlande du Nord. Certaines dispositions du projet de loi sur le marché intérieur, qui doivent être publiées mercredi, vont «éliminer le caractère juridiquement contraignant de certaines parties de l’accord de retrait» dans des domaines tels que les aides d’Etat et les douanes d’Irlande du Nord, rapporte le Financial Times, citant trois sources proches du dossier. «Si nous ne pouvons pas nous entendre d’ici là, je ne crois pas qu’il y aura un accord de libre-échange entre nous, et nous devrons à la fois l’accepter et passer à autre chose», dira lundi le Premier ministre Boris Johnson, selon ses services.

La Grande-Bretagne a quitté l’UE le 31 janvier, mais les règles européennes continuent à s’appliquer jusqu’à la fin de l’année, en attendant la conclusion d’un hypothétique accord sur les futures relations commerciales entre les deux parties. Les négociations, qui sont au point mort, achoppent notamment sur les questions des aides publiques et de la pêche.

«Ambiguïtés»

En l’absence d’accord, les échanges bilatéraux seront soumis aux règles de l’Organisation mondiale du commerce et des droits de douane seront rétablis. Le projet d’abandon du traité, révélé à la veille de l’ouverture d’un nouveau cycle de négociations, a été condamné des deux côtés de la frontière irlandaise et a suscité la surprise à Bruxelles. «Si le Royaume-Uni choisit de ne pas respecter ses obligations internationales, cela sapera sa réputation», a commenté un diplomate européen. 

«Qui voudrait conclure des accords commerciaux avec un pays qui n’applique pas les traités internationaux ? Ce serait une stratégie désespérée et finalement vouée à l’échec».

«Ce serait une manière très imprudente de procéder», écrit quant à lui sur Twitter le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, qui a joué un rôle-clé dans la conclusion de l’accord de retrait et du protocole nord-irlandais.

Le Sinn Fèin et le Parti social-démocrate et travailliste (SDLP), les deux principales formations nationalistes d’Irlande du Nord, se sont également émus des projets que la presse prête à Londres.

Interrogé sur l’article du Financial Times, le secrétaire britannique à l’Environnement, George Eustice, a expliqué qu’il pourrait être nécessaire de remédier à quelques «ambiguïtés juridiques» mineures du protocole nord-irlandais.

Pas de compromis au détriment de l’UE

Michel Barnier, négociateur en chef de la Commission européenne sur le Brexit, a déclaré sur France Inter qu’« il n’y aura pas de compromis, pas d’accord avec le Royaume-Uni au détriment de l’Union européenne et au détriment du marché unique». «Nous ne nous sommes pas couchés», avec l’accord de divorce signé l’an dernier a également déclaré Michel Barnier.

«Tout ce qui avait été décidé à 28 sera bien payé à 28», promet Michel Barnier qui réfute l’idée que l’Union européenne se soit couchée devant le Royaume-Uni. «Ca ne s’est pas passé comme ça, nous avons posé des principes, trouvé un accord et finalement les intérêts de l’Union européenne sont respectés». Les négociations sont «difficiles», relate Michel Barnier alors que la huitième séance de pourparlers commence cette semaine à Londres. «Les Britanniques voudraient le meilleur des deux mondes, exporter leurs produits dans le marché européen un peu à leurs conditions et nous voulons que ces conditions soient équitables». 

Michel Barnier estime cependant qu’un accord sur la pêche «est possible». Ce serait, selon lui, un «prérequis pour tout accord commercial». «Les positions sont maximalistes des deux côtés, nous devons rapprocher nos points de vue», explique le négociateur européen.

L’Union européenne pose des «conditions simples», assure par ailleurs Michel Barnier. Il refuse que «l’autonomie» des Britanniques «se transforme en dumping social, environnemental» et ne «détruise du même coup des entreprises côté européen».