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Monde

Transport aérien / Mesures sanitaires : Les Etats du continent interpellés, les compagnies en détresse


Rédigé par Wolondouka SIDIBE le Lundi 6 Juillet 2020

Entre l’enjeu économique et l’exigence sanitaire, l’Afrique est à la croisée des chemins quand il s’agit de reprendre les vols commerciaux. Déjà les compagnies aériennes et l’industrie touristique du continent ont perdu près de 55 milliards de dollars avec la fermeture des frontières à cause de Covid-19.



Transport aérien / Mesures sanitaires : Les Etats du continent interpellés, les compagnies en détresse
Les pays africains, dans leur majorité, s’acheminent vers la dernière phase du déconfinement : celle de l’ouverture du ciel, donc du transport aérien. En effet, avec le confinement partiel ou total, observé dans de nombreux Etats du continent, l’activité économique a été sérieusement impactée par la crise sanitaire de Coronavirus. Aucun secteur de l’économie n’a été épargné dont les compagnies aériennes.

En outre, depuis l’annonce par l’UE de l’ouverture de son ciel à 15 pays dont quatre seulement africains, les inquiétudes persistent quant à la reprise réelle des vols internationaux, d’aucuns craignant une nouvelle importation de la pandémie. C’est dans ce cadre d’ailleurs, que l’Organisation mondiale de la santé recommande désormais des mesures de sécurité strictes face au Covid-19 au moment où les pays africains veulent reprendre le transport aérien.

Pourtant, force est de constater que dès l’apparition de ce virus Corona en Chine et sa propagation à l’échelle mondiale, de nombreux gouvernements africains ont agi rapidement. Malgré des infrastructures sanitaires déficientes, la majorité des Etats ont mis en place des mesures d’endiguement de Covid-19 avant d’imposer des restrictions de voyages dès les premiers jours de la pandémie. Ce qui s’est traduit par des confinements ici et là.

Restrictions

Sur le terrain et dans la Région africaine de l’OMS, 36 pays ont ainsi fermé leurs frontières aux voyages internationaux, huit ont suspendu les vols en provenance de pays à forte transmission de Covid-19 et d’autres ont appliqué ou non des restrictions partielles. De leur côté, les 15 membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest projettent d’ouvrir leurs espaces aériens d’ici 21 juillet. Face à ces défis sanitaires et économiques, le dilemme est grand, tant pour les gouvernants que pour les compagnies aériennes.

Car il est indéniable que, sans la reprise des vols commerciaux, l’économie des pays africains en pâtirait lourdement, le transport aérien étant indispensable dans l’activité économique. Déjà que l’impact du Covid-19 sur les compagnies aériennes sera probablement grave. Celles d’Afrique pourraient perdre 6 milliards de dollars de revenus provenant des passagers, comparé à 2019, et les pertes d’emplois dans l’aviation et les industries connexes pourraient atteindre 3,1 millions, soit la moitié des 6,2 millions d’emplois liés à l’aviation dans la Région, selon l’Association du transport aérien international (IATA). Au Maroc, les pertes quotidiennes induites par l’arrêt des liaisons sont estimées au bas mot à 5 millions de dollars.

Dans le pire des cas, le trafic aérien international en Afrique pourrait connaître une baisse de 69 % de la capacité du trafic international et de 59 % de la capacité nationale, relève-t-on à l’IATA. Tandis qu’à l’Union Africaine, on souligne que les compagnies aériennes et l’industrie touristique en Afrique ont perdu 55 milliards de dollars avec la fermeture des frontières décidées pour tenter de limiter la propagation de la pandémie de Coronavirus. Ce qui fait dire à l’OMS, que si l’ouverture des frontières est essentielle à la libre circulation des biens et des personnes, malgré les restrictions aux frontières, des passagers ont parfois ramené le Covid-19 dans des pays qui n’avaient pas signalé de cas depuis longtemps.

Mesures préventives

Dans cette phase de reprise de vols, les précautions doivent être de mise afin d’éviter toute réapparition de Coronavirus, d’autant plus que d’autres pays, au niveau mondial, ont recommencé à reconfiner des villes ou des régions. Comme c’est le cas en Espagne ou en Allemagne. Pour réussir donc la reprise des vols, il est important que les pays mettent en place des systèmes de contrôle sanitaire aux points d’entrée, y compris dans les aéroports. 

Pour ce faire, un contrôle exhaustif des entrées et des sorties devrait être envisagé sur la base d’une évaluation des risques et d’une analyse coûts-avantages, et dans le cadre de la stratégie nationale de réponse globale. Pour l’OMS, le contrôle peut cibler en priorité les vols directs en provenance de zones à transmission communautaire. En outre, le respect des mesures préventives telles que l’hygiène personnelle, l’étiquette à respecter en cas de toux, la distanciation physique reste essentielle. Les passagers doivent être enregistrés et suivis, et s’ils présentent des symptômes, être avisés d’en informer les autorités sanitaires, note-t-on dans un document de l’IATA. Tout un ensemble de conditions par lesquelles passe la réussite de la réouverture du ciel africain.

Wolondouka SIDIBE